Prolongation, reconduction du système politique puisque le FLN est encore là, dans l'esprit de ceux qui décident, dans les rapports de force qui ne cadrent pas avec les rapports d'opinion ou alors totale rupture tout en sachant cependant que celle-ci serait porteuse d'incertitude et d'insécurité, car cela supposerait l'ouverture d'une ère nouvelle aux variables probablement non maîtrisables ? Pour le moment, rien n'est apparent. Recomposition au sein du pouvoir ? Mais peut-on parler du pouvoir sans en cerner les contours ? Le RND était-il au pouvoir tout simplement parce que son SG était plusieurs fois chef de gouvernement ? Même question pour le FLN. Ces partis étaient-ils plutôt des faire-valoir, des instruments d'exécution que des sources ou des centres de pouvoir ? Un pouvoir ou des pouvoirs ? Pourquoi l'ancien chef de gouvernement avait-il tenu à déclarer qu'il s'agit d'un échec collectif ? Il avait assumé l'échec et l'avait imputé à tous ses partenaires de façon solidaire et responsable. Des implications s'en étaient suivies. HMS demande pardon au peuple pour avoir participé à un échec. Le Premier ministre relève des insuffisances. Une recomposition politique, dans quel sens et dans quel camp ? Y a-t-il une nouvelle configuration politique pour le moment. Quels équilibres en mesure de réunir les conditions d'une vraie sortie de crise ? Une crise des perceptions du fait que les mêmes concepts n'ont pas les mêmes explications? Lorsque l'alliance avait verrouillé l'entrée à son élargissement, elle pensait à tort qu'elle seule voulait et pouvait sortir le pays de la crise. Elle voulait faire croire que l'opposition voulait davantage enfoncer le pays dans la crise. Par le biais du FLN, elle voulait exercer le monopole sur le nationalisme, sur le patriotisme même. Il n'en restait même pas des miettes pour les autres partis. Par le biais du HMS, elle pensait pouvoir exercer le monopole sur l'islamisme et se le faire valider sur le plan international puisque ce parti allié fait partie de l'international islamiste. Par le biais du RND, elle pensait pouvoir s'approprier l'administration et perturber les oppositions dans leur conception de la démocratie. Alors, les partis du (au ?) pouvoir pensaient que ce serait un facteur contributif à la sortie de crise que l'opposition soit réduite à sa plus simple expression jusqu'à ce qu'elle devienne irréversiblement impuissante législativement parlant. Nous avons l'habitude de constater un rapprochement des positions au point de réduire les distances politiques entre les partis quand il s'agit de s'allier autour du pouvoir alors que bien au contraire les partis d'une opposition d'ailleurs non monolithique ne s'allient jamais quand il s'agit de conquérir le pouvoir. Bien entendu, des études approfondies sur le comportement des partis dans le champ politique ne font, hélas !, pas partie de nos traditions. Il en est ainsi autant des approches politiques que des approches sociologiques, et plus particulièrement ces dernières. Les sciences sociales sont depuis longtemps considérées comme des sciences de la subversion. Il semble n'y avoir ni une nouvelle visibilité, ni une nouvelle lisibilité, ni une sortie des impasses, des incertitudes et des insécurités malgré que les mêmes configurations politiques soient reconduites au sein de l'APN en termes de rapports de force. L'opposition existe-t-elle encore en termes de force politique ? Force, non.