Le gouvernement alg�rien n�est pas tellement �chaud� quant � l�extradition d�Abdelmoumen Khalifa, selon un m�mo de l�ambassade des Etats-Unis � Alger, mis r�cemment en ligne par Wikileaks. Le m�me m�mo r�v�le que m�me la liquidation de Khalifa Bank relevait d�un deal plut�t entre les dirigeants alg�riens et fran�ais. Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Le c�ble date de f�vrier 2007, soit neuf mois avant que les autorit�s alg�riennes n�introduisent officiellement une demande d�extradition de l��ex- Goldenboy� alg�rien, Abdelmoumen Khalifa, appel� � r�pondre � une batterie de chefs d�inculpation pour avoir caus� un pr�judice financier se chiffrant en milliards de dollars au pays. C��tait aussi, avant que l�ambassadeur britannique Andrew Henderson n�ins�re une mise au point dans le Quotidien d�Oran (19 novembre 2007) pour dire que la premi�re demande officielle d�extradition d�Abdelmoumen Khalifa ne lui est parvenue qu�au mois de novembre 2007. L�intertitre annon�ant le compte rendu d�une entrevue entre l�ambassadeur et un diplomate britannique est aguicheur : �appels hypocrites pour une extradition.� �Les Alg�riens sont malhonn�tes au sujet de l�extradition d�Abdelmoumen Khalifa du Royaume-Uni. Ils nous critiquent r�guli�rement � travers les colonnes de la presse alors qu�ils n�ont jamais demand� officiellement son extradition�, �nonce ainsi le chef de la section politique pr�s de l�ambassade du Royaume-Uni, cit� dans ce m�mo avant d�ajouter : �et le gouvernement alg�rien n�a pas r�pondu � la demande de l�ambassade britannique pour fournir un document au langage technique requis pour l�extradition de Khalifa.� Cette attitude a conduit le diplomate britannique � conclure : �beaucoup plus, le gouvernement alg�rien appr�hende son retour au pays que le m�contentement populaire d� au fait qu�il continue � r�sider en Grande-Bretagne.� Et, �bien qu�il n�y ait aucune garantie pour que Khalifa soit extrad� �, souligne le c�ble, le diplomate britannique a eu cette r�plique : �faire porter le chapeau aux Britanniques arrange mieux les calculs des Alg�riens �. �Th�orie du complot� Outre l�histoire d�extradition, le r�dacteur du c�ble est all� loin dans sa qu�te des dessous de la liquidation du Groupe Khalifa. Quoique prudent dans ses jugements : �C�est la th�orie du complot qui pr�vaut mais, la majorit� des Alg�riens pensent que la liquidation de Khalifa Bank est une affaire politique �. Et il a surtout cit� sa source. Mohamed Ghernaout, expert financier qui a fait carri�re � la Banque centrale d�Alg�rie et auteur du livre Crises financi�res et d�faillances des banques alg�riennes : du choc p�trolier de 1986 � la liquidation de Khalifa Bank et BCIA, conc�de ainsi que Abdelmoumen Khalifa �avait, peut-�tre pris des d�cisions �conomiques malsaines�, avant d��voquer un deal associant les dirigeants alg�riens au renseignement fran�ais. Le c�ble restituant l�entrevue en date du 31 janvier 2007 entre ledit expert et l�ambassadeur Robert S. Ford souligne : �Mohamed Ghernaout nous a dit que la liquidation de Khalifa rel�ve d�un deal entre les dirigeants alg�riens et le renseignement fran�ais, justement pour laisser le champ libre aux banques fran�aises en Alg�rie. Il nous a dit aussi que Khalifa est devenu trop grand en un tout petit laps de temps. Les Fran�ais, qui voulaient avoir leur part du g�teau, ont mis� sur l�imprudence du playboy Abdelmoumen pour appuyer leur th�se et faire tomber la banque�. Et, semble-t-il, l�analyse de Ghernaout a marqu� l�Am�ricain : �sa proph�tie est devenue r�alit�. En ces derni�res ann�es, les banques fran�aises, Soci�t� G�n�rale et BNP Paribas qui ont ouvert plus de 50 succursales en Alg�rie ont affich� leurs intentions � reprendre le Cr�dit populaire alg�rien (CPA), list� parmi les soci�t�s privatisables�. Ghernaout souligne par ailleurs que ce qui a acc�l�r� la chute de Khalifa �taient les deux stations de t�l�vision qu�il a eu � lancer (l�une diffusant en arabe � partir de Londres et l�autre diffusant en fran�ais � partir de la France son intention de monter un empire m�diatique. �Abdelmoumen comptait monter un empire m�diatique rivalisant avec Al-Jazeera et se lancer dans la presse �crite. Les dirigeants alg�riens appr�hendaient cette couverture satellitaire non filtr�e comme une menace�, conclut Ghernaout. Le c�ble souligne �galement que beaucoup pensent que la d�molition de Khalifa TV a �t� �d�cid�e� par Bouteflika dans le sillage des pr�paratifs des pr�sidentielles de 2004 dont il �tait candidat � sa propre succession. �La comp�tence du gouvernement mise en question� Pour son r�confort, le r�dacteur du c�ble a jug� �galement utile de noter l�avis de l�avocat Mokrane A�t Larbi, pr�sent� comme ayant de l�exp�rience dans les affaires li�es au crime �conomique. �C�est l�absence de garde-fous fiables. Les voyants devaient s�allumer au rouge d�s lors que les d�p�ts � Khalifa gagnaient 11 % au moment o� le taux d�int�r�t appliqu� par les autres banques vacillait entre 5 et 6 %�, s�interroge l�avocat alg�rien en s�exclamant : �John Doe ne pourrait y avoir une id�e !�. Mokrane A�t Larbi a soulign� par la suite qu�il �refuse de croire � ce que le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque d�Alg�rie n��taient pas au courant des faiblesses et des dysfonctionnements de la banque Khalifa�. Et pour clore ce chapitre, le r�dacteur du c�ble ironise ou plut�t d�crit une caricature tournant en d�rision M. Medelci, ministre des Finances appel� � t�moigner lors du proc�s Khalifa, ouvert rappelons-le, le 8 janvier 2007. La caricature, note le m�mo, montre un Medelci qui implorait �cl�mence� au motif qu�il �tait �trop stupide� pour comprendre ce qui se passait.