Partant des besoins de consommation de la population et des secteurs prioritaires comme l'industrie, l'agriculture, les TIC, le tourisme, l'hydraulique, les infrastructures et l'habitat et au regard des objectifs d'emplois et de relève des hydrocarbures dans un contexte de ressources financières limitées et de crise mondiale, il apparait nécessaire pour le gouvernement d'ajuster, à la lumière des enseignements tirés des derniers développements économiques, toute la stratégie industrielle sans que soit remis en cause les objectifs assignés à ce secteur à savoir l'élargissement et l'organisation de la base productive de l'économie nationale afin que puisse être maintenu le plus parfaitement possible le stade de la croissance et du plein emploi, avec répartition équitable du revenu national ; achèvement de l'indépendance économique, ce qui implique que le pays doit compter d'abord sur ses propres moyens pour assurer son développement, tout en élargissant et en diversifiant ses relations économiques internationales, approfondissement de la démocratie économique, c'est-à-dire renforcement de la décentralisation et de la décision économique et du développement. Dans ce cadre, le redéploiement du secteur de l'industrie comme activité de soutien des secteurs prioritaires, dans un contexte de crise mondiale gonflée par la poursuite de la chute des prix du baril de pétrole qui va en s'aggravant, de croissance démographique accélérée et de baisse des recettes d'exportation en perspective évidente n'est pas sans difficulté pour le pays. Pour s'y faire, une industrie diversifiée et intégrée, au service de l'économie et de la population exige, pour être efficace et pour répondre à la crise actuelle que traverse le pays sur le plan économique et financier, non pas des aménagements mais des mesures strictes internes dont ses grandes lignes : le rythme de développement doit être réaliste ; il doit tenir compte, d'une part, des contraintes des ressources nationales et des capacités d'absorption de l'économie et, d'autre part, de la nécessité de satisfaire les besoins de la population et de créer des emplois, c'est-à-dire faire dans un processus de financement des besoins de l'économie tant internes qu'externes en dehors de la rente pétrolière, mais par les autres secteurs porteurs de la production nationale. Encore faudrait-il accorder une conception accordant une place particulière au développement intensif du potentiel existant et futur. En un mot, toute la réserve de productivité doit être exploitée, mieux encore, la rigueur dans l'exploitation et dans la gestion doit être de règle, car l'utilisation maximale des capacités existantes est un impératif et constitue un préalable à toute extension de ces mêmes objectifs. Dans cette perspective, le renforcement et l'utilisation intensive des moyens nationaux d'engineering est la condition nécessaire pour la réalisation d'intégration, de maitrise de la technologie, de développement autocentré et d'indépendance économique. Ainsi, les projets d'investissement permettant une plus grande intégration nationale doivent être privilégiés, mais aussi une maturation préalable des investissements avant leur réalisation est dans tous les cas une exigence économique dans le but d'assurer richesses et création d'emplois. Il faut également que le mode de réalisation ainsi que la technologie doivent être adaptés aux besoins et aux contraintes en tenant compte des considérations sociales et culturelles. En définitive, le renouveau industriel devra se fondre sur des valeurs fondamentales telles que le progrès et la justice sociale, l'indépendance nationale, l'esprit d'initiative, d'innovation et de compétitivité. Ce sont en dernier ressort ces valeurs qui structurent et renforcent la cohésion du consensus social sans lequel aucune œuvre n'est possible. En d'autres termes, le moment est propice pour que le pays rassemble toutes ses forces et ses atouts pour faire face aux défis actuels de son développement, de dresser un panorama ample et dûment fiable, transparent de la situation macro-économique et macro-sociale telle qu'elle apparait en ce début de crise économique et financière, d'aller vers des mécanismes et des mesures approfondis sur les causes, facteurs et conditions éclairant toute la persistance des problèmes et contraintes de développement que la montée de nouvelles difficultés accompagne cette crise.