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Libye : L'offensive sur Tripoli du maréchal Haftar, un important revers pour Paris
Publié dans Le Maghreb le 11 - 04 - 2019

L'offensive sur Tripoli des troupes du maréchal Khalifa Haftar est un "important revers" pour Paris, a estimé lundi le quotidien du soir Le Monde, soulignant l'embarras de la France dans cette nouvelle crise libyenne.

"L'offensive sur Tripoli du maréchal Khalifa Haftar, chef de l'Armée nationale libyenne, donne un sérieux coup au processus politique porté par l'émissaire spécial des Nations unies, Ghassan Salamé", a-t-il écrit, ajoutant qu'elle "représente un important revers pour Paris, la capitale la plus engagée pour une solution négociée de la crise libyenne". La France avait réuni à Paris, en mai 2018, dans une conférence internationale, sous l'égide de l'Onu, les principaux responsables libyens voulant faire de cette conférence comme une nouvelle étape dans le processus de dialogue pour sortir de la crise libyenne. A l'issue de cette conférence, rappelle-t-on, les responsables libyens s'étaient engagés à organiser des élections législatives et présidentielle en décembre 2018, une annonce qui est restée lettre morte. En juillet 2017, le président Emmanuel Macron avait réuni également à Paris les deux protagonistes le président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar. Pour Le Monde, "c'est en effet en bonne partie grâce aux autorités françaises que l'homme fort de l'est du pays ( ) avait réussi à se crédibiliser comme un protagoniste incontournable de la crise libyenne", indiquant que les médias libyens soutenant le gouvernement de Fayez al-Sarraj avaient évoqué "l'irritation de ce dernier face à ce qu'il considère être le soutien français au maréchal". "Paris réfute de telles accusations et affiche son soutien à la médiation de l'ONU en Libye, comme l'a fait Emmanuel Macron, le 6 avril, en s'entretenant avec le secrétaire général, Antonio Guterres, de retour de Tripoli", a ajouté le journal. "Bon connaisseur du dossier libyen, Jean- Yves Le Drian n'a jamais dévié de cette ligne, considérant qu'Haftar était +une réalité de terrain+ et donc incontournable sur le terrain. Il en a convaincu le chef de l'Etat, qui, dès juillet 2017, s'est lancé dans une médiation à chaud sur la Libye, organisant à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines) la première rencontre 'pour une réconciliation' nationale entre Sarraj et Haftar", rappelle le quotidien. "Lorsqu'il était ministre de la Défense de François Hollande, poursuit Le Monde, M. Le Drian prônait une coopération avec le maréchal Haftar, ce dernier étant soutenu par l'Egypte, la Russie et les Emirats arabes unis, pour combattre le terrorisme", indiquant que cela se faisait, au besoin, "à travers l'apport discret d'équipes des services français sur place, qui a suscité des polémiques".

L'ONU réitère son appel pour une trêve humanitaire
Les Nations unies ont exhorté lundi toutes les parties en conflit en Libye à respecter leurs obligations en matière de droit international humanitaire et de droits de l'Homme afin d'épargner les civils. En Libye, l'escalade des violences se poursuit et la situation humanitaire se détériore. "Les violences à Tripoli et autour de la capitale libyenne ont déplacé plus de 2.800 personnes et empêchent l'aide humanitaire d'atteindre les civils et les personnes blessées", a déploré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans le pays. La Coordinatrice humanitaire en Libye, Maria Ribeiro, a rappelé à toutes les parties leurs obligations de garantir la sécurité de toutes les personnes et infrastructures civiles - notamment les écoles, les hôpitaux - et de permettre un accès humanitaire sans entrave. Les Nations unies maintiennent leur appel pour une trêve humanitaire temporaire, afin de permettre l'acheminement d'une aide d'urgence et aux civils qui le souhaitent de pouvoir quitter les zones de conflit. La communauté humanitaire en Libye a déclenché son programme de réponse humanitaire d'urgence pour aider les civils dans le besoin. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit préoccupé par la sécurité des milliers de réfugiés et migrants qui sont détenus en Libye. Ces derniers sont détenus dans des centres situés dans des zones de conflit et courent le risque d'être pris dans des tirs croisés. Le HCR appelle les parties à assurer leur sécurité et leur protection. En déplacement en Libye jeudi dernier, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était dit "choqué et ému" par les souffrances et le désespoir qu'il avait pu constater lors d'une visite d'un centre de détention de réfugiés et migrants.

Poursuite des combats et appels à un règlement pacifique
Les affrontements armés en Libye entre les troupes du maréchal Khalifa Haftar et les forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) se poursuivaient lundi après cinq jours de combats intenses pour empêcher les troupes du maréchal Khalifa Haftar d'avancer vers Tripoli.
Les hostilités menées par Haftar visent à prendre possession de la capitale où siège le GNA, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale qui appelle à la retenue et un règlement pacifique de la crise.
La Libye qui peine à sortir de cette crise politique depuis la chute de Mouammar el Guedafi en 2011, est aujourd'hui le théâtre d'une lutte violente. Si un gouvernement d'union nationale a été proclamé et installé en 2015 à Tripoli, l'Est est depuis des années aux mains d'une force paramilitaire conduite par le Maréchal Haftar.
En effet, depuis le 4 avril, une vaste offensive visant à conquérir la capitale a été lancée par le maréchal Haftar, qui se retrouve aujourd'hui aux portes de Tripoli au terme de combats sanglants qui ont fait 32 morts et une cinquantaine de blessés selon un bilan du ministère de la Santé du GNA. Cette offensive intervient, alors que le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres effectuait une visite dans le pays et à quelques jours de la tenue d'une Conférence nationale sous l'égide de l'ONU (14-16 avril), pour dresser une "feuille de route" visant à sortir le pays du conflit auquel il fait face depuis 2011. Le président du Conseil présidentiel du GNA Fayez al Sarraj, soutenu par l'ONU, a accusé le maréchal Haftar d'oeuvrer à "saper le processus politique" pour plonger le pays dans un cycle de violence et de guerre destructrice". Une situation qui a poussé la communauté internationale à multiplier les appels au calme. "Nous avons tendu nos mains vers la paix mais après l'agression qui a eu lieu de la part des forces appartenant à Haftar et sa déclaration de guerre contre nos villes et notre capitale (...), il ne trouvera que force et fermeté", a prévenu M. Al-Sarraj. Néanmoins, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a déclaré que la conférence nationale prévue en avril en Libye serait maintenue, malgré l'assaut lancé par le maréchal Khalifa Haftar pour s'emparer de la capitale Tripoli.
"Nous sommes déterminés à organiser" cette conférence inter-libyenne "à la date prévue", du 14 au 16 avril, "sauf si des circonstances majeures nous en empêchent", a-t-il dit, affirmant le soutien de l'ONU au peuple libyen pour assurer le succès du processus politique, loin de toute escalade.

Préoccupée, la communauté internationale appelle à la retenue
M. Guterres a achevé vendredi une visite en Libye, sa première depuis sa nomination à son poste en 2016, sur une note de "profonde inquiétude et un cœur lourd", avait-il dit en quittant Benghazi, "espérant toujours qu'il est possible d'éviter une confrontation sanglante à Tripoli et dans ses environs".
L'Algérie a dit suivre avec une "extrême préoccupation" les derniers développements intervenus en Libye et appelle toutes les parties à "la retenue", estimant que toute "escalade militaire est de nature à compromettre les efforts en cours".
En outre, la mission de l'ONU en Libye (Manul) avait précédemment lancé un "appel urgent" à une trêve de deux heures dimanche dans la banlieue sud de Tripoli pour permettre l'évacuation des blessés et des civils face à l'escalade militaire.
Dans le même temps, la communauté internationale a multiplié les appels à Khalifa Haftar pour que ses forces cessent leur offensive vers Tripoli.
Lors du G7, les ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (G7) ont "exhorté" tous les acteurs à stopper "immédiatement" tous "les mouvements militaires vers Tripoli, qui entravent les perspectives du processus politique mené par les Nations unies".
Les Etats-Unis se sont dit "profondément préoccupés" par les combats et ont appelé à l'arrêt immédiat" de l'offensive lancée vers la capitale libyenne par le maréchal Khalifa Haftar, a déclaré dimanche le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.
De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé à un règlement pacifique la crise politico-militaire qui déchire actuellement la Libye, exhortant Conseil de sécurité de l'Onu à initier des dialogues entre les partis rivaux libyens. Le Secrétaire général de la Ligue arabe (LA), Ahmed Aboul-Gheit, a lui, demandé à l'ensemble des parties libyennes de faire preuve de retenue et de désamorcer immédiatement la situation militaire dans les régions occidentales du pays et à considérer la voie politique comme la seule solution à la crise libyenne. Avant la Russie, Washington, Paris, Londres, Rome et Abou Dhabi ont appelé les protagonistes libyens à faire baisser les tensions et à trouver une solution politique. Le Canada et la Tunisie, pays voisin de la Libye, ont aussi exprimé leurs inquiétudes.

Aboul Gheit et un haut responsable libyen discutent des derniers développements en Libye
Le secrétaire général de la Ligue arabe (LA) Ahmed Aboul Gheit s'est entretenu lundi au Caire avec le président de la Chambre des représentants de Libye, Agila Saleh, au sujet des derniers développements politiques et sécuritaires dans le pays. "Les discussions ont porté sur les moyens de mettre fin à la crise libyenne par le biais du processus de transition démocratique", a déclaré Mahmoud Afifi, porte-parole du chef de la Ligue Arabe, dans un communiqué. "Le dialogue entre les factions libyennes est le seul moyen de parvenir à une solution pacifique à la crise", a ajouté le porte-parole. M. Aboul Gheit a mis l'accent sur les efforts de la Ligue Arabe pour préserver l'intégrité territoriale de la Libye ainsi que son unité nationale.
La Libye s'efforce de réaliser une transition démocratique dans un climat d'insécurité et de chaos depuis la chute du régime de Maamar El-Gueddafi en 2011. Le pays est politiquement divisé entre les gouvernements de l'ouest et de l'est.

La Conférence nationale reportée en raison des affrontements
Le représentant des Nations Unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a annoncé mardi que la Conférence nationale libyenne serait reportée en raison de l'offensive qui se déroule actuellement à Tripoli. "Nous ne pouvons pas demander aux gens de participer à la conférence sur fond de coups de feu et de frappes aériennes", a déclaré M. Salamé dans un communiqué dans lequel il condamne également l'attaque par les troupes armées du maréchal Haftar contre le seul aéroport civil dans le pays. Le représentant spécial a précisé que l'ONU avait décidé de ne pas se précipiter et d'agir avec "prudence et responsabilité" face aux affrontements, "afin de ne pas gaspiller les opportunités historiques disponibles", alors que le secrétaire général de l'ONU continue d'appeler les parties en Libye à mettre fin aux opérations militaires. M. Salamé a néanmoins souligné que la réunion, prévue pour la semaine prochaine, aurait lieu "dans les meilleurs délais". L'armée dirigée par le maréchal Haftar, alliée au gouvernement basé dans l'est du pays, a lancé jeudi une offensive visant à prendre le contrôle de l'ouest de la Libye, et notamment de Tripoli, la capitale du pays, où se trouve le gouvernement soutenu par l'ONU. Les forces gouvernementales de Tripoli ont immédiatement riposté à cette attaque.
La Libye, un pays d'Afrique du Nord confronté à de profondes divisions politiques, peine à accomplir sa transition démocratique, et reste en proie au chaos et aux violences depuis la chute du régime de l'ancien dirigeant Mouammar el Gadhafi en 2011.


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