Fait inédit, cette année, les Algériens célèbrent la veille de la naissance du Prophète Mohamed et la Saint Valentin, la fête des amoureux, le même jour. Pourtant dans la principale artère commerciale de la capitale, Didouche Mourad, rien n'indique l'arrivée de cette journée si particulière. Les fleuristes eux, se frottent les mains. Le 14 février est pour eux un jour faste. Et même s'ils refusent de parler argent, en ce jour béni des amoureux, leur chiffre d'affaires atteint des records. Il suffit de voir leurs pots à fleurs vides dans l'après-midi pour avoir une idée de l'engouement des…amoureux. « J'ai dû faire des commandes supplémentaires pour satisfaire les clients », reconnaît le fleuriste en face de la Grande-Poste (Alger centre). La rose rouge, les œillets et les narcisses sont les stars pour le moment. « 70% de ces fleurs sont importées », précise le fleuriste. Au niveau de la rue Didouche Mourad, les boutiques d'artisanat ne désemplissent pas. Au magasin « bijoux artisanaux », le vendeur indique qu'il va faire une petite ristourne sur chaque objet acheté aujourd'hui. « C'est ma façon d'aider les amoureux », sourit-il. Les boucles en argent, les petits bracelets ornés de corail, les chaînettes sont les bijoux qui sont prisés. Une cliente rentre dans ce magasin et choisit des boucles pendantes. Elle verse des arrhes et promet de venir les chercher, aujourd'hui, avec son fiancé. D'autres couples sont en « négociations » dans la grande boutique d'Yves Rocher. Des coffrets contenant eau de toilette, parfum, gel et de lait et masque sont proposés entre 2300 et 8000 dinars. La gérante s'attend à un rush de la part de la gent masculine et surtout féminine tout comme à la fin de l'année où il y a eu rupture de stock de certains produits de toilette et de cosmétiques. Mais cette fête n'est pas appréciée de la même façon chez tout le monde. Pour ce septuagénaire, « les besoins impératifs d'aujourd'hui se font sentir et relèguent la Saint Valentin au second plan ». « Avant, raconte-t-il, j'ai toujours manifesté le lien qui m'unit à mon épouse par de petits gestes symboliques en lui offrant de temps en temps un bijou ou une rose. Mais de nos jours, la société n'encourage pas la galanterie. Aucune remise, aucune publicité pour inciter les citoyens à acheter et faire des cadeaux », regrette-t-il. Cette autre cliente, toute jeune, est venue acheter un parfum de marque pour homme. Pour elle, Saint Valentin ou pas, « quand on n'aime on dépense sans compter ».