La presse syrienne a salué mardi l'adoption d'une nouvelle Constitution, qualifiant de "victoire pour la Syrie" le référendum validant ce texte qui abolit la suprématie du parti Baas au pouvoirdepuis un demi-siècle tout en maintenant de larges prérogatives pour le chef de l'Etat. "Le succès du référendum sur la Constitution représente une victoire pour la Syrie, et non pour un parti, un gouvernement ou un mouvement politique quelconque, comme certains tentent de le faire croire", écrit le quotidien officiel al-Baas. La nouvelle loi fondamentale "ouvre la voie à une ère de concurrence politique et de consolidation des libertés et du concept de la citoyenneté", estime le journal. Selon le gouvernement syrien, la nouvelle Constitution a été approuvée par 89,4% des votants mais la participation n'a atteint que 57,4% en raison des violences qui secouent le pays depuis près d'un an. "Les opinions des 750.000 électeurs (qui ont voté +non+ NDLR) et des 6 millions qui se sont abstenus de voter, sont respectées tant que l'objectif de tous consiste à surmonter la (crise) actuelle", poursuit al-Baas. "Ceux qui ont rédigé la Constitution ne prétendent pas eux-mêmes qu'elle est tout à fait parfaite et ne peut être l'objet d'amendements", souligne le quotidien. Pour sa part, le journal officiel Techrine a estimé que le référendum représente une "défaite" infligée aux "Etats qui incitent à la violence en poussant l'opposition à refuser tout dialogue ou à travers leur soutien aux groupes armés". Ces Etats "se sont livrés à des diatribes et ont proféré des menaces comme celles formulées par Hamad Ben Jassem, qui a préconisé d'armer l'opposition afin de faire couler le sang des Syriens". Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, s'est dit lundi favorable à des livraisons d'armes à l'opposition syrienne qui combat le régime du président Bachar al-Assad. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les violences en Syrie ont fait 7.600 morts, en grande majorité des civils, depuis un an. Selon le gouvernement syrien, près de 3.000 militaires et membres des forces de sécurité ont été tués par des "groupes armés".