Comment gérer la conduite d'un processus de transition dans le cadre d'une cohabitation ? Certains diraient que la cohabitation avait commencé avec la coalition transformée par la suite en alliance. Mais, dans ce cas précis, il ne s'agit pas d'une cohabitation car le gouvernement s'est engagé à appliquer le programme du Président. Au sein de l'alliance, peut être pourrions-nous parler d'une co- existence et d'une entente à minima sur une partie du programme dans sa partie technique, ce qui se traduit par l'octroi au parti islamiste HMS uniquement des postes techniques. La construction de l'autoroute n'a pas de couleur idéologique. Il s'agit bien d'un processus de transition car l'Algérie n'est pour le moment ni une démocratie, ni une théocratie, ni une franche dictature. Que veut-elle devenir alors ? Que peut-elle devenir ? Entre le vouloir et le pouvoir, il y a plusieurs courants qui peuvent se neutraliser. Démocratie impossible (démocratie résonne " laïcité ") , car les islamistes sont disponibles à en contrarier le cours . Théocratie impossible car les démocrates sont là pour la rejeter. Mathématiquement, on voit qu'il y a plusieurs destinations, plusieurs " possibles ", mais également plusieurs incertitudes.De ces incertitudes, ne peuvent en découler que des déstabilisations génératrices d'insécurités, alors que les insécurités génèrent des instabilités. La boucle est ainsi bouclée. Des hommes politiques appuyant le pouvoir observent avec inquié- tude que le champ politique risque de générer de nouvelles menaces, pour ce qui les concerne et pas pour leurs partis. Ces incertitudes amusent les vrais opposants, lesquels n'ont rien à en perdre. Si le pouvoir maintient l'unilatéralisme et l'opposition le sien, c'est l'Algérie qui subira les menaces et non les hommes politiques dont la plupart ont préparé les conditions de leur exil. Nous sommes dans une impasse politique qui ne correspond pas à ce qui est compris de ce concept. On appelle impasse politique une situation d'impossible fonctionnement constitutionnel de l'Etat et même de tenue des élections. C'est ce que répète Ouyahia et même à plusieurs reprises.