La projection, dans l�apr�s-midi de samedi dernier, � la maison de la culture, de Concerto pour deux m�moires, le filmt�moignage de Menad Mbarek sur la guerre de Lib�ration nationale, a �t� suivie d�un d�bat anim� par des citoyens et des moudjahidine qui ont abord� de nombreuses questions li�es � l�histoire et notamment le r�cent t�moignage du premier pr�sident de la R�publique alg�rienne sur Jeune Afrique. Ancien maquisard de la Wilaya III historique o� il �tait secr�taire aupr�s des colonels Amirouche et Mohand Oulhadj et auteur de deux livres de t�moignage sur la guerre de Lib�ration nationale, Salah Mekacher a eu des mots durs � l��gard du premier pr�sident de la R�publique alg�rienne. �Si tu �tais un leader, pourquoi tu n�as pas donn� l�exemple en mourant les armes � la main, lorsque tu as �t� arr�t� en 1956 ?� Salah Mekacher d�nonce �les d�lires mensongers � de Ben Bella qui �a perdu sa cr�dibilit� aupr�s des maquisards depuis la date de son arrestation�. D�fendant le parcours de Abane Ramdane qui a �t� attaqu� dans l�interview accord�e � Jeune Afrique par l�ex-pensionnaire du ch�teau d�Aulnoy, Salah Mekacher aura cette r�flexion : �Abane Ramdane a r�ussi l�exploit d�organiser en pleine guerre un congr�s qui a structur� la r�volution.� �Contrairement � Ben Bella qui a rat� le grand virage de l�histoire ; c�est le nom de Abane que celle-ci (l�histoire) retiendra�, dira l�un des intervenants dans le d�bat ayant suivi Concerto pour deux m�moires. Le film de Menad Mbarek restitue, par le t�moignage, le parcours de deux protagonistes que les circonstances de la guerre d�Alg�rie ont amen�s � s�affronter. D�un c�t�, Salah Mekacher, combattant dans les maquis de Kabylie, de l�autre, Michel, jeune militant antimilitariste rappel� sous les drapeaux et envoy� en Alg�rie dans le cadre de ce qui a �t� pr�sent� par le gouvernement fran�ais d�alors comme une mission de pacification. La projection de ce film, qui m�le images d�archives et t�moignages vivants de ces deux acteurs de la guerre, a suscit� les �loges du public qui l�a v�cue comme un instant d��motion. En t�moigne cette affirmation d�un jeune spectateur � l�endroit du r�alisateur : �Votre film parle au c�ur.� Travail de restitution et de sauvegarde de la m�moire, le film d�livre un message, un appel � la r�conciliation entre deux peuples qui est contrari�e par des pesanteurs historiques. �Il faut que les bonnes volont�s arrivent � avoir raison de la raison d�Etat qui s�oppose � la r�conciliation entre les peuples fran�ais et alg�rien�, dira Salah Mekacher.