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Un algérien précurseur du roman, méconnu
Apulée de Madaure
Publié dans Le Maghreb le 24 - 11 - 2010

Apulée de Madaure ? Très peu de gens connaissent d'autant qu'on devine à peine qu'Apulée est un nom et que Madaure et une ville réelle. Un nom berbère qui a vécu en pleine période romaine dans une ville qui s'appelait à l'époque -nous sommes au deuxième siècle après Jésus Christ- Madauros ou Madaura d'où plus tard est venu le nom de M'daourouch, une petite bourgade située à Souk Ahras dans l'est algérien Pourtant, Apulée de Madaure, l'Algérien donc est connu dans le monde entier -et ce sont surtout les initiés qui connaissent- parce qu'il est le précurseur du roman, ce style d'écriture qui aujourd'hui encore est abordé par les plus illustres écrivains. Paradoxe ! Il est présent dans des centaines d'ouvrages historiques, dans des dizaines d'encyclopédies, mais reste méconnu chez nous et même dans sa petite bourgade natale de M'daourouch à Souk Ahras. Erudit berbère, il est considéré par les historiens de la littérature comme le premier romancier au monde. " Les Métamorphoses ou L'Ane d'or " ou, un récit en 11 tomes écrit par Apulée, est cité en effet comme le premier livre roman d'Afrique et même du monde, suscitant du même coup une grande fierté chez les intellectuels algériens et maghrébins. Sa carrière littéraire est entièrement faite en dehors de Rome alors puissance du monde. C'est un esprit brillant, universel, bien dans la ligne du mouvement de la Seconde Sophistique. Né vers 125, d'une famille riche de Madaure, il fit d'abord ses études à Carthage, où il apprit l'éloquence latine, avant d'aller chercher à Athènes un enseignement philosophique supérieur, de voyager beaucoup, puis de retourner en Afrique. Carthage deviendra sa résidence habituelle et où il y mourra après 170.
Apulée, personnage singulier
Personnage aussi singulier qu'attachant, Apulée de Madaure avait les yeux grands ouverts et s'intéressait à tout, aux sciences, à la philosophie, à la religion, à la magie aussi. Comme l'écrit P. Grimal, il "se fit initier à tous les cultes, plus ou moins secrets, qui abondaient alors dans l'Orient méditerranéen : mystères d'Éleusis, de Mithra, d'Isis, culte des Cabires à Samothrace, et mille autres encore, d'une moindre célébrité. Il espérait y trouver "le secret des choses"". Quant à la magie, elle n'occupe pas seulement une grande place dans les Métamorphoses; on connaît l'histoire du procès qui lui fut intenté par les parents de la femme, beaucoup plus âgée que lui, qu'il avait épousée à Oea en Tripolitaine. Fâchés de voir l'héritage leur échapper, ceux-ci l'accusèrent devant les tribunaux d'avoir envoûté leur parente pour qu'elle accepte de l'épouser. Apulée s'en sortit par un plaidoyer habile et spirituel, l'Apologie ou le De Magia, qui est pour ainsi dire le seul exemple conservé d'un discours judiciaire de l'Empire. Apulée était aussi un conférencier à succès, capable de parler en grec comme en latin. Pas de signe de ces discours d'apparat, exception faite d'une mince anthologie (les Florides) où sont rassemblés 23 morceaux de longueur très inégale.Il avait écrit bien d'autres choses encore : des poèmes, des traductions, des traités techniques aujourd'hui perdus (sur les arbres, la médecine, l'astronomie...), et qui n'étaient peut-être que de simples compilations ou des résumés. Il existe par contre sous son nom, plusieurs traités philosophiques. D'abord une brillante conférence, de haute vulgarisation, le De deo Socratis, qui constitue en fait l'exposé le plus approfondi que l'antiquité nous ait laissé sur la démonologie. Ensuite, le De Platone et eius dogmate libri II, une sorte de résumé scolaire et assez terne de la doctrine de Platon; en réalité c'est du Platon revu et corrigé par des siècles d'évolution du Platonisme. Enfin le De mundo, qui s'inspire de la théorie péripatéticienne de l'univers et qui n'est rien d'autre qu'une adaptation en latin d'un traité grec anonyme sur le même sujet.
L'œuvre majeure d'Apulée
L'oeuvre majeure d'Apulée est indiscutablement les Métamorphoses ou L'Âne d'or, en onze livres. C'est le récit, fait à la première personne, d'un certain Lucius, un jeune homme curieux de tout, qui, s'étant frotté de trop près à la magie, se voit transformé en âne. Sous cette forme, il va connaître toute une série d'aventures, entrant en contact successivement avec des brigands, des esclaves fugitifs, des prêtres de la déesse syrienne, un meunier, un maraîcher, un soldat, deux frères esclaves (un pâtissier et un cuisinier), puis leur maître. Comme c'est l'âne qui raconte et qu'il a conservé son sens aigu de l'observation et son esprit critique d'homme, il donne à voir par l'intérieur les activités et les préoccupations de tous ces milieux très différents qu'il a fréquentés. L'ensemble fournit un remarquable tableau de la vie quotidienne au IIe siècle de l'Empire. Tout cela, au fil de plusieurs livres, car la transformation en âne s'est produite au livre III et c'est au dernier livre seulement que Lucius retrouve sa forme humaine, ce qui ne sera d'ailleurs possible que grâce à l'intervention bienfaisante de la déesse Isis. En réalité, sur l'histoire principale, celle des aventures de Lucius comme homme ou comme âne, sont rattachés par des procédés variés, parfois fort artificiels, une foule d'autres récits de longueur variable. Le plus long d'entre eux est le Conte d'Amour et de Psyché; c'est une vieille servante qui, dans la caverne des brigands, le raconte à Charité, une jeune fille que ces mêmes brigands viennent d'enlever. Sur ce plan, les Métamorphoses apparaissent aussi comme un recueil de nouvelles. Mais l'oeuvre est beaucoup plus riche. Divers éléments montrent en effet qu'on ne peut se borner à la lire au premier degré. Il y a d'abord le Conte d'Amour et de Psyché, qui occupe le centre même du récit : Psyché, on le sait, est le nom grec de l'âme, et elle est amoureuse d'Éros, l'un des grands "démons" platoniciens. Il y a ensuite le livre d'Isis, dont la tonalité religieuse, tranche profondément sur la noirceur, la violence et le sadisme lourdement présents dans ce qui précède. Il y a aussi de nombreux autres indices disséminés au fil des chapitres. Il faut cependant dire que les interprètes modernes ne sont pas parvenus à s'entendre sur la signification profonde du récit. Si Apulée a voulu transmettre à ses lecteurs un "message", on n'est pas certain de l'avoir découvert. Mais il reste qu'Apulée, au fil des pages, se laisse guider par son imagination, sa fantaisie, son amour du merveilleux, son goût des histoires, et que les modernes auraient bien tort en le lisant de bouder, leur oeuvre d'Apulée est éditée et traduite en français dans la "Collection des Universités de France".


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