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Je me marre
Publié dans Le Soir d'Algérie le 02 - 05 - 2018

La situation ne s'y prête pas, il est vrai. Il n'y a pas de quoi se marrer. Il y a de quoi se taper la tête contre les murs. Et les murs, il y en a à gogo ! Tant pis, je me marre tout de même. Dommage que ce ne soit pas contagieux ; j'aurais aimé contaminer tous les Algériens. Imaginons un instant quarante et un millions d'Algériens en train de se dilater la rate ; la secousse serait gigantesque, du 12 sur l'échelle de Richter. C'est 12, n'est-ce pas ? Moi et les chiffres, il y a comme un contentieux. Enfin, 12 ou 13, plus ou moins, peu importe, ça sera énorme. Ça sera un rire tellurique ! Puis, plus je me marre, plus je fais le constat d'une Algérie en proie à ses démons. Plus je me marre, plus le tableau se noircit, comme un fait exprès. Plus je me marre, plus je vois le désespoir courir les rues, comme un dératé. Plus je me marre, plus mon cerveau refuse de saisir le sens de cette réalité. Plus je me marre, plus j'entends les portes se refermer les unes après les autres, dans un bruit assourdissant. Plus je me marre, plus je sens les angoisses me serrer la gorge, jusqu'à l'étouffement, comme dans un mauvais rêve. Mais je n'arrête pas de me marrer. Comme dit un proverbe bien de chez nous, la maison brûle, ça nous permet au moins de nous réchauffer. Alors, on se réchauffe les miches !
Pour la finale de la Coupe d'Algérie, il est question de revanche pour la JSK. Car, me dit-on, l'USMBA a battu celle-ci en finale de Coupe en 1991. Ouais, en 1991 ! C'est très loin, tout ça ! On a la rancune tenace chez nous. Comment ne pas se marrer, ya kho ? On a gardé le goût amer de cette défaite depuis 1991 ; le jour de la revanche a sonné ; ils vont voir ce qu'ils vont voir ; on va les rappeler à notre bon souvenir. Comme dit le proverbe, la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais là, il n'est pas froid : il est de glace ! C'est du surgelé ! Ce n'est pas bon pour la santé tout ça, ni pour le moral. C'est juste un match de football ! Debboukha, ya kho ! Ni plus, ni moins. Il n'y a ni vengeance, ni revanche ! Cela relève de la surenchère inutile. La concorde civile est passée par là ; il ne faut pas l'oublier. La violence est aussi ronde que le ballon de foot ; ce n'est pas de bon augure ; c'est loin 1991 ; de l'eau a coulé sous le pont d'El-Harrach. C'est triste ! Moi, je me marre ! Tant pis pour les esprits chauvins !
Notre agriculture s'est assise quelques jours ; trois mille convives à s'asseoir, il faut pouvoir les réunir, les faire asseoir, les briffer, les contenir, les intéresser, les faire manger, dormir... C'est du boulot ! Ces assises ont de la baraka : la pluie n'a pas cessé de tomber. Est-ce bon pour l'agriculture ? Après les labours, les moissons, les récoltes, il est de bon ton de s'asseoir. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression de commenter une fable de La Fontaine. Le laboureur et ses enfants ? Peut-être ! Une fois, «l'assizitude» finie, il a fallu relever le popotin et repartir, chacun chez soi. Maintenant, notre agriculture est debout ; il faut le dire ; il faut le relever ; il faut le signaler ; il faut le crier sur tous les toits. Il faut montrer la satisfaction du travail accompli. Il n'empêche que je me marre, c'est plus fort que moi ! Je me marre. Je me marre. Je me marre. Car il est normal de s'asseoir, puis de se lever ; ensuite, de s'allonger. Dormir, quoi ? Faire une sieste ! Une voix intérieure me dit : «Pourquoi te marrer dans ce cas-là ?» Parce que je me suis rendu au marché m'acheter des pommes ; jusqu'ici, c'est tout bon. Juste un kilo de pommes ! Des pommes locales, me rassure le commerçant. Rouges à souhait ces pommes, bien rondes ! J'en ai encore l'eau à la bouche. Mettez-moi un kilo, s'il vous plaît ! Voilà, monsieur ! C'est combien ? Ça fait 1200 dinars. Ah ? Il y a plus d'un kilo, vous voulez que je diminue... Je n'ai pas demandé mon reste ; j'ai pris mes jambes à mon cou et je me suis enfui, comme un voleur... Tout en me marrant ! Fable ? Non. Réalité ? Oui. Au fait, combien a coûté la «gaâda» ?
J'ai ouï-dire que des Algériens, dans une contrée algérienne, ont offert un cheval au portrait de notre Président. Celui qui a eu cette idée est un génie, un génie génial. De son vivant, il devrait disposer d'une statue dans une grande place d'Alger. Pourquoi pas à El-Mouradia ? Juste en face de la présidence. Il faut l'enterrer à El-Alia, à côté de nos grands hommes. Il faut lui ériger une «koubba». Il faut le sanctifier. Aidez-moi, je ne trouve plus. Juste pour lui, il faut créer un panthéon à l'algérienne. C'est à la limite de la prophétie : offrir un cheval au portrait de notre Président ! Toujours la même voix qui me dit : marre-toi maintenant un bon coup, c'est du lourd ! Attendez ya l'khaoua ! Ce n'est pas un canular algérien ? Elle est vraie l'histoire ? Comme ça ? Et pas autrement ? Wallah, Djeha n'aurait pas trouvé une «âfssa» pareille. J'imagine le portrait de notre Président juché sur le cheval, en train de galoper cisaillant l'air comme dans le temps des combats épiques. J'aurais conseillé notre compatriote : il aurait pu harnacher son canasson, le monter et foncer droit sur El-Mouradia et l'offrir en mains propres à notre Président. C'est plus simple ! Et plus intelligent ! A ce point crucial de la chronique, je me marre moins ; il y a comme un léger malaise ; je le sens monter en moi, comme une insidieuse migraine. De votre côté, si vous voulez vous marrer, faites-le ! Allez, bidonnez-vous ! Roulez par terre ! Ça déride l'atmosphère !
Avec tout ça, vous voulez empêcher le patron du FLN de lancer le cinquième mandat ! Il est dans la logique des choses. Il n'a aucun empêchement pour ce faire. Là, je me marre un bon coup. J'ai beau répéter que c'est de bonne guerre cette histoire de cinquième mandat ; l'opposition, elle, n'en démord pas. Il ne faut pas qu'il y ait un cinquième mandat. Si ça trouve, vous allez casser l'anse de la jarre (j'utilise un calque, exprès). Juste pour dire que vous êtes loin des réalités de ce pays ! Alors, 5, 6, 7... Jusqu'à la fin ! Des comités de soutien, par-là, des étudiants, par-ci, l'UGTA, de l'autre côté ! C'est comme ça, cheh ! Ce pouvoir est hermaphrodite, vous semblez l'ignorer. Alors, laissez-moi me marrer ! Laissez les Algériens se marrer ! En attendant le miracle ! Le miracle d'une harga. Le miracle d'un visa. Le miracle d'une démocratie. Le miracle d'une alternance. Le miracle d'un prix du baril à plus de cent dollars. Le miracle d'une opposition. Le miracle d'une agriculture debout. Le miracle d'une bagnole made in bladi. Le miracle d'une autoroute «autoroute». Le miracle d'un football sans revanche. Le miracle d'une école citoyenne. Le miracle d'une université performante. Le miracle d'une administration saine. Le miracle d'une Algérie apaisée. Le miracle d'un peuple citoyen. Le miracle d'une santé en bonne santé. Le miracle d'une mosquée civique. Le miracle d'une société sans violence. Le miracle d'un Algérien tout sourire. En attendant ce miracle, j'ai le temps, tout le temps, de me marrer !
Y. M.


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