Le groupe informatique Dell, au cœur d'une bataille boursière, a publié cette semaine des résultats trimestriels moins mauvais que prévu malgré un septième recul consécutif de son bénéfice net. Entre début mai et fin juillet, deuxième trimestre de l'exercice décalé du groupe, le résultat net a chuté de 72% à 204 millions de dollars. Le bénéfice ajusté par action, référence aux Etats-Unis, a dépassé d'un cent la prévision moyenne des analystes, à 25 cents. Le chiffre d'affaires pour sa part a stagné à 14,5 milliards de dollars alors que le marché s'attendait à un recul. "Dans un environnement difficile, nous restons engagés envers notre stratégie et nos clients", a commenté dans le communiqué le directeur financier, Brian Gladden, se disant "encouragé" notamment par "la croissance continue de nos activités à destination des entreprises". Cette division, sur laquelle Dell tente de se recentrer pour réduire son exposition au marché en crise des PC, a amélioré son chiffre d'affaires de 8% à 3,3 milliards de dollars et son bénéfice d'exploitation de 9% à 137 millions. La division d'informatique grand public réalise en revanche un chiffre d'affaires en baisse de 5% à 9,1 milliards de dollars. A contre-tendance du marasme sur le marché des PC, Dell a réussi à augmenter ses ventes d'ordinateurs de bureau de 1%, mais sa division "mobilité", qui inclut les ordinateurs portables et les tablettes, accuse un recul de 10%. Dell ne fournit pas de prévision pour la suite de l'année. L'avenir du groupe est actuellement incertain. Son P-DG-fondateur et premier actionnaire Michael Dell veut le racheter intégralement car il espère ainsi pouvoir réorienter plus facilement son activité. Son deuxième actionnaire, l'investisseur Carl Icahn, s'oppose au projet. L'assemblée générale extraordinaire devant permettre de trancher a déjà été reportée à trois reprises et est maintenant programmée pour le 12 septembre. Dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York, l'action Dell s'effritait de 0,11% à 13,69 dollars.
Carl Icahn perd une manche dans sa bataille L'homme d'affaires Carl Icahn a essuyé un revers avec le refus exprimé par un juge d'accélérer l'examen d'une plainte qu'il avait déposée contre Dell dans le cadre de sa campagne visant à bloquer les projets du fondateur du groupe informatique Michael Dell. Le magistrat a refusé d'examiner en urgence la plainte de Carl Icahn qui estime que le groupe a trompé ses actionnaires en acceptant une offre de retrait de cote qu'il juge sous-évaluée. L'homme d'affaires activiste voulait faire capoter l'organisation d'un vote d'actionnaire prévu le 12 septembre prochain. Il souhaite qu'une assemblée générale soit organisée afin d'y plaider sa cause et de débarquer le conseil d'administration du géant de l'informatique. L'objectif de cette campagne est surtout de contraindre Michael Dell et son partenaire, le fonds Silver Lake, à proposer une offre révisée à la hausse. Ce conflit vient brouiller encore l'image d'un groupe qui entendait il y a quelques années encore dominer le monde de l'informatique avant d'être rattrapé par l'effondrement du marché du PC, sévèrement concurrence par celui des tablettes et des Smartphones. Michael Dell, qui selon la légende a fondé le groupe dans sa chambre d'étudiant en 1984, entend retirer l'entreprise de la cote pour la restructurer à l'abri du regard de Wall Street et la transformer en prestataire de services informatiques, à l'instar d'IBM ou de Hewlett-Packard. Face à l'opposition acharnée de Carl Icahn, qui détient 8,9% du capital, il a dû relever son offre par deux fois pour s'assurer du soutien des autres actionnaires. Depuis 2008, Dell a investi quelque 13 milliards de dollars dans sa diversification, via des acquisitions dans les logiciels et les réseaux entre autres. Mais le groupe reste largement tributaire des PC, qui représentent encore la moitié de son chiffre d'affaires. Or le marché mondial des PC décline depuis trois ans et devrait encore reculer de 7% cette année et de 4,5% en 2014, selon les analystes de CLSA. Boston Consulting Group, le cabinet de conseil engagé par le conseil d'administration de Dell pour évaluer l'offre de rachat, estime quant à lui que le chiffre d'affaires du groupe continuera de baisser jusqu'en 2016.