Parqu�es depuis deux ans dans les locaux du Centre d'enfance Zougala de Miliana, une trentaine de pupilles de l'Etat sont livr�es � eux-m�mes. L'organisation d'une manifestation, pour revendiquer leur droit � �tre r�ins�r�s au sein de la soci�t�, a valu 8 mois de prison ferme � sept d'entre eux. Tarik Hafid - Alger (Le Soir) - Lacheraf Mohamed, Berraho Hamid, Nechadi Kamal et A�t Ouaret Abdelkrim ont fait le voyage de Miliana � Alger pour exposer la situation �catastrophique� qu'ils subissent, avec leurs camarades d'infortune, au Centre des pupilles de l'Etat de Zougala. �Vingtsix personnes, dont dix mineurs et deux handicap�s, vivent dans ce centre. Cette structure n'est plus g�r�e par un directeur depuis plusieurs ann�es et les encadreurs ont eux aussi quitt� les lieux. La seule aide que nous percevons des autorit�s se limite � un ravitaillement en denr�es alimentaires�, expliquaient, hier, nos interlocuteurs. �La cit� d'enfance de Zougala�, pour reprendre la d�nomination officielle de ce centre, est devenue le lieu de r�sidence permanent de ces citoyens qui ont pratiquement tous atteint la majorit�. Sept d'entre eux sont d'ailleurs mari�s et ont des enfants. �O� voudriez-vous que l'on aille. Les plus hautes autorit�s du pays nous ont promis des logements d�cents. Lorsqu'il �tait ministre du Travail, Aboudjerra Soltani avait jur� de prendre en charge notre cas. Nous attendons toujours�, assurent-ils. Les autorit�s locales ont, elles aussi, multipli� les promesses, notamment lors des �lections, sans pourtant les tenir. �C'est face � cette situation que nous avons d�cid� d'organiser des manifestations pour que nos revendications soient prises en compte�, dira Lachref Mohamed. Le 26 mai dernier, ayant eu vent du passage du wali de A�n-Defla dans la r�gion, les locataires du centre proc�dent � la fermeture de la RN 65 qui relie Miliana � Khemis-Miliana et menacent de faire exploser des bouteilles de gaz butane. L'intervention des forces anti-�meutes de la Gendarmerie nationale ne se fait pas attendre. �Elles ont �t� d�p�ch�es de Chlef. Elles ont donn� la charge en utilisant des grenades lacrymog�nes. Il y a eu des bless�s parmi les femmes et les enfants. Mon b�b�, �g� de 45 jours, a re�u un projectile sur la t�te, il a d� �tre hospitalis�, expliquera Lacheraf Mohamed qui reconna�tra que ses camarades ont gravement bless� un gendarme. �Les autorit�s nous ont propos� de dialoguer, nous avons donc d�sign� sept repr�sentants pour exposer nos revendications. Mais tout le groupe a �t� arr�t� manu militari et pr�sent� devant la justice. Ils purgent actuellement une peine de 8 mois de prison ferme. Il y a parmi eux un handicap� et de jeunes p�res de famille�, ajouteront- ils. La situation de nos interlocuteurs est elle aussi inconfortable. �Nous ne pouvons plus retourner au centre de peur de subir le m�me sort que nos camarades.� Contact� hier au t�l�phone, dans l'objectif d'en savoir plus sur cette affaire, le directeur des affaires sociales de la wilaya de A�n-D�fla a affirm� ne pas disposer d'informations concr�tes. �Nous sommes, le wali et moi, les tuteurs l�gaux de ces enfants. Je ne suis pas au courant des tenants et des aboutissants de cette affaire, notamment en ce qui concerne l'aspect juridique.� Questionn� sur le sort de ces enfants qui sont livr�s � eux-m�mes depuis des ann�es, ce responsable a r�pondu: �Ce centre est cens� accueillir des enfants �g�s de 0 � 19 ans. Pour tenter de comprendre ce dossier, il faut revenir aux ann�es ant�rieures�. Le DAS refusera par la suite d'en dire plus. �Je ne suis pas habilit� � r�pondre aux questions des journalistes sans l'aval du wali.�