Congrès extraordinaire du FFS: élection des nouveaux membres de l'Instance présidentielle du parti    Afrique: la Covid-19 aggrave la situation des réfugiés menacés par la faim et la malnutrition    FMI: la dette publique mondiale atteindra un pic historique en 2020    FAF-ANEF: quatre conférences en ligne au programme en juillet    Alger: interdiction du transport urbain collectif public et privé durant les week-ends    Covid19: 434 nouveaux cas, 487 guérisons et 8 décès en Algérie durant les dernières 24h    Covid-19: plus de 2.700 artistes ont bénéficié d'une aide financière    Déclarations glorifiant le colonialisme: les Algériens ne doivent "absolument pas tomber" dans le jeu    PRODUITS PHARMACEUTIQUES : L'ARAV prescrit l'arrêt immédiat des campagnes publicitaires    Impact du Covid-19: la presse sportive algérienne touchée de plein fouet    MASCARA : Des terres agricoles détournées de leur vocation    TISSEMSILT : La CNAC à l'écoute des citoyens    MASCARA : Un nouveau directeur à l'hôpital ‘'Yssaad Khaled''    CORONAVIRUS A BECHAR : Des activistes manifestent devant le siège de la wilaya    COVID 19 : Oran sera doté d'un laboratoire d'analyses PCR    Meurtris par le Covid, réprimés par le pouvoir: la double peine des médecins égyptiens    MONTAGE AUTOMOBILE EN ALGERIE : Le ministre de l'Industrie apporte des précisions    DEFENSE : Le général-major Tlemçani à la tête de la 4ème région militaire    RECUPERATION DES RESTES MORTUAIRES : Un pas vers la reconnaissance par la France de ses crimes    Cheb Khaled rêve d'un Maghreb Uni !    Premier League: L'Algérien Mahrez 2e meilleur passeur africain    Covid-19 à Oran : malgré la hausse du nombre des contaminés, les gestes barrières ne sont pas respectés    Libye: reprise de la production et des exportations de pétrole après des mois de blocage    Algérie/France: des avancées sur les questions mémorielles, en dépit de la persistance des voix des nostalgiques de la colonisation    Syrie: l'aide transfrontalière de l'ONU suspendue à une décision russe    La Bourse de Tokyo ouvre en baisse, la résurgence du Covid-19 inquiète    Sétif : protestation des agents de la direction de réalisation des projets de l'ERGR Aurès pour des salaires impayés    Tebboune reçoit un appel téléphonique de Macron    Affaire Tahkout : poursuite au tribunal de Sidi M'hamed des plaidoiries de la défense    APN: Clôture de la session ordinaire 2019-2020    9 juillet 1962    Benrahma et Brentford à deux points des barrages    Chelsea chasse Leicester du podium    Se sauver ou sombrer    Rachad, les harragas et la décennie noire    Le secteur culturel salue l'aide débloquée pour affronter le coronavirus    Voilà que le loup sort du bois    La FAF tranchera le 15 juillet    Colère et consternation    Cafouillage administratif et réunions sans résultat    Perspectives moroses pour l'économie algérienne    Relaxe pour trois activistes du hirak à Béjaïa    Cap sur un nouveau plan de relance    Risque de famine pour 7 millions de personnes en Afrique de l'Est    Plus de 3 000 réfugiés arrivés en Ouganda en trois jours    Me Meftah : "Deux procès contre Hannachi sont programmés pour le 27 juillet"    Libye : Le chef de l'ONU dénonce une «interférence étrangère» sans précédent    Les chouhada sont revenus ce vendredi    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Arctique russe : Un projet gazier géant émerge contre éléments et sanctions
Publié dans Le Maghreb le 12 - 05 - 2015

C'est une vaste étendue blanche de neige et de glace qui s'étend à perte de vue dans l'Arctique russe: la péninsule de Yamal abrite le chantier de l'un des projets gaziers les plus ambitieux de la planète, à l'épreuve des éléments extrêmes et aujourd'hui de la crise ukrainienne.
Dmitri Fonine se souvient de son premier séjour sur le site fin 2012. C'est simple: Il n'y avait rien. Juste la toundra, raconte ce vétéran des projets industriels du Grand Nord russe, aujourd'hui responsable de la construction pour Yamal LNG, complexe gazier chiffré à 27 milliards de dollars construit par le groupe russe Novatek avec le français Total et le chinois CNPC. Le site, à 2.500 kilomètres de Moscou et au nord du cercle arctique, n'était alors qu'un village, Sabetta, servant de base aux géologues et explorateurs, au milieu d'un territoire vierge soumis aux bourrasques glaciales, parcouru par les renards polaires et les ours blancs et privé de tout rayon de soleil pendant un mois en hiver.
Deux ans et demi plus tard, des traces d'activités humaines permettent de distinguer la terre de la mer, couverts de la même couche blanche: là une grue, là un cargo pris dans les glaces. Sabetta accueille un port sur la mer de Kara permettant de recevoir les matériaux de construction, des immeubles d'habitations et depuis février d'un aéroport accueillant des vols réguliers. Quelque 9 000 personnes s'activent avec pour objectif de lancer dès 2017 l'usine de liquéfaction du gaz, d'une capacité très forte de 16,5 millions de tonnes par an destinés à être acheminés par bateau, en grande partie vers le stratégique marché asiatique. En attendant les lignes de production du gaz naturel liquéfié (GNL), deux des quatre réservoirs de stockage -160 000 m3 chacun-- ont été bâtis sur des piliers traversant le permafrost, la couche du sol gelée en permanence. Vous avez de la chance, il fait assez chaud: -10 degrés, mais la moyenne en hiver c'est -30 et le minimum qu'on ait eu c'est -56, ironise Rouslan Mikhaïlov, capitaine du brise-glace Tor qui manoeuvre tous les jours pour rendre les eaux du port navigables.

Objectif Asie
Si la Russie s'est lancée dans un projet si difficile et coûteux alors qu'elle produit bien assez de gaz pour ses besoins et ceux de ses clients européens, c'est que Yamal répond à un impératif stratégique. Il doit permettre au pays de diversifier ses exportations d'hydrocarbures vers l'Asie, une nécessité apparue avec la crise économique en Europe et renforcée par les tensions croissantes avec les Occidentaux.
Avant même que Moscou ne signe un contrat inédit avec la Chine pour l'alimenter par gazoduc à partir de 2018, Novatek obtenait le droit d'exporter du GNL et l'entrée du chinois CNPC au capital de Yamal LNG au même niveau que Total (20%).
On pourra alimenter le marché européen et le marché asiatique, a souligné le nouveau directeur de Total, Patrick Pouyanné, lors d'une récente visite sur le site, évoquant une nouvelle base de croissance pour son entreprise qui a parié gros sur la Russie où est mort l'an dernier son ancien patron Christophe de Margerie dans un crash.
Mais la donne a changé avec la crise ukrainienne. A la mi-juillet, les Etats-Unis, qui accusent Moscou d'envoyer des troupes soutenir les séparatistes de l'Est de l'Ukraine, ont décidé d'ajouter Novatek à leur liste noire d'entités sanctionnées.

Projet privé de dollars
Conséquence: les sources de financement en dollars se sont brusquement fermées pour Yamal LNG alors qu'il reste 18 milliards de dollars à investir et que la chute des cours du pétrole réduit les revenus du secteur. Le projet n'est pourtant pas directement soumis aux sanctions, contrairement à d'autres chantiers pétroliers dans l'Arctique russe.
Pour compenser, Total a récemment indiqué chercher à lever 10 à 15 milliards de dollars auprès d'investisseurs chinois.
Sans les sanctions, le financement serait déjà bouclé, soyons clairs, a reconnu M. Pouyanné sur le site, disant espérer aboutir prochainement. C'est une question de semaines.
L'Etat russe a décidé d'accorder des crédits à long terme pour un total de 150 milliards de roubles (2,7 milliards d'euros) dont la moitié a déjà été versée.
Au-delà, les sous-traitants et les fournisseurs, souffrent des sanctions, a relevé le président du conseil d'administration de Novatek, Leonid Mikhelson. Des difficultés techniques apparaissent avec les monnaies mais elles sont surmontables.
Un cadre d'une entreprise européenne présente sur le chantier confirme: Les banques prennent du temps pour vérifier qu'on ne viole pas les sanctions, et on se demande si elles seront renforcées. Cela crée du stress.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.