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Les dessous de la guerre confessionnelle à Bangui
L'Occident s'intéresse de près à la guerre civile en Centrafrique
Publié dans La Tribune le 30 - 12 - 2013

La France, qui a refusé d'intervenir en Centrafrique lorsque le président déchu François Bozizé lui a fait appel, a fini par envoyer ses soldats après que la crise à Bangui ait pris l'allure d'une guerre confessionnelle entre la minorité musulmane, qui a pris le pouvoir pour la première fois, et la majorité
chrétienne qui crie au génocide de la part des rebelles Séléka. Officiellement, le président français François Hollande a avancé des raisons humanitaires pour
justifier l'envoi de 1 600 soldats à Bangui où vivent, par ailleurs, de nombreux
ressortissants français. Cette intervention a été perçue par certains comme un acte de néocolonialisme de la part de la France, comme cela était le cas au Mali et en Libye. D'autres ont estimé que cette
intervention était nécessaire pour éviter un nouveau génocide sur le sol africain. La présence française dans son ancienne colonie a aussi été saluée par une partie des centrafricains qui ont estimé que les soldats français dépêchés à Bangui allaient apporter un soutien de taille à la Mission africaine de maintien de la paix dans ce pays qui a connu depuis son indépendance, en 1960, six coups d'Etat. Le caractère philanthropique de l'intervention française en Centrafrique cache pourtant des visées économiques et géostratégiques qui sont loin d'avoir un lien avec cette idée du néocolonialisme, avancée par certains analystes enfermés dans l'idéologie à une époque où il n'y a rien qui prime devant le pouvoir de l'argent et de la guerre larvée autour du contrôle des richesses de la planète. L'enjeu de la guerre à Bangui n'est pas celui de sauver les Centrafricains d'un génocide ethnico-religieux, comme on essaye aussi de nous le faire croire au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, au Darfour et dans d'autres Etats africains, mais il s'agit de qui se servira en premier des richesses du sous-sol. La décision précipitée de Paris d'envoyer ses troupes vise en fait à contrecarrer la présence chinoise qui a commencé à se renforcer sous l'ère Bozizé. C'est ce qui explique, en premier lieu, le refus de l'Elysée de lui porter main forte alors qu'il était sur le point d'être renversé par cette coalition qu'on disait hétéroclite des Séléka. Paris qui a toujours appuyé Bozizé l'a donc lâché pour son flirt, de plus en plus ouvertement affiché, avec le géant chinois qui a injecté des millions de dollars en Centrafrique pour s'assurer une meilleure expansion à Bangui. Cette stratégie chinoise a déjà donné ses fruits dans les autres pays africains où Pékin a réussi à avoir sa part du marché d'exploitation des ressources naturelles en offrant son aide au
développement local sous forme de projets d'ouvertures des routes pour les régions enclavées, de construction d'écoles et autres établissements publics, etc. «la France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd'hui, elle contrôle l'économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la mainmise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître sur le marché de la boisson et du sucre. Cfap y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée en danse. Areva est présente en RCA même si,
officiellement, le géant du nucléaire n'est encore qu'à la phase de l'exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais il doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers», lit-on dans une contribution d'un bloggeur sur Bêafrika Sango, une agence de presse et d'information indépendante à Bangui. L'empressement de la France et la sortie du président américain Barack Obama concernant les évènements de Bangui de ces derniers jours sont un indice des gros intérêts économiques et géostratégiques que représente la Centrafrique. Et pas seulement la Centrafrique, qui est voisine du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo, deux pays qui vivent la même crise politico-sécuritaire autour du contrôle des ressources
naturelles. En Centrafrique, tout comme en RDC ou au Soudan du Sud, les rebelles sont soutenus par des pays tiers, aussi bien sur le plan humain que militaire et financier. «Le scenario est presque le même en RCA. Appuyé par des troupes étrangères, Michel Djotodia est parvenu, à la tête d'une rébellion partie du Nord, à conquérir le pouvoir à Bangui, contraignant ainsi François Bozizé à l'exil. Mais, le temps de répit a été de courte durée. Aujourd'hui, comme au Soudan du Sud où Salva Kiir joue la survie de son pouvoir, en RCA, Michel Djotodia négocie difficilement son maintien à la tête du pays. Entre ces deux voisins, il y a de fortes similitudes.
Car, outre le pétrole qui les unit et les déstabilise aujourd'hui, les régimes de Juba et de Bangui ont été mis en place par la seule et unique volonté de l'Occident. Le Soudan du Sud, créé par une mascarade de référendum populaire, a été une œuvre de l'Occident, particulièrement des Etats-Unis. Le pouvoir de Michel Djotodia est, sur toute la ligne, une œuvre française», explique Le Potentiel, quotidien sénégalais qui s'intéresse de près à ce qui se passe chez les pays voisins du Sénégal, étant lui-même une ancienne colonie française qui craint d'être contaminé par les rébellions. En résumé, la guerre civile en Centrafrique, qui prend l'allure d'une guerre opposant chrétiens aux musulmans, risque de s'étaler dans le temps, ce qui fera perdurer le climat d'instabilité dans l'ensemble de toute la sous-région de l'Afrique équatoriale.
L. M.


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