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Médias et 22 février 2019*
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 18 - 04 - 2020

Certaines voix indiquent que le 22 Février n'est rien d'autre qu'une colère populaire manipulée et instrumentalisée dans l'unique perspective d'empêcher le 5éme mandat ; le propos reconnaît de fait l'incapacité des marionnettistes de l'époque à agir seuls, un aveu d'impuissance qui démontre clairement que sans l'appui populaire , ils n'auraient pu s'affranchir du joug de la caste régnante.
De ce que j'ai vu et entendu, le 22 Février il eu en effet « des consignes » donnés aux journalistes pour occulter le mouvement ; pourtant le bruit de gigantesques manifestations , faisait depuis plusieurs jours l'objet de discussions au sein des Rédactions ; un mode de traitement de ce qui se préparait aurait du être réfléchi .
Les responsables étaient, ce fameux vendredi mobilisés, tous là à attendre un éventuel développement et contenir, si nécessaire, les plus récalcitrants ; la situation relevait du sécuritaire répétaient-ils!!! Pas un mot ne devait être dit, il fallait occulter et ne pas piper mot de ce qui se passer sous notre balcon.
À un vol d'oiseau les manifestants en colère, lançaient des projectiles en direction de l'entreprise, chaque jet de pierres était accompagné d'insultes à notre endroit, une situation comparable à une lapidation en règle. Les gaz lacrymogènes ont aussi réussi à se frayer un chemin pour prendre certains journalistes de brigade à la gorge, la conjoncture devenait intenable,
L'indignation était à son comble ; comment pouvait-on ouvrir avec les événements en cours au Soudan et occulter les nôtres ? Cette fuite en avant, sans doute dictée, jetait en pâture notre corporation ; à l'heure H plutôt que de balayer devant notre porte nous étions contraints d'enjamber les immondices amassées devant chez nous pour aller nettoyer le seuil de notre lointain voisin.
La colère et l'indignation très prononcées de certains journalistes n'ont hélas pas réussi à inverser la situation, « les ordres » étaient clairs, pas un mot !!!
L'image d'un média barricadé financé notamment par le contribuable, fonctionnant à coup de consignes et voulant transformer des journalistes en caporaux aux ordres, était à l'heure de la colère affligeante.
Et à propos de caporaux ! Evidemment certains sans vergogne se déclarant consentants prêts à tout ; des ânes revêtus de la peau d'un tigre dans l'échelle intermédiaire de la hiérarchie atteint du syndrome de Stockholm ; sont les plus zèles voyant leur incompétence mise à nu, l'unique objectif de ces cabots était de devenir les bourreaux de ce qui reste d'un métier qui ne sera jamais le leur : journaliste.
Néanmoins d'autres ont osé demander …questionner… dire non … mais sur le chemin les désabusés, les fashions déprimés se sont essoufflés ; un nombre d'entre eux est entré dans les rangs et les affidés se sont vu récompenser.
La lutte engagée le 22 février pour déraciner un système et assainir les institutions de l'Etat doit se poursuivre ; il n'eut bien sur pas de 5eme mandat, mais les instigateurs du chaos sont encore bien là et pour leur faire face il faut avoir le souffle long et les reins solides.
M.A
Article tiré de la page facebook de Abdou Abdel.
* Le titre est de la rédaction de LQA.


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