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Rumeur et inquiétude : le convalescent et le syndrome du prédécesseur
Publié dans Le Soir d'Algérie le 05 - 12 - 2020

La perplexité. À l'exception de l'invincible agression du virus, quel autre vocable est également capable de qualifier le caractère inédit de ce que les Algériens ont reçu comme mauvaises nouvelles de leurs dirigeants ? Un embarras généralisé qui pèse chaque instant sur le comportement de la population mais pas que, puisque, à leur tour, les analyses publiées par la presse ont été vite démenties les jours suivants et cela par la seule faute d'une information officielle manquant dramatiquement de clarté. Une fâcheuse habitude de la part des hauts fonctionnaires qui se sont contentés de vagues explications. Celles qui se révélèrent de moins en moins sûres au point d'être récusées et qualifiées avec ironie de « fake news d'Etat ».
Plus crépusculaire qu'éclairante donc, la nouvelle présidence semble donner déjà des signes de désarroi alors qu'elle n'en est qu'à la première année de son exercice. Une désarmante situation qui angoisse le pays et suscite dans la classe politique bien plus que de l'inquiétude en interpellant la haute hiérarchie du pouvoir du risque de quelques dérapages. Pour elle, il s'agit cette fois-ci d'affolement sincère puisqu'il s'agit de l'effacement du principal interlocuteur du peuple.
À ce sujet, ce sont d'abord les rétrospectives qui allaient servir pour étayer ce drame national. Elles rappelèrent entre autres les silences officiels de la chefferie du gouvernement et surtout la multiplication des bourdes diffusées sous le faux label de «source bien informée» alors qu'elles émanaient d'informations mal recoupées. Un pitoyable discrédit qui a fini paradoxalement par confirmer ce qui n'était que des rumeurs. C'était d'ailleurs à ces moments-là qu'allaient surgir les questionnements sans fard ni euphémismes dans leurs formulations. Autant de terribles interrogations sur lesquelles butèrent les cercles politiques qui débattaient d'une manière informelle les affaires publiques. Autrement dit, il s'agit de ce qu'on appelle génériquement l'opinion lorsqu'elle avoue publiquement son impuissance à résoudre la fameuse équation de la vacance qui pose à la fois l'hypothèse permettant d'associer, ou pas, une institution législative tout à fait inapte pour exercer des prérogatives constitutionnelles majeures. Consensuellement donc, plusieurs politologues souhaitent déjà rappeler qu'il n'y aura pas le feu à la maison en tablant sur le fait que la durée de la convalescence prescrite au Président ne s'éternise pas au-delà des règles constitutionnelles comme cela avait été le cas par deux fois avec le précédent chef de l'Etat. Il est vrai que, dans une Algérie affranchie par le Hirak, il est fort probable qu'une transgression anticonstitutionnelle sur le modèle de Bouteflika est pratiquement difficile à appliquer une seconde fois. Autant laisser entendre par avance au président de la République qu'il n'aura d'autres alternatives que de reprendre du service ou de déposer sa démission. En effet, en se présentant sous les augures d'un Président qui «veut faire ce qu'il dit», il lui était arrivé d'évoquer au cours de la morose campagne électorale du 12 décembre 2019, la nécessité d'aller vers une «nouvelle République». Or, le souhait du candidat émanait pourtant des revendications cardinales proposées par le mouvement du 22 Février mais qui furent en permanence critiquées aussi bien par feu Gaïd Salah que par l'intérimaire d'El-Mouradia, qu'était Bensalah, au prétexte que la seule priorité pour mettre fin à la vacance constitutionnelle consistait en l'élection d'un successeur.
Ayant fait sienne par opportunisme politique l'idée de «succession» à laquelle s'opposait le Hirak, il ne semblait pourtant pas en mesure, une fois élu, de réactualiser l'engagement du candidat qu'il était. C'est-à-dire celui qui aurait dû faire preuve, dès les premiers mois de sa présidence, qu'il était capable par lui-même de reconstruire consensuellement l'Etat et mettre fin au recours à des faux-fuyants. Il est vrai que, dans ce domaine, le chantier était immense et qu'il fallait remonter à 1988 et aux amendements que la révolte du 5 Octobre imposa à la Constitution de l'époque. Depuis, les pouvoirs successifs se contentèrent de certains procédés captieux qu'ils justifièrent parfois par des critères culturels ou cultuels et, souvent aussi, en amalgamant les deux. Autant de pirouettes auxquelles ils n'hésitèrent pas à rajouter le blocage institutionnel disqualifiant les «initiatives citoyennes».
Alors qu'une bonne majorité d'Algériens avait ressenti une véritable frustration dont le référendum a subi un cinglant désaveu, il s'est trouvé qu'après cette leçon électorale, aucune voix officielle n'a fait l'effort pour tirer publiquement les conséquences d'un tel échec. Certes, à l'impossible nul n'est tenu et le chef de l'Etat n'était pas en capacité sanitaire de s'adresser au peuple. D'ailleurs, l'on peut aisément décrire ce qui avait hérissé l'opinion à la lecture du «menu» des amendements proposés au vote. En somme, l'on n'a revu que partiellement ce qui devait faire de l'effet en décrétant que les sept articles dont c'était l'enjeu suffisaient à la rupture tant exigée par la vox populi du 22 Février. En vérité, ce n'était là qu'un bariolage de la loi fondamentale qui allait conserver en l'état ce que le fond traduisait précédemment.
Ceci dit, si en guise d'excuse, le Président n'était guère libre d'appliquer à la lettre ses propres convictions, il est cependant utile de souligner à sa place que sa promotion à ce haut magistère a fait de lui le seul comptable dans la conduite du pays. De ce fait, après avoir renoncé à l'idéal d'une seconde République, est-il quand même envisageable que le second Tebboune, ressuscité après sa maladie, en vienne à changer de perspectives dans ses futures démarches ? Tant il est vrai que les épreuves personnelles dessillent les yeux face aux exigences d'un pays que l'on régente.
B. H.


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