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Les questions linguistiques sont complexes
Publié dans Le Soir d'Algérie le 11 - 10 - 2010

Permettez-moi de r�agir � l�article paru dans le journal Le Soir d�Alg�rieN� 6022 du 8 ao�t 2010 au sujet de la contribution apport�e par MM. Mhand Amarouche, Boualem Aourane, Tahar Hamadache, Mouloud Idir, Ali Ihaddadene (les auteurs ayant sign� ladite contribution � titre de citoyens alg�riens) portant sur la r�ponse qu�ils ont formul�e � M. Addi Lahouari suite � l�interview qu�il a accord�e au journal �lectronique Le Quotidien d�Alg�rie en date du 29 juin dernier, dans laquelle la question du statut de la langue amazigh a �t� abord�e par M. Addi.
Tout le m�rite leur revient car, d�une part, par ces temps de canicule rares sont ceux qui osent mettre un peu de leur temps pour participer par le truchement de la presse nationale au d�bat qui anime la sc�ne nationale, et d�autre part, incitent d�autres � donner leurs points de vue sur ces questions cruciales rest�es en suspens afin d��changer les r�flexions. De prime abord, nous pouvons dire qu�il est tout de m�me paradoxal que des langues qui sont v�ritablement langues majoritaires de socialisation soient minor�es par l�institution �tatique. Pire, la gestion politique des langues dans notre pays passe carr�ment sous silence ces m�mes idiomes qui, pourtant, occupent une place privil�gi�e dans la r�partition de la communication sociale. Le linguiste Abdou Elimam affirme dans ce sens qu�il n�est pas exag�r� de dire qu�un �colier alg�rien est un sujet dont on vide la substance linguistique native pour lui substituer une proth�se langagi�re. C�est ce m�canisme-l� qui produit de la schizophr�nie pr�coce. Si les modalit�s d�enseignement sont perfectibles, l�ali�nation linguistique, elle, laisse des traces ind�l�biles. Chemin faisant, la solution � ces probl�mes passera, avant tout, par la prise de conscience de notre r�alit� nationale ; cellel� m�me que nous construisons de puis l'acc�s � notre ind�pendance nationale. Les questions linguistiques sont des plus complexes dans la construction d'une nation moderne. Cependant, la r�alit� mondiale montre que les cas de monolinguismes �tatiques sont plut�t l'exception. La majorit� des nations modernes vivent et se d�veloppent avec plusieurs langues. Jusqu'� quand nous faudra-t-il reproduire le mod�le jacobin du colonialisme ? Jusqu'� quand nous faudrait- il tourner le dos aux perc�es scientifiques contemporaines sur le langage humain ? Il ne faudrait pas que l'aveuglement politique cache une essence sociale qui, en synth�se, porte le nom d'Alg�rie. Il me semble que les questions soulev�es ne sont pas r�gl�es en Alg�rie et qu'il faudrait rouvrir le d�bat avec s�rieux et surtout sans a-priori. Je m'inspirerai en grande partie, pour ce qui me concerne, des travaux (articles et ouvrages) de M. Abdou Elimam qui est mon mentor et que je r�sume en cinq points :
1. Nous partons du fait que le potentiel langagier des humains est un �don du ciel� et c'est pourquoi nos cerveaux abritent des zones sp�cifiques au langage. Ce potentiel neurolinguistique passe en �dur� sous la forme de circuits nerveux � partir du moment o� on est expos� � la communaut� des parlants qui nous entourent. C'est ainsi que jaillit la langue maternelle : on ne la choisit pas, elle nous est impos�e par la rencontre entre le neurologique et le social, � notre arriv�e � la vie. Cette vision est de nos jours largement partag�e par les neurosciences contemporaines.
2. Ce don de la nature est fix� en dur dans nos vaisseaux et nos neurones, d'ailleurs il occupe l'h�misph�re gauche du cerveau. Toute autre langue qui arrive, apr�s coup, se voit abrit�e par l'h�misph�re droit. Les rares cas de bilingues �parfaits� voient la langue seconde partager une partie des aires r�serv�es au langage dans l'h�misph�re gauche. Partie seulement ! En somme, toute autre langue qui arrive prend appui sur les dispositifs neurologiques et cognitifs mis en place par la langue maternelle.
3. Partant de l�, il devient clair que l'arabisation ne pourra JAMAIS �carter la langue maternelle, sauf si cette langue arabe devient elle-m�me maternelle. Or, elle ne l'a jamais �t� pour personne (je parle de la langue du Coran). Personne n'est venu � la vie avec cette langue comme langue. Par ailleurs, tamazight en tant que langue maternelle est donc log�e � la m�me enseigne que toute autre langue maternelle. Elle est en dur dans les cerveaux de ceux qui la portent � la naissance : rien, ni personne ne pourra en venir � bout. A moins de changer les r�seaux de neurones propres au langage.
4. Il y a maintenant l'histoire de nos contr�es et de leurs langues. Il est bon de rappeler le fait historique que la langue punique (celle de Carthage) a �t� la langue dominante avant l'arriv�e des Arabes � y compris durant la p�riode byzantine o� l'usage du punique est attest�. Le punique rencontre l'arabe et fait �bon m�nage� avec lui. Ce qui permet, d�s le Xe si�cle, l'�mergence de cette langue propre au Maghreb. Langue qui va s'�panouir en Andalousie et dans le reste du Maghreb ensuite. Le Maghribi h�rite donc d'un legs bien ancien � au moins aussi ancien que le libyque au Maghreb !
5. D�fendre les langues, c'est avant tout d�fendre l'esp�ce humaine avec ce dont la nature la dote. Ainsi, la reproduction des langues par la naissance est le seul moyen par lequel les langues vivent. Toute intervention muscl�e d'imposition d'une langue sur une autre est vou�e � l'�chec (Ibn Jenni l'a dit au IXe si�cle, d�j� !). Le MCB d�Avril 1980 a bien retenu la le�on en adoptant dans la plateforme de revendications la d�fense de la langue amazigh et des langues populaires ou ed-daridja ou encore le maghribi (voir le point 4 ci-dessus). Pour conclure, j�attire votre attention sur le fait qu�au moment o� dans la plupart des pays d�mocratiques le d�bat tourne autour du r�le que joue la langue maternelle dans l�acquisition des langues secondes, chez nous l�enseignement des langues continue de tourner le dos aux r�alit�s socioculturelles dominantes, quitte � se contenter de niveaux de comp�tences linguistique tr�s largement en de�� des esp�rances ; que ce soit � l��crit ou � l�oral. Ce n�est pas le syst�me �ducatif mais bien le vidage de la langue maternelle qui nous a conduits � cette situation que tout le monde d�plore... par fatalisme ! Ce n�est ni une affaire de (hajra fi soubat) (et pas de �hadjaratoun fi el hida-i�) et encore moins de droit d�existence � tamazight dans ses espaces retranch�s mais d�une des caract�ristiques de l�homme� l� o� il se trouve.
M. A.-O.
* Universitaire
Bibliographie :
Abdou Elimam Le Maghribi alias �eddarija � (la langue consensuelle du Maghreb), Editions Dar El-Gharb, 2003.
Abdou Elimam Langues maternelles et citoyennet� en Alg�rie Editions Dar El- Gharb 2004.
Abdou Elimam L�exception linguistique en didactique Editions Dar El- Gharb 2006.
Agn�s Florin Le d�veloppement du langage Dunod, Paris, 1999.
Steven Pinker L�instinct du langag Editions Odile Jacob f�vrier 1999 (pour la traduction fran�aise).


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