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Récit d'une marche irréversible vers la révolution
Beni Menaceur
Publié dans Horizons le 31 - 10 - 2014

Autant dire que la flamme patriotique ne s'est jamais éteinte dans les villages de ses massifs densément boisés qui se prolongent jusqu'au nord de Ain Defla. Du soulèvement des partisans de l'Emir Abdelkader jusqu'à l'indépendance, les enfants de Menaceur et ses douars s'étaient constamment rebellés contre l'armée française. Durant la guerre de libération, 474 Chahids sont tombés au champ d'honneur lors des batailles qui s'y sont déroulées. Ce sacrifice n'a d'égal que les pertes subies par l'ennemi, en témoigne l'embuscade de Bourabaine où grâce à la mobilisation des Moudjahidine et l'appui de la population locale, pas moins de 98 soldats de l'armée coloniale y trouvèrent la mort. Les témoignages racontant la vie à Menaceur avant la guerre d'indépendance se font de plus en plus rares. 52 ans après l'indépendance et 60 ans depuis le déclenchement de la révolution, les témoins de cette période ne sont pas nombreux. Bouaicha Mohamed, l'un des Moudjahidine de la région encore en vie, tente difficilement de puiser de sa mémoire les souvenirs d'alors. En dépit de son âge très avancé, 85 ans, et sa santé fragile, il s'est fait sien le devoir de préservation de la mémoire. « Avant le déclenchement de la Révolution et bien que la majorité d'entre nous ne savait ni lire ni écrire, la politique occupait un intérêt majeur chez les enfants de la région. Tous les partis avaient leurs sympathisants. Le PPA-MTLD, le PCA et même les oulémas disposaient de bases militantes chez nous », confie-t-il. Durant les années 1940 et au début des années 1950, le mouvement national fut pour les Beni Menaceur un espace d'appartenance politique et d'affirmation face à l'hégémonie coloniale. « On n'était pas très politisés, mais à l'époque on savait qu'on ne pouvait faire confiance qu'aux Algériens comme nous. D'ailleurs, grâce aux luttes menées par ces partis, notamment dans la frange ouvrière, on a pu arracher certains acquis, comme la réduction du temps de travail », se souvient-il. Les évènements sanglants du 8 mai 1945 avaient eu un écho décisif sur les montagnes de Beni Menaceur. « L'indignation a gagné toute la population. Il n'y avait plus de doute : la présence française devait cesser. Ce ressentiment envers la force coloniale avait renforcé le mouvement national et la sympathie de la population pour les partis algériens s'était davantage consolidée. Cet élan patriotique a été pour beaucoup dans notre détermination à engager une lutte armée contre notre ennemi », confie Choudar Abdelkader, un Moudjahid de Menaceur. Au déclenchement de la Révolution en 1954, les habitants de la région suivirent de près l'évolution de la situation préfigurant. « Bien que la Révolution ait été déclenchée, l'année 1954 et le début de 1955 n'avaient connu aucune action armée d'envergure. En revanche, les partis entrés dans la clandestinité avaient toujours leurs partisans chez nous, en attendant la structuration des organes de la révolution », se souvient Bouaicha Mohamed. Le premier front a été ouvert à Menaceur, selon lui, fin 1955. « A ma connaissance, le premier contact avec le FLN-ALN s'est fait par l'intermédiaire de Mohamed Bouamrani de Miliana qui était alors un chef politique de la région. A Menaceur, il avait un lien de parenté avec les Zrarki. L'idée de constituer un front dans cette région a facilement germé. De nombreux citoyens, notamment les jeunes, attendaient ce moment », raconte-t-il. Peu après, un autre groupe a vu le jour. « L'enthousiasme pour épouser la cause nationale a été grand. Dans ce sillage, nous avons créé un autre noyau de Moussabiline, dont je faisais partie avec d'autres frères, à l'instar des Hamchaoui Ahmed et Abdallah, Bouaicha Amar, Dellil M'hamed, Mouasi Mohamed et tant d'autres », soutient-il.
Sept poteaux sciés font trembler les colons
La première action de sabotage menée sur le territoire des Beni Menaceur a ciblé les poteaux de la ligne téléphonique située à Barir (Si Amrane) située en aval de la ville de Menaceur (ex-Marceau). « Le groupe de Moussabiline chargé de cette action a scié sept poteaux », se rappelle-t-il. Au-delà de l'action en elle-même, ce sabotage a eu un effet psychologique extraordinaire dans toute la région, en ce sens qu'il signe le début du combat contre la force coloniale. « Moi-même j'ai commis un attentat en allumant, peu après cette première action, le feu dans une ferme d'un colon du nom d'Auguste Bilot. Ce propriétaire terrien était connu pour sa sauvagerie contre les Algériens », confie-t-il. Et d'ajouter : « Muni d'un petit bidon d'essence, j'ai aspergé les alentours d'un entrepôt de foins avant de craquer une allumette. Le feu a été spectaculaire. Mais le plus extraordinaire est l'effet de l'action, puisque le gardien jurait à tous ceux qu'il a rencontrés que l'incendie est l'œuvre d'un grand groupe de Moudjahidine. Son témoignage a fait trembler les occupants et rehaussé l'aura de la Révolution ». Un autre attentat spectaculaire, ciblant également une ferme, a marqué les premiers pas de la Révolution à Menaceur. « Un groupe de Moussabiline s'est attaquée à une ferme où des militaires français avaient pris position. Ces derniers ont été pris de panique. Résultat : deux d'entre eux y ont trouvé la mort abattus par les balles de leurs collègues », se rappelle-t-il. Après ces attentats et tant d'autres, beaucoup de jeunes de Beni Menaceur ont rejoint les djebels. C'est les larmes aux yeux que le Moudjahid Bouaicha Mohamed, condamné à 15 ans de travaux forcés en 1956, se remémore ses frères de combat tombés au champ d'honneur. « Lorsque le juge français a prononcé mon jugement de 15 ans de travaux forcés et m'a demandé si je voulais faire appel, je lui ai répondu que mon appel est ‘'vive l'Algérie indépendante''. A ce cri, une dame algérienne présente au cours de l'audience a poussé également un you-you. C'est un exemple de bravoure et d'engagement que je n'oublierai jamais », atteste-t-il.


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