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Dave Schultz, la mort au bout du rêve
Publié dans Info Soir le 02 - 08 - 2016

Histoire n La chance, croyait-il, lui avait souri : Dave Schultz, champion olympique 1984 de lutte, était devenu le meilleur ami de l'excentrique John Eleuthère du Pont.
Mais le millionnaire, schizophrène et ravagé par la drogue, le tuera de trois balles à bout portant, sans raison. Il faisait froid en ce 26 janvier 1996 dans le domaine Foxcatcher, enseveli sous la neige de Pennsylvanie. Pendant que sa femme Nancy prépare le repas pour leurs deux enfants, Dave Schultz bricole dans la cour. Lorsqu'il entend la voiture de son bienfaiteur s'arrêter, Schultz s'approche : sans un mot, Du Pont sort un revolver et tire trois fois. Schultz décédera quelques heures plus tard, à seulement 36 ans. Tout avait commencé sous le soleil de Californie, à Palo Alto, où les frères Schultz, Dave et Mark, noient les complexes de leur adolescence dans la lutte, sport très populaire dans les lycées américains. Dave, l'aîné, est dyslexique, légèrement enrobé, mais met des raclées à ceux qui osent se moquer de lui. Sur les tapis de lutte, il collectionne rapidement les victoires et les titres scolaires, puis universitaires et nationaux, avant de décrocher le Graal : le titre mondial 1983 des moins de 74 kg à Kiev, dans le jardin des lutteurs soviétiques, les références de la discipline. Quelques mois plus tard, Schultz a tout juste 25 ans quand il devient champion olympique de lutte libre à Los Angeles en l'absence des nations du bloc de l'Est qui ont boycotté ces JO-1984. En 1986, il bat cette fois les meilleurs lutteurs soviétiques et bulgares à Moscou lors des «Goodwill Games». Cette même année, son frère cadet Mark rencontre John Eleuthère du Pont qui lui promet de donner les moyens aux lutteurs américains de rivaliser avec leurs adversaires du bloc communiste. Du Pont, incompris et mal dans sa peau depuis qu'il est enfant, est à la recherche d'une famille. Après s'être intéressé au pentathlon moderne et au triathlon, il croit l'avoir trouvée avec les lutteurs et se met en tête de devenir l'un d'entre eux. Il leur fait construire dans son domaine un centre d'entraînement ultramoderne, les loge avec leur famille dans des maisons individuelles, leur garantit un salaire et une assurance santé. Schultz est l'entraîneur de cette équipe reconnaissable à ses survêtements et combinaisons frappés d'un renard, en référence au nom du domaine de la famille Du Pont, Foxcatcher. Sorte de «Dream Team» de la lutte, elle voyage à travers le monde avec dans son sillage un individu pâle, filiforme et inquiétant, ressemblant plus à un clochard qu'à l'héritier d'une des plus grandes familles d'industriels américains. Du Pont s'entraîne avec ses protégés, les soumet aussi à ses caprices, fait régner la terreur au rythme de ses folies, délires et hallucinations alimentés par une consommation effrénée de drogue. Il se présente comme le Dalaï-Lama américain et croit que sa propriété est hantée, que des extraterrestres lui envoient des messages. Jusqu'à ce 26 janvier 1996 où il tue froidement Schultz, qui rêvait d'un dernier défi olympique à domicile lors des JO-1996 d'Atlanta. Après avoir tiré, Du Pont s'est enfermé pendant deux jours dans sa villa, avant que la police ne le piège. Le 25 février 1997, il est condamné à treize ans de prison et mourra dans le pénitencier de Laurel Highlands en 2010, à l'âge de 72 ans.
Fabio Casartelli
Le drame du Tour de France
l L'image, insoutenable, montre le champion olympique de cyclisme en position fœtale, recroquevillé sur l'asphalte gris du col du Portet d'Aspet. Des ruisseaux de sang coulent de la tête de Fabio Casartelli, en train de perdre la vie, le 18 juillet 1995, dans le Tour de France. La chute, à 70-80 km/h, dans un virage de ce coin reculé de la Haute-Garonne, a eu des conséquences dramatiques. D'autres coureurs sont tombés en même temps que l'Italien. Mais le dossard numéro 114 est le seul à rester inconscient au sol, au 34e kilomètre de la 15e étape pyrénéenne. Les secours arrivés rapidement, l'ambulance, l'hélicoptère, le transport vers l'hôpital de Tarbes, ne servent à rien. Fabio Casartelli, champion olympique en 1992 à Barcelone (Espagne), ne sortira pas du coma. Casartelli est seulement le troisième coureur à trouver la mort dans la plus grande course cycliste du monde après Francesco Cepeda en 1930 et Tom Simpson en 1967. Une stèle fut érigée à la mémoire de Casartelli près du lieu de l'accident. Depuis c'est devenu un lieu de pèlerinage, de souvenir et d'émotion pour les cyclistes de passage. Son fils Marco était âgé de deux mois et cinq jours au moment du drame. Il dit: «Je ne connais mon père qu'à travers ce qu'on m'en a dit, les photos et les films». Dans sa chambre, il a installé une photo de Fabio. Il poursuit ses études (de langues). Mais il ne fait pas de sport.
Bob Hayes
Sur deux sommets du sport
l Champion olympique du 100 m en 1964 à Tokyo et vainqueur du Super Bowl en 1972 avec les Dallas Cowboys : Bob Hayes, mort à 59 ans en 2002, est le seul à avoir atteint ces deux sommets sportifs. Ses démonstrations de Tokyo ont marqué une époque du sprint, comme avant lui Jesse Owens, le quadruple médaillé d'or des Jeux de Berlin, en 1936, et après lui Carl Lewis et Usain Bolt. Lors de la finale du 100 m, sur une piste en cendrée détrempée, qui plus est au couloir 1 marqué par le passage des marcheurs du 20 km qui venaient de s'élancer, Hayes signa un 10 sec 06 électrique, chichement ramené à 10 sec manuel -seulement record du monde égalé- et non pas 9 sec 9. Ayant pratiqué avec succès le football américain à l'adolescence, avant de faire un détour par l'athlétisme, Hayes fut logiquement attiré par les sirènes et les dollars de la NFL une fois les clameurs de Tokyo retombées. Il y vécut donc une seconde carrière à succès, au point d'intégrer le Temple de la renommée de la NFL en 2009. La retraite sportive mit à nu la dépendance à la drogue de Bob Hayes, avec même un passage par la case prison. Le double champion olympique de Tokyo, victime de sa propre existence en tant que célébrité, vécut mal cette transition, au point de se dévaloriser.
Samuel Wanjiru
L'étoile filante du marathon
l Le Kényan Samuel Wanjiru est apparu comme un météore dans le ciel du marathon en devenant champion olympique à seulement 21 ans en 2008 à Pékin. Il s'est éteint trois ans plus tard dans des circonstances toujours mystérieuses. Wanjiru est devenu le plus jeune champion olympique du marathon depuis l'Argentin Juan Carlos Zabala (20 ans) en 1932 à Los Angeles. Il améliore de près de trois minutes en 2 h 6 min 32 sec le précédent record olympique datant de 1984. Il est le premier Kényan à décrocher l'or olympique dans cette discipline. Il est aussi le plus jeune coureur à avoir gagné quatre marathons majeurs (Pékin 2008, Londres 2009 et Chicago 2009, 2010). Sa popularité va le mener vers sa fin. Il décide de se rapprocher de son épouse Trizah Njeri et de sa fille Ann, née en 2007. Mais il se retrouve victime de son entourage. La rivalité entre sa mère et sa femme s'accentuant, il se met à boire. Fin 2010, son épouse l'accuse d'avoir tenté de la tuer, avant de retirer sa plainte. En janvier 2011, il est victime d'un accident de la route, qui le contraint à renoncer au marathon de Londres. La soirée fatidique a lieu le 15 mai 2011. Rentrée à leur domicile plus tôt que prévu, son épouse le surprend au lit avec une autre femme. Furieuse, elle quitte la maison en enfermant son mari au premier étage. Wanjiru se dirige vers le balcon, d'où il saute, ou tombe. La police conclut à un suicide mais la thèse de l'accident ne peut pas être écartée. Son image sera ensuite ternie par une bataille très médiatique autour de son héritage, la mère de l'athlète, Hannah, accusant notamment sa belle-fille d'avoir tué son fils.
Valeriy Brumel
Le conquérant fauché en plein vol
l Au plus fort de la conquête spatiale et de la rivalité Est-Ouest, le Soviétique Valeriy Brumel a été beaucoup plus que champion olympique du saut en hauteur en 1964 à Tokyo. Il a participé à sa manière à la conquête des étoiles, à l'âge d'or de l'athlétisme. Six records du monde en deux ans firent progresser la marque planétaire de la hauteur de 2,23 m à 2,28 m. Celle (2,26 m) établie le 22 juillet 1962 au Stanford Stadium de Palo Alto, en Californie, lors de la rencontre Etats-Unis/URSS, est gravée dans le marbre. Quelque 80 000 spectateurs, qui jusqu'à ce moment de grâce vociféraient leurs encouragements aux seuls athlètes américains, furent saisis de silence puis explosèrent en une standing-ovation de cinq minutes. Ses duels, tous gagnés, avec John Thomas, son prédécesseur sur les tablettes du record du monde, sont restés dans la mémoire du Madison Square Garden de New York. Brumel croisa le chemin de Tamara Goliaitkova. La jeune femme pilotait la moto de compétition sur laquelle Brumel avait pris place cette nuit tombante d'octobre 1965, sur la chaussée mouillée d'un boulevard moscovite. Mais elle en perdit le contrôle... Le champion olympique, la jambe droite disloquée, subit une vingtaine d'opérations. Jamais il ne retrouva ni la vitesse, ni la puissance de l'envol, ni encore la légèreté au-dessus de la barre. Brumel perdit aussi l'affection de sa première femme, une gymnaste, trahie par cette escapade à moto. Il se remariera deux fois, et écrira même un opéra sur sa vie. Mais tout n'était que subterfuge depuis qu'on l'avait privé de ses ailes. Et la mort vint le libérer de ce mauvais rêve dans sa 61e année.


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