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Loi électorale : un autre recadrage pour brider les votes ?
Publié dans Le Soir d'Algérie le 23 - 01 - 2021

Quelles sont les raisons exactes qui font que la loi électorale est cycliquement remise en question ou, du moins, ponctuellement amendée ? Même s'il est clair que ce mode de fonctionnement est toujours « un choix politique », comme vient de le rappeler la constitutionnaliste Fatiha Benabbou,(1) néanmoins, l'option en question ne laisse-t-elle pas entendre que l'acte civique de voter doit nécessairement être bridé par le pouvoir au nom d'abord de ses objectifs puis pour le compte de l'encadrement des résultats ? C'est de la sorte, nous semble-t-il, que l'on peut comprendre l'autre formule lorsqu'elle souligne que « le système du scrutin est un choix politique accordé à la sociologie du pays ». In fine, s'agit-il d'être en phase avec la « nature » du régime qui gouverne ? C'est probablement le cas nous concernant là où le précédent changement des règles du vote date de 5 années à peine. C'est-à-dire à la veille des législatives de mai 2017 et des élections générales (APC-APW) en novembre de la même année.
Ballottée d'une loi organique à une autre, la classe politique, qui avait la particularité de râler discrètement sans faire trop de vagues, s'était, pour une fois, sentie flouée et presque humiliée lorsque la nouvelle loi de janvier 2017 décréta illégal tout boycott des scrutins de la part des partis politiques. Cet antécédent, relevant plutôt du chantage d'Etat qu'autre chose, a certes fait réagir les obédiences se présentant sous la bannière de l'opposition mais pour une courte durée : celle qui allait se clore au moment où la date de la campagne électorale fut fixée. Une pitoyable reddition évidemment justifiée par la crainte de disparaître de la scène politique au nom de l'oukase codifié par une loi électorale. Ce qui explique un désarroi sans pareil au sein des courants de l'opposition, tant il est vrai que, dans tous les cas de figure, jamais la question de la participation n'avait été une préoccupation pour le pouvoir dès lors que le bourrage des urnes constitue ridiculement le glorieux geste de cette démocratie de pacotille.
Il avait donc fallu attendre le tournant de 2017 pour constater un changement dans la manipulation des statistiques électorales. Mettant fin aux vieux plébiscites à la soviétique, le régime de Bouteflika introduisit le concept des quasi-ballottages. De même qu'il inocula aux scrutins législatifs la règle des scores serrés. C'est ainsi que la vague d'abstention qui marqua aussi bien le dernier scrutin parlementaire que ceux des élections locales fut clairement qualifiée de boycott massif par les spécialistes avec toutes les connotations politiques qu'il suggère.
Un mécontentement généralisé qui avait permis de consolider et légitimer les mots d'ordre de l'opposition puis de la conforter dans son rôle d'interlocuteur majeur du changement sans qu'elle puisse pour autant siéger dans les assemblées. Rétrospectivement, les courants de l'opposition n'avaient jamais bénéficié d'une audience aussi grande que depuis 2011. Il est vrai qu'à cette date le pouvoir était affaibli et dans le doute total à cette époque qui inaugura le « printemps arabe » avec la révolte de la Tunisie et la fuite de Ben Ali.
Alors que nous sommes au lendemain d'une ère déplorable et que, depuis une année déjà, un nouveau pouvoir prétend vouloir s'extraire de la gangue des préjugés en militant pour une nouvelle refondation de l'espace politique « selon les vœux que souhaite la société », disait-il en substance, il semble tout de même incompréhensible que ce soit le rétrécissement du champ des libertés politiques qui est devenu, dans l'immédiat, l'enjeu officiel. Est-ce en postulant de la sorte que l'on justifie bien plus qu'une promesse, un engagement ? Le dilemme est en lui-même plein de faussetés et cela par le fait qu'il s'amuse à mettre en balance le choix entre le statut d'opposant libre et le militant de service facilement élevé au grade de vigile de la démocratie. Car, pourquoi ne s'est-on pas posé la question différemment en mettant en avant les risques de l'abstention massive de l'électorat même à l'insu de tous les efforts des partis de l'opposition ? C'est qu'au cœur des analyses qui servent à décoder chaque boycott, même les opposants parmi les appareils légitimes ne s'aventurent surtout pas pour avouer que le rejet électoral les accuse eux aussi. Autrement dit, l'abstentionnisme est, depuis un quart de siècle, une constante de la vie sociale.
En effet, au risque de se suffire de l'ambivalence incarnée par des officines notoirement différentes mais pourtant solidaires dans une fidélité inutile, naturellement, la fiction de « l'Algérie nouvelle » s'apprête à se doter d'un Parlement une fois encore « aseptisé ». Quand bien même certaines personnalités de bonne volonté sont véritablement sincères lorsqu'elles croient qu'avec « un autre temps il y aura une autre stratégie », celle qui est à présent déclinée dans l'avant-projet de la nouvelle loi ne nous semble guère riche en innovations permettant entre autres de changer de mœurs électorales. En effet, à l'examen du projet, il est facile de relever que tout semble listé dans le détail, alors qu'il fallait libérer les impétrants en leur permettant de personnaliser leur présence en tant que candidats au cours de la campagne. Autrement dit, ne serait-il pas plus logique d'abroger tous les votes à la proportionnelle des listes en leur substituant ceux qui doivent être uninominaux à deux tours ? Car, à l'inverse de l'anonymat des listes porteuses de sigles et de parrainages préalables, chaque militant de chaque partie n'est-il pas mieux qualifié pour vendre les promesses de sa chapelle ? De surcroît, lorsque s'installe l'opération de « reconnaissance » de chaque parlementaire, l'interpellation politique devient mieux ciblée pour le badaud qui aurait alors la chance de devenir un électeur.
Hélas, nos experts ne semblent pas de cet avis car, selon eux, le recours au listing collectif met à l'abri les enseignes politiques que sont les partis lesquels préfèrent participer au challenge en étant masqués avec pour seule espérance de victoire, les allégeances qui demeurent les leurs bien avant le changement de régime. C'est pourquoi l'électeur a cessé, depuis un quart de siècle, d'aller au rendez-vous des urnes.
B. H.
(1) Lire l'encadré de Fatiha Benabbou intitulé « Le mode électoral est un choix politique », in le quotidien Liberté du 13 janvier.


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