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Avant la géhenne, les dictateurs finissent en enfer !
Publié dans La Tribune le 22 - 10 - 2011

Ubu dictateur, ex-roi de Libye, est mort. Sa mort ne fut pas belle même si elle fut presque digne pour lui. Indigne, elle le fut pour le CNT. Contrairement aux allégations des ses premiers dirigeants et du ministre de la Défense français, le célébrissime Kadhafi a été tué alors qu'il était un prisonnier de guerre. Les images comme les paroles enregistrées, saisissantes, troublantes, choquantes même, montrent clairement qu'il s'agit d'une exécution extrajudiciaire, même si elle a des airs de bavure. Ceci dit, nulle intention, ici, de pleurer, de regretter ou de magnifier la mort d'un satrape ridicule mais cruel, qui a fait tant souffrir son peuple durant quarante-deux ans de règne d'enfer. Mais, force est de dire, sur la base de fortes et accablantes images, que les Thouwar, ces jeunes révolutionnaires armés, qui font la guerre comme on s'adonne aux jeux de massacre en foire foraine, ont violé les quatre Conventions de Genève. La responsabilité politique du CNT est donc engagée. Les actuels ou futurs chefs de la Libye nouvelle doivent s'en expliquer. Admettre qu'il ne s'agissait pas d'une version libyenne de la loi du Talion. Le colonel Kadhafi est donc mort dans une ville en armes mais pas les armes à la main, sauf un dérisoire pistolet en or en poche. Son corps ensanglanté, boursoufflé, dénudé, brutalisé par des mains vengeresses, témoigne d'une mort sans gloire mais qui ne fut pas totalement déshonorante. L'ancien lieutenant, putschiste de roi, a quand même choisi sa mort alors qu'il avait la possibilité de la fuir vers un exil doré consenti par les puissances occidentales qui l'ont combattu par OTAN interposée. Et il est mort sans un regard suppliant pour ses jeunes tourmenteurs. Si peu glorieuse qu'elle fut, sa mort est tout de même moins abjecte que la piteuse fuite aérienne du pleutre potentat de Carthage, un certain Zine El Abidine. Un Ben Ali qui a quitté le navire Tunisie comme un rat furtif alors même que son peuple n'avait pas d'armes à la main. Il y a toutefois dans la mort du bédouin de Syrte quelque chose comme une justice immanente qui veut que l'on crève comme on a soi-même donné la mort. Le tyran, qui qualifiait les Libyens de rats, ni musqués ni même ragondins, plutôt d'égout comme il le pensait, aurait été trouvé, en bout de parcours, dans un conduit d'évacuation rempli d'immondices. Il y a aussi dans sa mort quelque analogie avec la fin de Saddam Hussein. Le dictateur de l'Euphrate avait été débusqué, tel un rat, dans un trou masqué par des briques et des ordures. Le despote baathiste a été ensuite pendu avant même de finir de réciter la prière des morts, entouré d'hommes vociférant des insultes rageuses. Sa mort, dans ces conditions d'opprobre, fut moins digne que celle de l'autocrate libyen. Ailleurs, autre dictateur, autre mort. Sur les bords du Nil, la fin de Hosni Moubarak, politique, cela s'entend, est, d'une certaine façon, une mort philosophique cruellement indigne. Le raïs, président cacochyme d'un régime despotique et grabataire, est finalement mort sur une civière de malade, blafard comme un mort en sursis, qui plus est derrière les barreaux de la cellule temporaire du tribunal qui le jugeait dans un simulacre de procès politique. Contrairement à Mouammar Kadhafi, Hosni Moubarak, ancien pilote de guerre, n'a pas eu la consolation de mourir d'une balle dans la tête qui lui aurait donné une fin plus esthétique, presque belle. Qu'il y ait eu mort d'homme ou pas, la fin pitoyable, parfois barbare, de l'un et des autres, n'est finalement que le choc en retour de l'incroyable brutalité des tyrans qu'ils furent. La mort de certains, dans une débauche de sang et de haine, et la fin de règne des autres, toujours vivants, n'est jamais de bon augure, encore moins une bonne ébauche pour devenir l'acte fondateur d'un pays aspirant à la démocratie. Moubarak livide comme la mort sur son brancard d'hôpital, c'est le panache perçu sur la Place Tahrir du Caire qui s'en trouve diminué. Kadhafi, visage tuméfié et ensanglanté, achevé par la balle d'un exécuteur, c'est le combat victorieux des jeunes révolutionnaires, même stimulé par l'OTAN, qui perd beaucoup de sa noblesse. Ben Ali, Moubarak, Saddam, Kadhafi, Gbagbo et, hier, Hitler, Mussolini, Ceausescu, Noriega ; demain, peut-être, Assad et Saleh, probablement d'autres encore, les dictateurs, avant la géhenne, finissent en enfer ! Plus qu'une morale ou une philosophie propre à la tyrannie, les despotes de tout pays et de tout temps, vont en enfer parce qu'ils le font vivre, de leur vivant, à leurs sujets. Ils ont un point commun, résumé par George Bernanos. «La force et la faiblesse des dictateurs est d'avoir fait un pacte avec le désespoir des peuples», disait l'auteur de Sous le soleil de Satan.
N. K.

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