Il y en a parmi les personnalités partisanes qui exigent la formation du gouvernement pour que l'Algérie puisse relever les défis qui l'attendent. Mais, celles-ci ne parlent pas des implications de la reconduction de la même configuration politique actuelle et elles savent bien que cette reconduction ne sera pas un facteur de diversité. Comme hier, comme aujourd'hui et comme demain. Pas de changement, juste pour reconduire l'alliance et ainsi reconduire les contradictions. Reconduire les mêmes contradictions signifierait pas de changement meilleur pour la relance de l'économie, car tout le monde parle des politiques et pas des économistes. On ne parle également que du processus de transition politique et jamais de processus de transition économique. Or, il apparaîtra ainsi, que les contradictions à l'origine de la crise dite multiforme ne peuvent qu'être entretenues et même aggravées avec l'entretien dans la durée de la même configuration politique aux assemblées élues et qui n'apparaît pas conforme à la réalité. Les rapports de " force " ne sont pas conformes aux rapports d'opinion, ce qui ne permet pas de mobiliser majoritairement toutes les forces pour les canaliser dans un seul sens. Il est important que se réalise le consensus à la fois sur les orientations fondamentales du système politique et du système économique. Il est important que ces dernières ainsi que même les règles du jeu politique et économique fassent l'objet d'une transaction. Il sera difficile de faire progresser le pays vers l'objectif assigné et encore plus difficile de maintenir cette progression dans la direction de la démocratie, alors même que cette dernière n'est pas approchée dans son explication sous les mêmes repères. Qui n'est pas démocrate et qui n'est pas républicain ? Tous les partis se réclament de la démocratie et tous se revendiquent républicains dans la mesure où république s'oppose à royauté. Par contre, personne ne se revendique d'un courant économique. Tout a été tenté dans le cadre du système politico-économique actuel, mais les atteintes des objectifs sont partielles. Quand elles sont partielles, elles s'annulent d'elles-mêmes car les vulnérabilités sont encore les mêmes. De ce fait, plus rien ne peut arriver comme attendu. La paix n'arrive pas toute seule. Elle ne dépend ni exclusivement de l'amnistie générale pour ne pas parler des démarches de la concorde et de la réconciliation, ni exclusivement des moyens de force, et pas forcément dans la combinaison d'un pardon unilatéral et de l'usage de l'instrument militaire.