�La cour d�Alger est devenue une v�ritable propri�t� priv�e. Il y a des gens qui g�rent cette institution de la R�publique comme s�il s�agissait de leur bien personnel. En tant qu�avocat et b�tonnier, je subis le diktat de cette situation, que dire d�s lors du citoyen pour qui la justice doit symboliser pour lui pr�servation de ses doits et d�fense de ses int�r�ts.� Ces propos tenus par le b�tonnier de l�organisation des avocats d�Alger sont extraits de son intervention faite lors d�une conf�rence de presse organis�e hier au si�ge du b�tonnat. En pr�sence d�un grand nombre d�avocats et de journalistes, Me Sellini Abdelmadjid n�a pas �t� par trente-six chemins pour fustiger le procureur g�n�ral pr�s la cour d�Alger. L�avocat a dress� un v�ritable r�quisitoire, l�accusant �d�imposer sa loi�, en affichant un �m�pris total� envers les robes noires �qui constituent le second pilier avec celui des magistrats pour la justice.� �Aujourd�hui, le temps des concessions est termin�. On n�accepte plus que le droit de la d�fense, celui des citoyens, soit bafou�. En ma qualit� d�avocat et de b�tonnier, je refuse d��tre le complice ou l�alli� de la privation des citoyens de leurs libert�s. Aujourd�hui, malheureusement, au niveau de la cour d�Alger, le citoyen a peu de chances de recouvrer ses droits. Il faut que cela cesse et que les pouvoirs publics concern�s interviennent et mettent fin aux pratiques de ce procureur g�n�ral qui refuse de reconna�tre un droit constitutionnel qui est celui de la d�fense�, a plaid� l�avocat Sellini. Selon le conf�rencier, la goutte qui a fait d�border le vase est la d�cision prise par la pr�sidente de la cour de ne pas publier les noms des magistrats d�sign�s pour si�ger dans les affaires enr�l�es en criminelle. D�s lors, les robes d�cident de d�serter les salles d�audience. La pr�sidente de la cour, par int�rim, persiste quant � elle � affirmer qu�il n�existe aucun texte de loi qui l�oblige � le faire. Cette situation a eu pour cons�quence le renvoi de toutes les affaires programm�es durant cette semaine � une date ult�rieure p�nalisant ainsi les justiciables, notamment ceux en d�tention provisoire, dont les proc�s risquent d��tre report�s � la prochaine session criminelle, pr�vue vers la fin de septembre prochain. Cette affaire r�gl�e, le Conseil de l�ordre des avocats d�Alger, Me Sellini a demand� audience aupr�s du procureur g�n�ral l�invitant � programmer une r�union avec les repr�sentants des avocats pour d�battre des probl�mes et arr�ter ainsi une solution. �Nous avons agi en tant que personnes responsables, consid�rant que c�est dans le cadre du dialogue et de la concertation que tous les probl�mes seront r�gl�s. Mais en d�finitive, c�est tout � fait le contraire qui s�est produit. Comme � son accoutum�e, le procureur g�n�ral de la cour d�Alger �voque une raison injustifi�e pour ne pas assister � la r�union, une mani�re de fuir ses responsabilit�s. D�s lors, nous sommes arriv�s � la conclusion que nous avons toujours �vit� d�admettre est que ce monsieur refuse le d�bat pr�f�rant imposer son diktat au d�triment de la loi�, explique le conf�rencier qui ajoute sur un ton de d�nonciation �que nous avons fait trop de concessions et aujourd�hui, le temps est venu pour dire la v�rit� et que le temps des concessions est d�sormais r�volu �. C�est dans cette optique que le b�tonnier annonce �qu�au niveau de la cour d�Alger, le processus de privatisation de la justice a �t� lanc�, reprenant ainsi la d�claration faite par un autre avocat et de surcro�t b�tonnier, le d�funt Arezki Bouzida, �qu�il y a un palais, mais pas de justice�. C�est dans ce cadre qu�il l�che sa phrase en d�clarant que �c�est le procureur g�n�ral de la cour d�Alger qui d�cide de couper les t�tes et que c�est lui qui d�cide d�autre chose�. En somme, il ajoute en affirmant que �c�est dans le bureau de ce procureur g�n�ral que toutes les d�cisions de justice sont prises pas au terme d�un proc�s qui se tient en audience. Si vous lui plaisez, vous avez tir� votre �pingle du jeu, le contraire c�est votre t�te qui sera coup�e. Aujourd�hui, il y a des limites � tout et � travers cette conf�rence de presse, nous avons d�cid� d�interpeller les autorit�s de tutelle sur cette situation et porter � la connaissance de l�opinion publique la situation qui pr�vaut au sein de la cour d�Alger�. Abder Bettache