La Cour suprême ordonne à la vice-présidente Delcy Rodriguez d'assurer la présidence par intérim    Pas de nouvelles taxes susceptibles d'affecter le pouvoir d'achat    Plus de 300.000 souscripteurs ont procédé au premier versement de la première tranche    Le président de l'Assemblée nationale populaire présente ses condoléances    Plus de 100.000 réfugiés accueillis au Burundi    Les Verts reprennent le travail et se projettent sur la RDC    Clôture de l'année financière 2025    Seules les transactions par chèque ou autres moyens électroniques seront autorisées dès février    La Somalie assure la présidence tournante du Conseil de sécurité    Un nouveau DG pour l'OPGI    Un apport considérable de 6 millions de mètres cubes dans les deux barrages    Une billetterie qui interroge, un 1er tour riche en rebondissements    LFP : Les sanctions et amendes de la 14e journée    Décès du moudjahid et historien Mohammed Harbi    Installation de la Commission nationale de suivi des dossiers    Entrée en lice à Alger de la comédie satirique «Djanazet Ayoub» du TNA    «Notre économie est saine et florissante»    M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé ce mardi que l'Algérie ne renoncera pas au caractère social de l'Etat    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Combats d'arrière-garde
Publié dans Le Soir d'Algérie le 24 - 06 - 2021

Comment rester sous les feux de l'actualité et occuper la scène médiatique ? C'est simple. Pour ceux qui n'ont rien à proposer, comme A. Bengrina, on pointe l'amazighité et ceux qui s'en revendiquent, ou on instrumentalise l'Histoire. Car, pour ce monsieur, ce n'est pas la détention de l'universitaire Fatiha Briki, le chômage des jeunes, la pauvreté ou la récession économique qui l'empêchent de dormir, mais l'amazighité. Dans sa ligne de mire aussi, Mohand Ouamar Benelhadj, le secrétaire général de l'ONM (moudjahidine), coupable à ses yeux de lui avoir rappelé quelques vérités historiques concernant justement la Kabylie durant et après la conquête coloniale. En effet, A. Bengrina, dont le parti qu'il dirige ne peut se targuer d'avoir obtenu un score massif le 12 juin dernier, ne semble pas connaître l'histoire de la guerre de Libération.
Pour ce faire, il aurait fallu, en plus de l'arabe, qu'il maîtrise un tant soit peu la langue française car, plus de 90% des documents et archives sur cette guerre et le mouvement national sont en français. Il aurait appris que cette région de Kabylie avait concentré plus du tiers de l'armée coloniale lors de l'opération Jumelle en 1959-61, opération qui faisait partie du plan Challe : un plan qui visait à réduire l'ALN à une peau de chagrin région par région, en Kabylie, dans le Centre, l'Ouarsenis et le Nord constantinois.
Au lieu d'encourager les jeunes à maîtriser, en plus de l'arabe, le français et l'anglais – Britanniques et Américains ont beaucoup écrit sur le mouvement national et la guerre de Libération nationale – quoi de mieux pour le dirigeant d'El-Binaa et ses amis que de criminaliser la langue de Molière, ce « butin de guerre » (dixit Kateb Yacine), afin, sans doute, que les jeunes d'aujourd'hui ne puissent pas accéder aux archives et ne connaissent que la version aseptisée de l'histoire du FLN/ALN, de l'Etoile nord-africaine (ENA), du PPA-MTLD, du Crua et du Groupe des 22, version que cette frange de l'islamisme politique a en partie réussi à faire figurer dans les manuels d'histoire, et enseignée à nos enfants durant les années 70-80 et même après !
Pour terminer, rafraîchissons la mémoire du dirigeant d'El-Binaa qui feint d'ignorer que la déclaration du 1er Novembre 1954 a été écrite en français. Et qu'en dépit de ses dérapages verbaux, à connotation anti-unité nationale, il n'a même pas été rappelé à l'ordre par qui de droit ! Alors que pour moins que ça, de jeunes activistes du Hirak sont poursuivis en justice et condamnés.
Dans un tout autre but, Nordine Aït Hamouda a pris quelques légèretés avec l'Histoire et enflammé les réseaux sociaux, accusant, entre autres, l'Emir Abdelkader d'avoir « vendu l'Algérie à la France » ! Mais que sait-on de l'Emir Abdelkader dont on a du mal à imaginer que durant 17 ans, il a guerroyé à cheval contre un ennemi puissant, mieux équipé et aguerri par les guerres napoléoniennes, en parcourant l'Algérie d'ouest en est et du nord au sud ? Sait-on qu'il avait réussi à unifier les deux-tiers du pays sous une seule autorité politico-administrative coiffant huit khalifalik (régions), institué un impôt égalitaire, mis en place une armée de 8 000 fantassins, 2 000 cavaliers, et 240 artilleurs pour la plupart, dit-on, d'origine turque car étant les seuls à savoir utiliser l'artillerie et institué, selon René Galissot, un service militaire avant l'heure?
Mais face à une armée de 108 000 hommes - un soldat français pour 25 habitants d'après R. Galissot - qui avait entrepris de détruire méthodiquement les bases de l'Etat mis en place par Abdelkader – villes pillées, incendiées et rasées, enfumades, massacres, incendies des récoltes et des vergers dans les plaines, en Kabylie et dans le Titteri – c'est un Emir traqué et épuisé par 17 ans de combat, ne disposant que de quelques centaines d'hommes en 1847, dans un pays socialement disloqué, réduit à la misère, avec des villes dévastées et vidées de leurs habitants, des « villes fantômes » (1), qui a fini par mettre un genou à terre.
Alors au lieu de parler de trahison, il faut peut-être s'interroger sur ce qui a provoqué sa défaite militaire dans cette Algérie du XIXe siècle et ne pas perdre de vue que c'était un homme de son temps. Sans plus. Quant au reste, comme par exemple le fait qu'il aurait désapprouvé la révolte d'El Mokrani ou de qualifier Messali Hadj de traître, laissons aux historiens le soin d'en débattre sereinement au lieu de politiser l'Histoire.
H. Z.
(1) Selon René Galissot, il a fallu attendre 50 ans et plus, pour voir les villes algériennes, restées « fantômes du passé citadin arabe et turc », se repeupler.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.