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Des rois dans toute leur splendeur
LES CHACHNAQ, PHARAONS BERBERES D'EGYPTE DE KAMAL CHEHRIT
Publié dans Le Soir d'Algérie le 31 - 03 - 2018

Dans ce petit livre consacré aux pharaons d'origine berbère - ceux de la XXIIe dynastie en particulier -, Kamal Chehrit a déterré des «débris historiques», les a sélectionnés, recoupés et commentés. Il offre ainsi au lecteur quelques-unes des facettes d'une épopée que l'on commence seulement à découvrir.
Il ne s'agit donc pas d'un ouvrage académique ou d'un travail de recherche approfondi, l'auteur s'étant limité à une sélection de textes et documents qu'il commente pour les besoins du sujet (les sources et références bibliographiques et documentaires sont citées à la fin de l'ouvrage).
Les Chachnaq, pharaons berbères d'égypte n'a alors d'autre prétention que d'enrichir la culture générale, de baliser un terrain qui reste à explorer, et de proposer des pistes de lecture. Kamal Chehrit écrit dans la présentation : «Le retour en grâce de Yennayer, nouvel an berbère (...) a permis aussi de dépoussiérer un pan inconnu de l'immense histoire des pharaons... d'origine amazighe. Yennayer, le nouvel an berbère, coïnciderait en effet avec l'avènement sur le trône égyptien d'une dynastie libyenne amazighe. Cette dynastie, la XXIIe, a même réussi la prouesse de rétablir la puissance et l'unité de l'Egypte pharaonique. Les Chachnaq, Sheshonq, inaugurèrent ce règne de deux siècles et plus.» Les débris historiques de ce règne avaient été exhumés pour la première fois, en 1939, par l'égyptologue Pierre Montet.
Cette année-là, l'équipe de l'archéologue «met au jour les tombes de plusieurs pharaons des XXIe et XXIIe dynaties (...). Dans cette découverte, une pièce unique ! le masque en or massif de Chachnaq 1er — Sheshonq — le fondateur de la dynastie et le conquérant de Jérusalem et unificateur ou réunificateur d'une Egypte qui partait à la dérive sous les derniers Ramsès».
Les importantes découvertes de Pierre Montet ont révélé que les rois berbères d'Egypte «avaient bâti, conquis, réunifié et surtout donné une autre dimension au règne des pharaons : la dimension culturelle. Les arts étaient grandement encouragés par ces souverains». Prenant appui sur la célébration de Yennayer et sur l'origine de cette fête, Kamal Chehrit invite alors à un passionnant voyage dans les temps anciens, en particulier la période où a régné la dynastie qui intéresse l'auteur : «La XXIIe dynastie des pharaons est (...) l'aboutissement d'une ‘‘conquête'' par étapes, du trône par des familles de Berbères, auparavant serviteurs, hauts dignitaires et généraux de l'armée. Ces élites sont issues de populations originaires de Libye et qui se sont déjà implantées, des années auparavant, sur les rives du delta du Nil. Ce sont essentiellement des Berbères de Libye, de la tribu ou confédération tribale des Mâ (Mâchaouach). Cette puissante «nation» profitera du déclin et du désarroi des rois et princes de la XXIe dynastie pour accéder au trône. La dynastie Bubastite des Berbères libyens succédera à la dynastie Tanite des Psousennès qui ne put enrayer le déclin de l'Egypte, en butte aux luttes et aux divisions. La famille libyenne des Chachnaq (...) prit le pouvoir vigoureusement. Chachnaq 1er parvint, dès le début, à unifier le pays et à imposer son pouvoir au clergé, tout puissant, de Thèbes».
La prise de pouvoir s'est déroulée de manière pacifique, d'après les chroniqueurs. Le moment est décisif dans l'histoire de l'Egypte. Car «un énorme défi attendait cet ‘‘étranger'' : celui de rendre à l'Egypte millénaire, fatiguée et divisée, une partie ou toute sa puissance, et pourquoi pas sa splendeur passée». Mais Chachnaq avait une âme de conquérant. Avant de se hisser sur le trône des pharaons, il avait déjà l'autorité et le pouvoir d'un chef : «Grand chef des Mâ de Libye, comme le furent son père et son grand-père, Chachnaq commandait les troupes royales lorsque Psousennès II, dont il était devenu le gendre et le conseiller, est mort». Une fois sur le trône, Chachnaq a d'abord conforté «son pouvoir, assez rapidement et assez fermement». Il «eût ainsi les coudées franches non seulement pour régner, mais aussi pour réformer et surtout mettre en avant son projet de conquête». Toutes les choses qu'il s'est attelé à réaliser durant son règne (943-922 av. J.-C.). Le fondateur de la XXIIe dynastie commence par reprendre, au début de son règne, «la politique d'entente cordiale avec ses voisins que ses prédécesseurs avaient initiée». Dans le même temps, au plan intérieur, il «initie une politique de contrôle des principales clés du pouvoir de l'Egypte des pharaons tanites et des grands prêtres d'Amon de Thèbes».
Dès lors que la stabilité intérieure est acquise, Chachnaq peut se lancer dans les campagnes extérieures : «A l'est, avec ses contingents composés d'Egyptiens, de Libyens et de Nubiens il reconquiert la Palestine. Il pourchasse les bédouins des lacs amers, s'empare de Gaza (...). Chachnaq ne se limite pas à cette conquête, il pousse son avantage jusqu'au Liban et aux marches de la Syrie, laissant une stèle à Megiddo et des statues à Byblos.» Une précision qui a son
importance : «La guerre qui fait entrer Chachnaq dans l'histoire universelle, sous le nom de Sheshonq, fut celle menée contre les Hébreux, sous prétexte d'une expédition punitive contre les Bédouins des Lacs» (la Bible, rappelle l'auteur, mentionne cet épisode guerrier, de même que le sac de Jérusalem et de son temple, en 925 av. J.-C. et la mainmise sur le mythique trésor du roi Salomon). A l'ouest, il «fait main basse sur les grandes oasis du désert libyen (...) Puis il mate une rebellions au sud». A la suite de quoi, «Chachnaq redonne à l'Egypte un rôle incontournable dans la région, rétablissant les relations commerciales avec Byblos et reprenant le contrôle du commerce par la mer Rouge, notamment avec l'Arabie. Les richesses affluent de nouveau vers le royaume du pharaon». Après les guerres et les conquêtes, «Chachnaq retrouve son Egypte et s'attellera à bâtir sa puissance et celle de l'Egypte». Il édifiera temples et monuments. Kamal Chehrit évoque aussi d'autres pharaons d'origine libyenne qui ont régné sur l'Egypte. Parmi eux, Osorkon II, «le pharaon artiste» qui «marquera lui aussi, à sa manière, le règne de cette dynastie».
Comme pour faire écho à cette épopée, l'auteur revient également, en détail, sur la célébration de Yennayer, ses origines, ses rites, ses jeux, ses moments de convivialité, etc. Après une incursion dans l'oasis de Siwa, en Egypte, il invite à la redécouverte de Chachnaq dans la culture orale. Le chapitre consacré aux guerriers de Garma (les Garamantes, qui seraient les ancêtres des Touareg) est, lui aussi, très instructif. Quant aux textes en annexe, il sont là à titre de repères, pour une meilleure visibilité de l'histoire de l'Egypte ancienne (arbre généalogique de la XXIIe dynastie ; l'Egypte depuis la période thinite jusqu'à la dynastie lagide avec Ptolémée et Cléopâtre ; les pharaons de la XXIIe dynastie).
Hocine Tamou
Les Chachnaq, pharaons berbères d'Egypte. Textes et documents sélectionnés et commentés par Kamal Chehrit. Alger, Livres Editions, Alger 2016, 100 pages.


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