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Grèce : L'Europe suspendue au verdict des urnes a Athènes
Publié dans Le Maghreb le 06 - 07 - 2015

"Personne ne peut ignorer le message de détermination d'un peuple à prendre son destin entre ses mains", a lancé hier matin à Athènes le Premier ministre grec Alexis Tsipras, après avoir voté. L'Europe attend avec appréhension le résultat du référendum en Grèce.
Décidé à chasser l'anxiété des indécis (plus de 10% des électeurs), M. Tsipras est arrivé au bureau de vote détendu et souriant, vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon gris. Sur son passage, de nombreuses personnes criaient "oxi" (non), en signe d'encouragement.
Le Premier ministre a plaisanté avec les photographes présents, les ravissant en finissant de cacheter son enveloppe hors de l'isoloir, et posant quelques instants, hilare, avant de lâcher le bulletin dans l'urne, qu'il a ensuite tapotée par deux fois.
M. Tsipras a tenté de faire passer aux électeurs son propre "optimisme". Il s'est dit "confiant que demain, nous ouvrirons un chemin pour tous les peuples d'Europe, une voie de retour aux valeurs fondatrices de la démocratie et de la solidarité en Europe, en envoyant un message fort de volonté non seulement de rester en Europe mais de vivre avec dignité en Europe", a-t-il déclaré, avant de rajouter: "aujourd'hui est un jour de fête et de joie".
Près de dix millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Les bureaux de vote fermaient à 19h00. Les premières projections officielles devaient être disponibles dès 21h00.

Au coude-à-coude
A l'aube, devant le bureau de la rue Skoufa à Athènes, ils étaient une douzaine à patienter avant l'ouverture des urnes. Michelis, 80 ans, allait voter non, "pour mes petits-enfants parce que c'est mieux pour le pays". Ainsi, "ils nous prendront plus au sérieux", expliquait-il, parlant des créanciers du pays.
Près de lui, Theodora, 61 ans, une ancienne journaliste, "priait à genoux pour le oui" et était "plus qu'en colère contre le gouvernement". Les quatre derniers sondages publiés ne promettent un triomphe à personne. Trois donnent l'avantage au oui, un au non, mais avec des avances respectives de 1,4 point tout au plus.

Attachés à l'euro
Cette consultation porte sur les dernières propositions faites à Athènes par les créanciers (Banque centrale européenne, UE et Fonds monétaire international). Il est demandé aux Grecs de dire s'ils acceptent le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la BCE et le FMI lors de l'Eurogroupe du 25 juin dernier.
Selon un sondage paru vendredi, 74% des Grecs se disent attachés à l'euro comme monnaie, contre 15% qui reviendraient bien à la drachme. Samedi, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a dit que dès lundi "on aurait un accord", indépendamment du résultat. Mais si le oui l'emporte, M. Varoufakis pourrait démissionner.

Varoufakis accuse les créanciers de terrorisme
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a accusé samedi les créanciers du pays de terrorisme et de vouloir humilier les Grecs, qui se prononceront lors du référendum de dimanche sur leurs dernières propositions de réformes.
Ce qu'ils font avec la Grèce a un nom: terrorisme, accuse Yanis Varoufakis, connu pour sa liberté de ton, dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo.
Pourquoi est-ce qu'ils nous ont forcés à fermer les banques ? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s'agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme, développe le ministre en parlant de la politique menée par les créanciers d'Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne.
Faute d'être parvenu à un accord avec les créanciers sur une prolongation d'un programme d'aide financière au-delà du 30 juin, le gouvernement de gauche radicale grec a annoncé la fermeture des banques et le contrôle des capitaux jusqu'au 6 juillet.
Quel que soit le résultat du référendum de dimanche -le Premier ministre Alexis Tsipras appelle à voter non, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker oui- les banques du pays rouvriront et il y aura un accord avec les créanciers, assure Yanis Varoufakis.
Quel que soit le résultat du référendum, le lundi il y aura un accord, j'en suis complètement et absolument convaincu. L'Europe a besoin d'un accord, la Grèce a besoin d'un accord, de sorte que nous arriverons à un accord.
Pour le ministre des Finances, qui répète qu'en cas de victoire du oui il démissionnera, aujourd'hui ce que veulent Bruxelles et la troïka, c'est que le oui gagne pour pouvoir ainsi humilier les Grecs.
Il accuse aussi ses opposants de vouloir faire de la Grèce un exemple pour les autres à l'heure où en Espagne le parti de gauche radicale Podemos, allié du grec Syriza, gagne en force à l'approche d'élections législatives.
Je crois que dans toute l'Europe il y a besoin de partis comme Syriza et Podemos, des partis à la fois critiques à l'égard du système mais en même temps pro-européens et démocrates. Ceux qui nous détestent veulent nous faire passer pour anti-européens, mais non, ce n'est pas vrai, nous ne le sommes pas.

Athènes ne veut "aucun programme de réforme", affirme Schäuble
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé dans un entretien à un journal allemand publié samedi que l'échec des négociations avec le gouvernement grec était "prévisible". Athènes "ne veut aucun programme de réformes", a-t-il lancé.
"Quand on connaissait les données économiques et que l'on prenait au sérieux les déclarations d'Alexis Tsipras avant et après (son élection au début de l'année), alors on pouvait savoir que le gouvernement grec ne veut aucun programme de réformes", a déclaré dans Bild M. Schäuble, notoirement peu enclin à la mansuétude envers Athènes.
"C'est pourquoi j'étais dès le début très sceptique quant à un résultat des discussions avec le gouvernement d'Athènes. Que ce scepticisme soit finalement confirmé, ne m'étonne pas vraiment", a poursuivi le grand argentier allemand.

Nous n'abandonnerons pas les Grecs
"Que ce soit avec l'euro ou momentanément sans: seuls les Grecs peuvent répondre à cette question", a encore prévenu le ministre des finances de la chancelière Angela Merkel à moins de 48 heures du référendum grec. "Et une chose est claire: nous n'abandonnerons pas les gens en Grèce", a-t-il ajouté.
M. Schäuble a encore jugé "relativement faible" pour les autres banques européennes le "danger de contagion" pouvant émaner des établissements bancaires. "Les banques sont fermées pour le moment" et le système de surveillance bancaire européen "observe la situation", a-t-il noté.
"Les marchés ont déjà réagi de façon très prudente ces derniers jours. Cela montre que le problème est maîtrisable", a-t-il estimé.
Le président de l'association des banques grecques a qualifié vendredi soir de "sans fondement" les informations du Financial Times faisant état d'un projet de renflouement des institutions bancaires par une taxation des dépôts. "Il n'existe aucun scénario de ce type dans aucune banque grecque, pas même au titre d'exercice sur le papier", a-t-il ajouté.

Electeurs attachés à l'euro
Mais l'établissement forcé d'un contrôle du crédit pour faire face à un début de panique bancaire et les discours des créanciers ont convaincu les Grecs que l'enjeu était bien, comme les créanciers le disent, la sortie de l'euro. Selon Alco, 74 % d'entre eux sont attachés à cette devise, contre 15 % qui veulent revenir à la monnaie nationale.
"Si les Grecs votent non, la position grecque sera considérablement affaiblie", a à nouveau mis en garde le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Le président du Conseil européen Donald Tusk a lui relativisé, conseillant d'éviter les "messages dramatiques".
Dans l'après-midi, le Conseil d'Etat, plus haute autorité administrative grecque, a débouté un recours contre le référendum.

Appel récent par le FMI
M. Tsipras a fait une courte intervention à la télévision pour réclamer une baisse de 30 % du montant de la dette grecque et "un délai de grâce" de 20 ans pour son remboursement.
Il s'appuie sur un allié de poids, le Fonds monétaire international (FMI) lui-même, qui a jeudi justement publié un rapport explosif appelant les Européens à de gros efforts sur la dette grecque (176 % du PIB), dont ceux-ci ne veulent pour l'instant pas entendre parler.

Un peuple partagé
Les Grecs tiraillés entre fatigue de la rigueur et attachement à l'Europe se préparent à un référendum crucial dimanche. Son résultat est imprévisible et sera lourd de conséquences pour leur avenir dans la zone euro et la survie du gouvernement de gauche radicale.
La campagne pour le vote de dimanche, aussi brève qu'exaltée chez les partisans du oui et du non au coude à coude dans les sondages, a laissé place à l'attente samedi, quelques heures après les mobilisations massives de chaque camp dans le centre d'Athènes.
L'économie est au ralenti depuis la fermeture des banques lundi et l'imposition d'un strict contrôle des capitaux, prévu jusqu'au surlendemain du référendum. Le gouvernement du premier ministre Alexis Tsipras tente de couvrir les voix qui s'inquiètent du risque de prolongement de ces dispositions inédites, ou d'une escalade des restrictions.

Sondages très serrés
Les supporteurs du "Nai" (oui) étaient presque aussi nombreux, selon la police. Ils étaient rassemblés de l'autre côté du parlement, devant le stade de marbre des Jeux Olympiques de 1896, noyés sous les drapeaux grecs et les bannières bleues à étoiles de l'Union Européenne.
Dans les intentions de vote, ces derniers sont donnés gagnants d'une courte tête: sur les quatre ultimes sondages publiés, trois donnent l'avantage au oui avec une faible avance de 0,4 à 0,6 point, alors qu'un sondage place le non en tête de 0,5 points. Le pourcentage d'indécis reste élevé, à l'image des tiraillements de la société grecque face au choix qui porte autant sur l'avenir des relations du pays avec la zone euro que sur la stabilité du gouvernement.

Rumeur malveillante
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a qualifié vendredi soir de rumeur malveillante un article du Financial Times selon lequel les épargnants grecs pourraient se voir prélever 30% de leurs dépôts pour renflouer les banques du pays.
L'article du Financial Times sur une éventuelle opération de ce genre est une rumeur malveillante que le chef de l'Association des banques grecques a démentie ce matin, a écrit M. Varoufakis sur son compte Twitter.
Le quotidien économique britannique, se référant à des banquiers et des hommes d'affaires non identifiés, a annoncé que les Grecs ayant plus de 8.000 euros sur leur compte bancaire pourraient subir un prélèvement de 30%, dont le produit servirait à stabiliser le secteur financier du pays.
Cela aurait lieu dans le cadre d'une restructuration complète du secteur bancaire une fois que la Grèce aurait de nouveau un programme d'aide, a déclaré une des sources citées par le Financial Times.
La plupart des banques grecques sont fermées depuis lundi et jusqu'à mardi prochain dans le cadre d'un contrôle des capitaux.
Les Grecs doivent se prononcer dimanche lors d'un référendum sur les nouvelles mesures d'austérité que les créanciers de la Grèce - la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) - veulent lui imposer en échange de leur soutien.
Dans un communiqué, le président de l'Autorité bancaire européenne (EBA) - chargée de bâtir les outils de la régulation, basée à Londres - a assuré ne pas être au courant de plans visant à introduire des décotes sur les dépôts de détail des banques grecques, et douter fortement que toute autorité ou organisme public de l'UE puissent envisager cette option, qui violerait les règles européennes


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