« Nous sommes face à un défi sanitaire d'une extrême priorité et dont la dimension est au même titre qu'un problème sécuritaire ». C'est par ces mots que le président de la Fondation nationale de la promotion de la danté et le développement de la recherche (Forem) Mustapha Khiati a qualifié la situation générée par la menace du virus Zika. Un virus transmis par un moustique qui sévit actuellement dans les régions tropicales et dont les effets peuvent être dramatiques notamment pour les personnes fragiles et les femmes enceintes. Le vecteur Il prospère dans les petites retenues d'eau, dans les bouteilles cassées, les boîtes de conserve, les pots de fleurs, les pneus usagers à l'abandon et autres. Raison pour laquelle, le même responsable a estimé que le ministère de la Santé doit mettre en place des mécanismes de lutte adéquats et non pas techniques. « Actuellement l'Algérie n'a enregistré aucun cas mais le risque existe d'où la nécessité de réagir en fonction des potentialités dans un cadre préventif », a-t-il recommandé, hier, au forum d'El Moudjahid. Dans ce contexte, il a appelé au lancement de campagnes de sensibilisation pour une meilleure vigilance et à lutter, notamment, contre la stagnation des eaux qui favorise la constitution de nids de moustiques. Pour le professeur Yahia Maki, chef de service au CHU de Lyon et expert à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus en question existe depuis plus de 52 ans. Il a rappelé que le virus provient de l'Asie. Il a été introduit en Afrique en 1991 et détecté en 2007 au Gabon. « L'expansion géographique rapide de cette espèce invasive en Afrique, en Europe et en Amérique laisse craindre un risque de propagation de la fièvre Zika dans le monde y compris en Algérie », a-t-il souligné. En termes de chiffres, le spécialiste a avancé que 200 virus sont transmis par les insectes. « Il faut se protéger par des mesures d'hygiène et ce, en l'absence d'un vaccin ou d'un traitement », a-t-il conseillé. Les raisons ? Selon lui, 1,5 million de personnes ont été infectées en 2015 au Brésil. La plupart des victimes sont des femmes enceintes et dont les nouveau-nés ont été affectés de céphalées et de troubles neurologiques, voire de malformation. « Grâce à la biologie moléculaires, les diagnostics sont devenus rapides et suivis, de suite, d'une alerte », a assuré l'expert. Pour développer un partenariat avec l'Algérie dans le domaine médical, Houssam Korib, président de l'association médicale Amitié populaire franco-algérienne, a souligné qu'il est impératif d'établir une plateforme de recherche commune pour l'échange d'expériences sur les nouvelles techniques d'intervention et de prise en charge dans ce genre de situation. Pour rappel, le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, avait affirmé, au sujet du virus Zika, qu'aucun cas n'a été détecté en Algérie. Le ministre n'a pas manqué de rappeler que ce virus ne se transmet pas de l'homme à l'homme. Il a rassuré, dans ce contexte, que nos frontières sont sous surveillance permanente même en l'absence d'une quelconque épidémie.