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SORTIE DE CRISE
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 05 - 2019

Antérieures au mouvement populaire en cours dans le pays, les propositions de sortie de crise se sont intensifiées après le 22 février écoulé. Ci-dessous, certaines de ces initiatives qui se ressemblent en bien de points.
Ali-Yahia, Benyelles et Brahimi invitent l'armée à nouer le dialogue
Dernière initiative en date, celle rendue publique, hier samedi, par Ali Yahia Abdenour, Rachid Benyelles, Ahmed Taleb Ibrahimi.
Le trio plaide pour une «période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n'ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années». Une période «nécessaire pour mettre en place les mécanismes et dispositions permettant au peuple souverain d'exprimer librement et démocratiquement son choix à travers les urnes,— un processus qui va dans le sens de l'histoire, et que rien, ni personne ne saurait arrêter», estiment-ils.
Parce que «porteuse de graves dangers dans une situation régionale tendue, la situation de blocage à laquelle nous assistons par le maintien de la date du 4 juillet ne pourra que retarder l'avènement inéluctable d'une nouvelle République», estiment Brahimi, Benyelles et Ali-Yahia qui avouent «ne pas imaginer des élections libres et honnêtes alors qu'elles sont d'ores et déjà rejetées par l'immense majorité de la population parce qu'organisées par des institutions encore aux mains de forces disqualifiées, opposées à tout changement salutaire». D'où leur demande au Commandement de l'ANP de «nouer un dialogue franc et honnête avec des figures représentatives du mouvement citoyen (Harak), des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent, afin de trouver, au plus vite, une solution politique consensuelle en mesure de répondre aux aspirations populaires légitimes qui s'expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois».
La transition de «rupture» du RCD
Le RCD réclame l'enclenchement d'une période de transition de «rupture la plus courte possible». Dans sa feuille de route de sortie de crise, il avance, ceci dit, des préalables à sa mise en branle et son aboutissement. Il s'agit de la «démission du chef de l'Etat», le renvoi du gouvernement et la «dissolution des deux Chambres du Parlement et du Conseil constitutionnel». Cette transition est étalée sur plusieurs étapes dont la première consiste en l'élection d'une «haute instance» composée de trois personnes élues par «de grandes corporations comme le corps de la magistrature, l'enseignement supérieur, les syndicats autonomes fortement impliqués dans le mouvement populaire». Et cette haute instance de transition mettra en place un «gouvernement de salut national» composé de «compétences nationales à l'exclusion de toutes personnes ayant une attache partisane», excluant tout rôle prépondérant de la classe politique lors de cette transition.
La proposition du RCD inclut également une «instance nationale indépendante de l'organisation des élections» qu'aura à présider «une personnalité intègre nommée par la haute instance de transition». Elle produira un fichier électoral incontestable et définira les modalités du déroulement du scrutin du début jusqu'à la proclamation des résultats qui sont de son seul ressort et d'élaborer une loi électorale qui sera soumise à référendum le même jour que la nouvelle Constitution. Il propose également la mise sur pied d'un «comité de la nouvelle Constitution» qui «procédera à de larges consultations» et élaborera une nouvelle Constitution qui sera «soumise à référendum populaire en même temps que la nouvelle loi électorale, avant la fin du mois de juin 2019». La phase de transition «de rupture» du RCD ne devra pas durer plus de six mois puisque prenant fin avec la mise en œuvre du calendrier électoral et «la mise en place de nouvelles institutions et l'élection de représentants du peuple dans un système où l'alternance au pouvoir est du seul ressort de la volonté populaire. L'élection d'un nouveau Président est prévue par le plan avant la fin du mois d'octobre 2019».
«L'itinéraire transitionnel» de Ali Benflis
Ali Benflis propose, pour sa part, un itinéraire transitionnel qui nécessite du temps et recommande, de ce fait, de faire l'économie de toute précipitation.
Affirmant dans une récente contribution que « la révolution démocratique pacifique a asséné des coups sévères au système mais elle est encore loin de l'avoir mis hors d'état de nuire», l'ancien chef de gouvernement conclut que «notre pays se trouve, en conséquence, à un point de bascule mais le basculement vers la voie menant à la transition démocratique n'a toujours pas eu lieu. La raison en est double : l'approche purement constitutionnelle du règlement de la crise maintient l'ancien système en place et, du même coup, la longévité indue dont bénéficie ce système obstrue la voie devant mener à la transition démocratique que le peuple veut».
D'où son plaidoyer pour le retour au processus électoral présidentiel, «un processus qui n'est pas la transition et il n'est pas même le début de la transition. Il s'agit tout au plus d'une phase préparatoire de l'échéance présidentielle dans les conditions de transparence, de régularité et d'intégrité réclamée par la révolution démocratique pacifique elle-même. C'est la tenue de l'élection présidentielle dans ces conditions exigibles et exigées qui marquera le début de la transition démocratique véritable». Ce que ne vérifie pas le scrutin prévu le 4 juillet prochain. Benflis affirme que «la phase préparatoire de l'élection présidentielle devra durer le temps nécessaire – tout le temps nécessaire- pour être conduite à bonne fin .
«La faire durer au-delà des délais incompressibles mais raisonnables, c'est maintenir le pays dans l'instabilité et l'incertitude et l'exposer indûment à des dérapages ou à des dérives toujours possibles et souvent imprévisibles».
«Avec la tenue de l'élection présidentielle viendra alors le temps de la transition démocratique véritable. Ce sont ces élections elles-mêmes qui mettront en marche cette transition», soutient le président du parti des Avant-gardes des libertés pour qui le futur Président élu, «porteur d'un mandat présidentiel de transition, conduira les véritables chantiers devant mener à de profondes réformes exigées par les Algériens».
Les propositions de Jil Jadid
De son côté, Jil Jadid émet des propositions pour une sortie de crise. Une personnalité consensuelle ou un comité tout aussi consensuel aura à lancer immédiatement des consultations avec la classe politique, les syndicats, la société civile et des personnalités nationales, et ce, pour la mise en place d'un «Forum national», dont les membres seront bénévoles. Il propose également la formation d'un gouvernement neutre, non partisan, dont la durée et les missions seront également négociées (entre 6 et 12 mois). Mais pas que ces propositions puisque Soufiane Djillali préconise également la suspension de la Constitution actuelle et la dissolution des deux Chambres du Parlement de même que le Conseil constitutionnel.
Le gouvernement, dont les membres devront accomplir une feuille de route négociée, aura pour mission de collaborer avec les partis politiques, dans le cadre du Forum national, à préparer les conditions d'une véritable élection dans un délai raisonnable (12 mois). Et ce, sous la supervision d'une commission indépendante de l'administration et dont la composante sera négociée.
Une fois le nouveau président de la République élu, le pays s'engagera dans un processus constituant pour une loi fondamentale consensuelle, couronné par un référendum avant l'organisation d'élections législatives et la mise en place des institutions prévues par la nouvelle Constitution.
Le FFS pour une «deuxième République»
Le doyen des partis de l'opposition estime que l'instauration d'un Etat de droit avec ses corollaires la séparation des pouvoirs, une justice indépendante, est un «préalable» à tout projet de transition démocratique à même de permettre l'avènement d'une deuxième République. Un projet qui s'articule autour, d'abord, de l'enclenchement d'un dialogue à travers une conférence souveraine qui verra la participation de tous les acteurs politiques, sociaux et syndicaux autonomes, les personnalités indépendantes, les universitaires et les représentants du mouvement citoyen dans toutes ses composantes. Du beau monde qui doit s'entendre sur un pacte politique comprenant, entre autres, l'instauration de la paix, de la démocratie, de la justice sociale et l'Etat de droit, la non-utilisation de la religion à des fins politiques, le rejet de la violence comme moyen d'expression ou comme moyen de gestion de règlement des conflits et d'accession au pouvoir, la séparation des pouvoirs ou encore l'organisation d'élections libres, honnêtes et le respect de la volonté populaire,… Cette conférence aura également à mettre des institutions qui assureront la gestion d'une période de transition qui soit la plus courte possible. Dont la convention nationale de suivi et de contrôle de la transition qui aura, entre autres missions, de veiller à l'application des mesures prises d'un commun accord et au strict respect des engagements contenus dans le pacte politique d'agréer les personnalités devant siéger au gouvernement de transition, d'élaborer l'ensemble du dispositif électoral, de fixer le calendrier électoral dans sa globalité avec une Assemblée constituante comme première étape et de mettre en place une instance de suppléance de l'institution présidentielle au terme de la mandature actuelle.
L'opposition plaide pour une «courte transition»
«Des partis de l'opposition, des représentants de syndicats et des personnalités nationales proposent, à leur tour, une feuille de route s'articulant autour d'une courte période de transition, de six mois, pendant laquelle les prérogatives présidentielles seront assumées par une instance présidentielle composée de personnalités nationales réputées pour leur crédibilité, probité et compétence. Et cette instance aura à former un gouvernement de compétences nationales (technocrates) pour gérer les affaires courantes, instaurer une instance nationale indépendante d'organisation des élections et de modifier la loi électorale pour garantir des élections libres et transparentes.»
PT : des «comités populaires pour encadrer le processus révolutionnaire en cours»
Le Parti des travailleurs a, pour sa part, sa propre feuille de route de sortie de crise.
Appelant à l'élection d'une Assemblée constituante qui se chargera d'organiser les élections et la formation d'un gouvernement provisoire, le parti plaide pour la mise en place de comités populaires qui auront «à «protéger» le mouvement populaire en cours et « à débattre les revendications politiques, socioprofessionnelles et économiques de différents secteurs. Ces comités populaires dégageront les membres devant siéger à l'Assemblée constituante qui aura la charge de rédiger la nouvelle Constitution» ou «réformer en profondeur l'actuelle loi fondamentale».
Cette Assemblée constituante aura également la lourde tâche d'assurer «la refondation politique institutionnelle et constitutionnelle» afin de définir «la nature du régime, en renforçant la propriété collective de la Nation» a-t-elle tenu à souligner.
La société civile propose une «conférence nationale pour une transition démocratique»
Le mouvement associatif autonome n'est pas en reste dans cet effort d'exploration des voies et moyens de sortir de la crise. Un collectif, composé de 28 organisations de divers secteurs d'activités, a émis une batterie de propositions.
Intitulé «En route vers une conférence nationale de la société civile pour une transition démocratique», ce collectif, créé le 18 mars dernier, estime de prime abord que «l'intérim constitutionnel instauré le 2 avril, sous l'impulsion de l'état-major de l'ANP, est un processus mort-né» et que «la révolution démocratique en cours veut en finir avec le système. Elle appelle à l'ouverture d'une transition politique pour construire de nouvelles institutions».
D'où sa conviction que «la sortie du cadre prétendu de la Constitution s'impose naturellement pour aller à la rencontre des nouveaux acteurs de la scène publique algérienne depuis la libération des initiatives populaires le 22 février dernier». Et d'appeler à «l'ouverture d'un dialogue entre le pouvoir politique et l'ensemble des acteurs qui, dans la société civile et la classe politique, se tiennent de différentes manières dans le mouvement populaire».
Un dialogue qui «dégagera la feuille de route finale de la transition, sa durée et l'identité de ses animateurs à la mesure de l'incarnation de l'Etat».
Affirmant son engagement à travailler «à la convergence de toutes les dynamiques, syndicales, citoyennes et politiques qui œuvrent pour ce même objectif», le collectif dit organiser prochainement une «conférence nationale de la société civile algérienne ouverte».
Saïd Sadi invite «l'Algérie réelle à se prendre en charge»
Saïd Sadi, qui n'arrête pas d'accompagner le mouvement populaire en cours, en participant aux marches du vendredi et en analysant la situation à travers des tribunes, a, récemment, émis ses propres propositions pour amorcer une transition qui permettra au pays de sortir de la crise politique actuelle. Dénonçant «l'absence de volonté de dialogue chez l'armée», l'ancien président du RCD estime que «pour dialoguer, il faut être deux et si les solutions peuvent diverger, il est souhaitable que les grands constats soient partagés. Les divergences n'ont pas été levées, parce qu'elles n'ont jamais été abordées. Et pour cause. Les deux parties empruntent des trajectoires contradictoires». Ce pourquoi il préconise à ce que «l'Algérie réelle qui s'affirme à longueur de semaine doit maintenant se prendre en charge», estimant qu'il «est impérieux de bien s'entendre sur ce que transition veut dire dans l'Algérie d'aujourd'hui. Cette phase est déterminante pour la naissance d'un ordre républicain démocratique. Cela a été déjà dit, mais il n'est pas superflu de le rappeler». Et de rappeler que les «organes et mécanismes dédiés à la transition font largement consensus : la présidence collégiale, directoire de la conférence de transition, commission indépendante d'organisation des élections, Assemblée chargée d'élaborer la Constitution précédée de la prescription des préalables démocratiques».
M. K.


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