Ouadah présente la stratégie globale de transition vers une économie de la connaissance    Un nouveau directeur par intérim à la tête des services agricoles    Une délégation de l'Anesrif inspecte les dernières retouches du mégaprojet de la ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet    Une légère amélioration dans la vie quotidienne    Des colons incendient une mosquée et inscrivent des slogans racistes    Palestine : Institutions européennes maintenues illégalement    L'Algérie débutera contre le Soudan    Ligue 1 Mobilis : Le programme des mois de décembre et janvier dévoilé    Un tirage relevé et trois duels 100 % Ligue 1 dès les 1/32es    Les drogués de la guerre feignent de livrer la guerre à la drogue    Concours national du chardonneret Domination des compétiteurs de Constantine    Six familles sous la menace d'un effondrement    Tlemcen au rendez-vous de la 15e édition    Lancement de la 5e édition    Travaux de la réunion régionale arabe des directeurs des bureaux de droit d'auteur    Importants progrès dans le processus de numérisation    Mouvement partiel dans le corps des cadres locaux    «Le projet de la stratégie nationale de développement de la communication institutionnelle bientôt soumis au Gouvernement»    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Journée ordinaire d'un confiné au temps du corona (3)
Publié dans Le Soir d'Algérie le 08 - 04 - 2020

Voilà, c'est la troisième semaine de confinement. Ça passe à un rythme douloureux. Dire que je n'ai pas peur, c'est mentir gros. Un peu comme tout le monde, j'ai l'impression de tomber dans le vide ; je n'attends plus que le bruit de la chute. Un peu comme tout le monde, je tente de tracer un emploi du temps, impossible à mettre en œuvre. Un peu comme tout le monde, je me couvre d'optimisme, quand tous les signaux sont au rouge.
Bon, il y a eu un confinement partiel, puis suivi d'un couvre-feu de 19 heures à 7 heures du matin. Oui, pourquoi pas, s'il y a là un bon sens de protection. Puis, je sais que l'Algérien ne respecte pas totalement ce confinement. Puis, j'ai vu ça ailleurs. En Inde, j'ai vu sur les réseaux sociaux des citoyens se faire tabasser pour n'avoir pas respecté les consignes de sécurité. En Chine, comme en France, des drones sont utilisés pour traquer les récalcitrants. Et les récalcitrants, il y en a en Algérie. Du moins, c'est le cas à Tizi. Le virus est invisible ; dès lors, les gens considèrent que ça n'arrive qu'aux autres. C'est là où le bât blesse. Le corona touche tout le monde, sans distinction. De tous âges. Malades ou bien portants. Puis, ce virus est insaisissable. Il passe d'un corps à un autre rapidement. Il est partout. Puis, il tue ! Il ne faut donc pas le sous-estimer. Oui, J'ai cru comprendre que le confinement allait être total, compte tenu du pic de l'épidémie qui s'annonce. C'est ce que j'ai lu sur les réseaux sociaux. Il s'agit bien de la déclaration du ministre de la Santé, non ? Il suffit de mettre en place la logistique nécessaire. Prévoir les canaux de ravitaillement pour la population. Surtout les plus démunis (journaliers et autres). D'un autre côté, les pouvoirs publics autorisent certaines professions à rouvrir (mécaniciens, droguistes…). Je ne comprends pas cette décision. Je me vois mal prendre mon tacot au mécano du coin. Ce n'est pas la priorité, me semble-t-il. La priorité est de faire en sorte de ne pas être un vecteur de contamination. Ne pas choper ce virus. Et ne pas le passer à son voisin. Aussi, s'il faut confiner totalement, il faut le faire !
Pour faire passer le temps, il faut une sacrée dose de malice. Ou de désespoir. C'est selon ! Chacun a son style. Ses choix. Et ses instruments. Et ceux qui n'ont rien ? me dit la petite voix. Ceux qui sont déjà confinés dans un petit appart ? Ceux qui ont des difficultés de fin de mois ? Les enfants ? Les vieux ? Puis, « le temps mène la vie dure à ceux qui veulent le tuer » (Prévert). Perso, je ne veux pas le tuer, je veux juste le domestiquer, en faire un compagnon de ma peur quotidienne ; il est préférable d'en faire un allié, un ami voire, pour pouvoir supporter ces journées qui s'allongent fatalement.
Perso, je ne fais plus le tour de mon chez-moi. Ça y est, j'ai fini définitivement d'en faire le tour. Je connais les moindres recoins de mon appart. Je m'amuse maintenant à la cuisine. Je fais comme si j'étais le chef. Je marmite. Je ne dis pas que je cuisine, je marmite. Je fais semblant. J'ai pris un recueil de recettes. Oh, je ne me rappelle plus du plat. En fait, j'ai cherché les condiments (parce qu'il faut les trouver), les légumes (patates, carottes, oignons, persil, coriandre…) ; j'ai mis tout ça dans la marmite et un os (perdu au fond de mon freezer), un peu d'eau et j'ai laissé mijoter. Mais, Seigneur, pour combien de temps ? Mon livre de cuisine est muet sur ce plan. Allez, une bonne vingtaine de minutes. Montre à la main, je compte les vingt minutes. Ponctuel, j'éteins le feu sous la marmite. Je laisse refroidir tranquillement. Puis, je mets un filet d'huile d'olive. Puis, je me sers un plat. Je goûte. J'ai oublié le sel. C'est fade. C'est fait exprès, je suis au régime sans sel. Mon toubib me mène la vie dure. Je sors ma harissa, pour relever mon plat. Je me régale, wallah. Il me vient une idée : après cette épidémie, je vais ouvrir un bouiboui, il y en a tellement à Tizi. Je l'appellerai « Le bouiboui de l'avenir ».
J'ai cru comprendre qu'une cure de vitamine D est nécessaire ; c'est simple, selon le spécialiste de la télé, il suffit de prendre un bain de soleil une quinzaine de minutes, et ce sera suffisant. Je ne me le fais pas dire deux fois. Je sors ma chaise de plage, toute déglinguée, et je me mets sous le soleil. Ah, ça réchauffe les os ! Je remarque un manège, juste en face moi. Un couple de merle n'arrête pas de se mettre sur la branche du laurier. Ces merles n'arrêtent pas de flûter. Je reconnais que c'est agréable à l'oreille. Question saugrenue : un merle peut-il être contaminé par le Covid-19 ? A les voir s'agiter, voleter, flûter, sortir et rentrer dans l'arbre, je dois certainement assister à une romance, qu'on ne voit plus chez les êtres humains. Mon hibou ? Quoi, mon hibou ? Il a encore une fois pris la clé des champs. Il y a au moins trois jours que je n'ai pas entendu son chant nocturne. Il reviendra, certainement. Sinon, ce sera un autre ami que je perds ; il y en a eu avant lui, hélas !
Mais que se passe-t-il en Algérie ? Boukistiou ! L'Algérie, comme les Etats-Unis et autres, retient son souffle. Un peu comme le monde en prise avec cette épidémie, l'Algérie est en apnée. Elle est face à une terrible maladie, le corona. Il arrivera un temps où l'on parlera de l'année du Covid-19, comme il y a eu le temps du typhus, de la grippe espagnole, de la peste noire… En attendant, le ministre de l'Education ne nous dit rien sur les examens à venir. La France, à l'avance, a tranché ; le contrôle continu fera le compte. Et chez nous ? Silence, je n'en sais rien. Le ministre des Finances doit se tirer les cheveux. Il faut des sous pour faire face à ce cauchemar. Mais, il est à quel prix notre pétrole ? Le ministre de la Santé est sur tous les fronts, c'est une guerre contre un mutant de virus. Il faut des masques. Il faut de l'alcool hydoralcoolique. Il faut des respirateurs. Il faut des places de réanimation. Il en faut beaucoup. Il faut des tests de dépistage. Au fait, sommes-nous en phase avec la réalité de l'épidémie ? Je ne sais pas. Il faut surtout des décisions réfléchies pour sortir le pays, sans trop de casse.
Pour cet espace de parole, je laisse dire El-Mahdi Acherchour : « La nuit n'a pas de début/Ce poème non plus/Qu'importe l'origine des choses/C'est l'heure d'ouvrir les clôtures/Puis les yeux/C'est toi/Je me rappelle de l'endroit où je t'ai inventé/C'était dans la nocturne volonté de rester en vie/Comment pourrais-je l'oublier/Comment ? »
Y. M.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.