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«Mon prochain roman est fait de nuages»
Publié dans Le Midi Libre le 07 - 12 - 2009

Nous l'avons rencontré lors de sa dernière vente-dédicace à la Librairie générale d'El-Biar. Très entouré par ses lecteurs, il nous a accordé un entretien où il annonce la teneur de son prochain ouvrage et son retour à l'université.
Nous l'avons rencontré lors de sa dernière vente-dédicace à la Librairie générale d'El-Biar. Très entouré par ses lecteurs, il nous a accordé un entretien où il annonce la teneur de son prochain ouvrage et son retour à l'université.
Midi Libre : «Dans quelle langue pensez-vous avant d'écrire ? Etes-vous dans un processus de traduction permanent ?»
Amine Zaoui : Ce n'est pas un processus de traduction. Je rêve et je pense dans la langue de ma mère qui est la langue algérienne. Cette langue maternelle est poétique, c'est celle du conte, elle est riche. Je ne ressens pas d'obstacle pour passer de cette langue à l'officielle. Il existe la même distance entre cette langue et la langue arabe ou française. Tout est dans la façon de traduire. Nous métamorphosons cette langue. J'appartiens à l'imaginaire méditerranéen très complexe et chargé de cultures : berbère, arabe, ibérique, turque, etc. Le Bassin méditerranéen est un bassin de cultures, de symboles, d'imaginaires. On y passe d'une langue à l'autre comme d'une rive à l'autre. Le problème n'est pas du tout dans la langue. Mais dans la façon de rendre cette langue poétique. Le dialecte est poétique, si on a le secret de cette langue, on sait lui rendre ce caractère. Benguitoune et les autres du chiâar el malhoun excellaient dans cet art. Il y a avait également de belles choses dans le cinéma algérien des années 70. On y parlait une langue de la famille qui est différente de celle de la rue. C'est cette langue qu'il faut rechercher. Et c'est à l'auteur de la rendre textuelle, poétique, porteuse de message.
Etes-vous berbérophone ?
Mes parents parlent tachelhit que je comprends très bien sans le parler.
Est-ce que l'arabe algérien est une traduction littérale du berbère ?
Il y a un lexique commun au berbère et à l'arabe algérien. Mais depuis Mohand O'Mhand, il n'y a plus eu de travail sur la langue berbère. Bien sûr, il y a quelques beaux ouvrages en berbère mais cela reste des cas individuels, isolés.
Comment se déclenche chez vous le mécanisme de l'écriture,
C'est difficile de répondre. Parfois cela se fait à partir d'une phrase, d'un morceau de musique, d'un conte, d'un tableau de peinture ou d'un voyage… Souvent, la nature me donne des idées. Je prépare un nouveau texte sur les nuages.
J'aime bien regarder le ciel. Il est vivant, pas du tout inerte. Et j'y vois des femmes, des êtres humains, des animaux. Mon prochain texte est tissé de cela. J'écris avec plaisir. Je ne crois pas que l'écriture est un acte professionnel. Je me veux toujours amateur. Cela donne de l'énergie de rester dans la spontanéité. J'ai du plaisir à déguster des phrases, des expressions, des images. D'ailleurs j'écris encore à la main.
Que faites-vous actuellement sur le plan professionnel ? Vous êtes devenu chroniqueur ?
Oui je suis chroniqueur. (Rires). En fait, à partir de janvier, je retourne à mon département universitaire. Je suis professeur de traduction.
Midi Libre : «Dans quelle langue pensez-vous avant d'écrire ? Etes-vous dans un processus de traduction permanent ?»
Amine Zaoui : Ce n'est pas un processus de traduction. Je rêve et je pense dans la langue de ma mère qui est la langue algérienne. Cette langue maternelle est poétique, c'est celle du conte, elle est riche. Je ne ressens pas d'obstacle pour passer de cette langue à l'officielle. Il existe la même distance entre cette langue et la langue arabe ou française. Tout est dans la façon de traduire. Nous métamorphosons cette langue. J'appartiens à l'imaginaire méditerranéen très complexe et chargé de cultures : berbère, arabe, ibérique, turque, etc. Le Bassin méditerranéen est un bassin de cultures, de symboles, d'imaginaires. On y passe d'une langue à l'autre comme d'une rive à l'autre. Le problème n'est pas du tout dans la langue. Mais dans la façon de rendre cette langue poétique. Le dialecte est poétique, si on a le secret de cette langue, on sait lui rendre ce caractère. Benguitoune et les autres du chiâar el malhoun excellaient dans cet art. Il y a avait également de belles choses dans le cinéma algérien des années 70. On y parlait une langue de la famille qui est différente de celle de la rue. C'est cette langue qu'il faut rechercher. Et c'est à l'auteur de la rendre textuelle, poétique, porteuse de message.
Etes-vous berbérophone ?
Mes parents parlent tachelhit que je comprends très bien sans le parler.
Est-ce que l'arabe algérien est une traduction littérale du berbère ?
Il y a un lexique commun au berbère et à l'arabe algérien. Mais depuis Mohand O'Mhand, il n'y a plus eu de travail sur la langue berbère. Bien sûr, il y a quelques beaux ouvrages en berbère mais cela reste des cas individuels, isolés.
Comment se déclenche chez vous le mécanisme de l'écriture,
C'est difficile de répondre. Parfois cela se fait à partir d'une phrase, d'un morceau de musique, d'un conte, d'un tableau de peinture ou d'un voyage… Souvent, la nature me donne des idées. Je prépare un nouveau texte sur les nuages.
J'aime bien regarder le ciel. Il est vivant, pas du tout inerte. Et j'y vois des femmes, des êtres humains, des animaux. Mon prochain texte est tissé de cela. J'écris avec plaisir. Je ne crois pas que l'écriture est un acte professionnel. Je me veux toujours amateur. Cela donne de l'énergie de rester dans la spontanéité. J'ai du plaisir à déguster des phrases, des expressions, des images. D'ailleurs j'écris encore à la main.
Que faites-vous actuellement sur le plan professionnel ? Vous êtes devenu chroniqueur ?
Oui je suis chroniqueur. (Rires). En fait, à partir de janvier, je retourne à mon département universitaire. Je suis professeur de traduction.


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