Photo : Slimene S. A. La majorité des Algérois ont suivi la rencontre ayant mis aux prises l'équipe nationale à son homologue égyptienne dans les cafétérias et des écrans géants mis à leur disposition. Beaucoup ont préféré voir ce match important en groupe parce qu'ils ont estimé que cela leur procure de la joie. Il est vrai que suivre une rencontre entre amis pèse moins que lorsqu'on est seul face à l'écran. A Aïn Benian, un écran gérant a été mis à la disposition des fans de l'équipe nationale. Plus de cinquante jeunes ont bravé le froid et ont suivi le match dehors. Il y avait une ambiance bon enfant. Pleins d'espoir, les supporters se disaient confiants. «J'ai décidé de ne pas suivre cette rencontre à la maison parce que je sais que chez moi, il y a plus de pression. Je suis confiant quant à l'issue de la rencontre, d'autant que nous avons une bonne équipe qui ne cesse de progresser ces derniers temps», affirme Sofiane. Son ami Saïd abonde dans le même sens, même si ce dernier dit craindre l'arbitrage, surtout que l'équipe nationale joue contre l'équipe égyptienne. «Nous pouvons battre aisément l'équipe égyptienne, à condition que l'arbitre ne soit pas de son côté», a-t-il précisé. A Hammamet, même ambiance, et les cafétérias étaient prises d'assaut par les jeunes en particulier. Unanimes, ils ont indiqué que le dernier mot reviendra à nos représentants. A Bab Azoun, le décor était le même. Dans ce quartier, presque tous les supporters sont des fonctionnaires venus d'autres wilayas, et n'ont donc pas d'autres choix que de suivre le match dans les cafétérias et restaurants. Amokrane, cuisinier originaire de Grande Kabylie, affirme qu'il aurait aimé voir le match à la maison, mais comme il est loin de chez lui, il a tenu à le voir avec ses amis dans un restaurant. La fièvre du football a envahi même les établissements hospitaliers. A l'hôpital de Baïnem, les agents de sécurité ont ramené un téléviseur pour pouvoir suivre le match. Un agent de sécurité nous dira que le premier quart d'heure est serré et le match sera sûrement difficile. A la cité universitaire Taleb-Abderrahmane, il y avait une effervescence particulière quelques instants avant la rencontre. Les étudiants ont sacrifié le dîner afin de prendre place au foyer. Dans un tonnerre d'applaudissements, un groupe d'étudiants affirme ne pas avoir dîné aujourd'hui et être ici depuis treize heures. Ils soulignent que l'enjeu de la rencontre en vaut la peine. A l'issue de la rencontre, les supporters des Verts ont fait contre mauvaise fortune bon cœur. Unanimes, ils ont dit que l'équipe égyptienne n'aurait pas gagné sans l'aide de l'arbitre qui n'a pas fait honneur à son métier. «C'est vraiment scandaleux. C'est l'arbitre qui nous a éliminés et non pas l'équipe égyptienne», s'est désolé un supporter. Mais en dépit de cette défaite amère, les fans des Verts sont sortis manifester dans les rues de la capitale. Une façon comme une autre de soutenir l'équipe nationale dans ces moments difficiles. Une fois l'indignation passée, d'aucuns soulignent qu'il reste encore une coupe du Monde à jouer. Une manière de se consoler.