S'interrogeant sur le renouveau constant qui caractérise le théâtre moderne en comparaison avec le théâtre national, l'illustre homme de théâtre, Ziani Cherif Ayad a souligné, lors d'une conférence de presse donnée à la radio nationale que les techniques utilisées aujourd'hui sont classiques. «Le théâtre algérien est en quête de techniques modernes. Les pièces de théâtre ne devraient pas être jouées uniquement dans des salles de spectacle conventionnelles mais peuvent être déclinées dans d'autres endroits, comme les cafés populaires», dit-il. A cet effet, M. Ziani propose une nouvelle vision. Il s'agit du concept «café-théâtre». «Notre compagnie Gosto théâtre, créée en 2005, tente de réapproprier le bel héritage de nos aînés tout en s'inscrivant dans une démarche contemporaine, d'un théâtre qui réconcilie le public avec son propre patrimoine et son besoin d'ouverture sur l'universel». M. Ziani œuvre à revisiter l'ambiance du théâtre populaire d'antan et tente de rapprocher le théâtre du public. Il nous apprend que «Café du bonheur» se décline en trois spectacles ; «Le gourbi ya mon ami», «L'agence de là-bas», «Rana h'na». Au profit du public désirant découvrir le spectacle «Café du bonheur», le gourbi ya mon ami», sera représenté mercredi (23 février), jeudi (24 février) à 19h, vendredi (25 février) et samedi (26 février) à 15h, au palais de la Culture et lundi (28 février) à 19h30 à la radio nationale. A travers ce «projet», M. Ziani estime qu'il est important d'aller à la rencontre du public par des tables rondes, des ateliers d'art dramatique. Dans ce sillage, il nous apprend qu'il compte diffuser ses spectacles à travers une tournée qu'il compte effectuer, à partir de ce printemps, à travers quatre wilayas, Oran, Annaba, Constantine, Bordj Bou Arreridj. «On essaye d'ouvrir un débat avec les universitaires autour du thème théâtre. C'est-à-dire, faire état des lieux des troupes, des associations et des compagnies «amateurs» afin de renforcer les connaissances en matière d'art dramatique des amateurs de théâtre», indique-il en substance avant d'ajouter ! «Cette démarche est soutenue par l'appui des radios locales qui jouent un rôle important dans la proximité, à constituer la communauté du théâtre». Il a également souligné l'importance d'inculquer une nouvelle dynamique au théâtre national, en créant et en poursuivant l'œuvre des pionniers du 4e art et en se fondant sur une culture multidimensionnelle. Le travail de ces spectacles lie rêve et fureur, passion et réalité qui esquisse le visage de différentes générations. C'est tel un devoir de témoignage à la manière du théâtre que d'évoquer notre époque par une fantaisie qui joue à mettre en relief des concepts qu'on a forcément perdus en raison des multiples événements qui se sont succédés à travers le temps et l'espace. Le metteur en scène du «Collier de perles » poursuit plus loin : «En dépit de tout, nous continuons à croire, à travers un combat quotidien, que le théâtre doit être à l'avantage de tous, tout en refusant de céder à un ersatz d'esthétisme de façade». En tout cas, Ziani Cherif Ayad promet de traiter, dimanche prochain à la maison de la presse, d'une manière approfondie la thématique du théâtre en Algérie. En projets, il consacre son temps à préparer un mémoire autour du théâtre arabe.