Bêtise n Ce qui s'est passé avant le derby MCA-CRB constitue un vrai problème de sous-développés, qui renseigne sur l'état d'esprit étroit, clubard et plus qu'amateur régnant dans notre football. Il n'y a pas un jour qui passe sans que notre football s'enlise dans le sous-développement à cause de faux problèmes nés de situations ambiguës et de la fuite des responsabilités de certains responsables. Le cas du stade Omar-Hamadi et toute la cacophonie qui a entouré la domiciliation de la rencontre de championnat de Ligue 1 professionnelle entre le MC Alger et le CR Belouizdad, en est la parfaite illustration. Dans cette histoire, tout le monde, bien évidemment, a tort et raison. L'APC à qui appartient l'infrastructure, se dit au-dessus de tout lorsqu'il s'agit de répondre à des impératifs sécuritaires et d'ordre public, même si auparavant elle a passé une convention de mise à disposition de cette même infrastructure avec un autre club, rival de surcroît, qui ne veut rien savoir sauf appliquer les clauses de son contrat. Et dire que des grands clubs à travers le monde se partagent le même stade, malgré leurs rivalités viscérales, à l'image des deux formations milanaises (l'Inter et le Milan AC) ou romaines (l'AS Roma et la Lazio). En effet, l'AC Milan et l'Inter – qui projette de construire son stade d'ici la fin 2014 d'une capacité de 60 000 places pour un montant de 300 millions d'euros – évoluent dans la même enceinte depuis des dizaines d'années sans le moindre problème, même si, symboliquement, le nom de ce stade change de nom chaque week-end passant de San Siro (pour les Rossoneri) à Giussepe-Meazza (pour les Nerazzuri). C'est le même cas pour le Stadio Olimpico di Roma, une enceinte qui compte 72 698 places principalement utilisé par les deux grands clubs de football de la capitale italienne : la Lazio et l'AS Rome. Mais il faut reconnaître ce sont d'autres mentalités. Chez nous, deux clubs que tout devraient réunir, malgré leur rivalité sportive, et une APC, garante des droits des uns et des autres et représentante de l'autorité publique, n'arrivent même pas à se mettre d'accord ou se mettre autour d'une table pour régler ce problème qui dure depuis des années, c'est du sous-développement. Ni plus, ni moins. Où sont les dirigeants du passé qui s'entraidaient en tout, qui étaient solidaires qui s'échangeaient des politesses, avant de régler leurs comptes… sportifs sur le terrain ? Ce temps est bien révolu avec l'avènement de l'arrivisme, de l'entrisme et des trabendistes dans le football.