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Histoires vraies
L'échelle sociale (3e partie et fin)
Publié dans Info Soir le 09 - 08 - 2007

Résumé de la 2e partie n Lucienne prend la voyante comme conseillère. Cette dernière lui prédit de beaux jours.
Désormais, tout en surveillant le tiroir-caisse de sa chemiserie, Lucienne Lonjubeau, en femme décidée, se prépare à la grande occasion. L'Angleterre a une reine, Elisabeth II, et la France possède une femme, Lucienne, qui entend être à la hauteur des circonstances.
Désormais, deux fois par semaine, elle prend des cours d'anglais accéléré :
— My tailor is rich... My car is red...
Deux fois par semaine aussi, elle se rend chez un professeur de maintien. Lucienne, Parigote de Bourges, a encore quelques manières à policer. La façon de servir le thé. Au cas où elle recevrait la reine dans son château de Touraine. Et surtout la révérence. Il y a pour l'exécuter parfaitement une manière de plier les genoux tout en les croisant qui donne une assise parfaite, sauf si les parquets sont glissants.
Autre problème : la tenue. Lucienne se précipite chez sa couturière et choisit une robe de style princesse en soie sauvage, dans les tons pastel.
Mais les mois passent et rien n'arrive. Pourtant tout est prêt : la robe à traîne, la révérence mille fois répétée devant le miroir du salon. Lucienne, à quatre heures, ne boit plus que du thé, avec un nuage de lait, à l'anglaise. Elle s'adresse à la bonne dans la langue de Shakespeare.
Un beau jour de printemps, tout Paris est en effervescence. La toute jeune reine Elisabeth d'Angleterre arrive bientôt en visite officielle et elle doit être reçue par le président Coty. Le beau Philippe d'Edimbourg accompagne son épouse et toutes les Parisiennes tombent amoureuses de l'époux de la reine... Lucienne panique un peu :
— Le prince Philippe. Qu'est-ce que je vais lui dire ? Il sera certainement là. Je suppose que je devrai faire la révérence aussi...
Plus les jours passent, plus Lucienne est anxieuse. Chaque matin elle scrute sa boîte à lettres. Rien, pas le moindre carton officiel. Elle reçoit les clients célèbres de sa chemiserie avec un redoublement de sourires. Après tout, l'ambassade d'Angleterre est pratiquement en face. C'est peut-être quelque lord à la recherche de boutons de manchettes qui va l'aider à vivre son rêve...
— Ulysse, dépêchez-vous ! Nous allons être en retard ! Quel monde ! Je ne veux pas rater le cortège... Heureusement qu'il fait beau.
Du faubourg Saint-Honoré aux Champs-Elysées il y a peu de distance. Lucienne Lonjubeau en robe printanière se hâte. Derrière elle, Ulysse, le magasinier, transporte sous son bras un escabeau.
— Mettez-le là ! On verra.
«On» verra. En tout cas Lucienne Lonjubeau verra bien le cortège officiel. Elle a à peine le temps de grimper en haut de l'escabeau. Cinq ou six marches et voilà la voiture découverte. La reine Elisabeth fait des signes de la main. Le beau prince Philippe aussi, ainsi que le président Coty accompagné de son épouse. Lucienne agite la main et crie bravo. Et c'est à ce moment-là qu'elle se remémore la prédiction de Mme Herbelin :
— Ecoutez : je vous vois en haut de l'échelle. Pas de doute. Vous grimpez. Et vous êtes devant la reine d'Angleterre. Il y a énormément de monde. Vous êtes très contente !
C'était donc ça, «en haut de l'échelle». Elle aurait pu dire en haut de l'escabeau !
Lucienne Lonjubeau rentre de très mauvaise humeur...


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