Résumé de la 18e partie - Percinet, plus content qu'il eût encore été, donna trois coups de baguette sur la boîte ... Elle lui répliqua que, si Grognon lui faisait encore un mauvais tour, elle y consentirait. Lorsque cette marâtre la vit revenir, elle se jeta sur la fée, qu'elle avait retenue ; elle l'égratigna, et l'aurait étranglée si une fée était étranglable. Gracieuse lui présenta le billet du gouverneur et la boîte : elle jeta l'un et l'autre au feu, sans daigner les ouvrir, et, si elle s'en était accrue, elle y aurait bien jeté la princesse ; mais elle ne différait pas son supplice pour longtemps. Elle fit faire un grand trou dans le jardin, aussi profond qu'un puits ; l'on posa dessus une grosse pierre. Elle s'alla promener, et dit à Gracieuse et à tous ceux qui l'accompagnaient : – Voici une pierre sous laquelle je suis avertie qu'il y a un trésor : allons, qu'on la lève promptement. Chacun y mit la main, et Gracieuse comme les autres : c'était ce qu'on voulait. Dès qu'elle fut au bord, Grognon la poussa rudement dans le puits, et on laissa retomber la pierre qui le fermait. Pour ce coup-là il n'y avait plus rien à espérer ; où Percinet l'aurait-il pu trouver, au fond de la terre ? Elle en comprit bien les difficultés et se repentit d'avoir attendu si tard à l'épouser. – Que ma destinée est terrible ! s'écria-t-elle, je suis enterrée toute vivante ! ce genre de mort est plus affreux qu'aucun autre. Vous êtes vengé de mes retardements, Percinet, mais je craignais que vous ne fussiez de l'humeur légère des autres hommes, qui changent quand ils sont certains d'être aimés. Je voulais enfin être sûre de votre cœur. Mes injustes défiances sont cause de l'état où je me trouve. Encore, continuait-elle, si je pouvais espérer que vous donnassiez des regrets à ma perte, il me semble qu'elle me serait moins sensible. Elle parlait ainsi pour soulager sa douleur, quand elle sentit ouvrir une petite porte qu'elle n'avait pu remarquer dans l'obscurité. En même temps elle aperçut le jour, et un jardin rempli de fleurs, de fruits, de fontaines, de grottes, de statues, de bocages et de cabinets ; elle n'hésita point à y entrer. Elle s'avança dans une grande allée, rêvant dans son esprit quelle fin aurait ce commencement d'aventure ; en même temps elle découvrit le château de féerie : elle n'eut pas de peine à le reconnaître, sans compter que l'on n'en trouve guère tout de cristal de roche, et qu'elle y voyait ses nouvelles aventures gravées. Percinet parut avec la reine sa mère et ses sœurs. – Ne vous en défendez plus, belle princesse, dit la reine à Gracieuse, il est temps de rendre mon fils heureux et de vous tirer de l'état déplorable où vous vivez sous la tyrannie de Grognon. A suivre Marie Catherine, comtesse d'Aulnoy