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A FONDS PERDUS
Vers un r�alisme utopique Par Ammar Belhimer [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 29 - 05 - 2007

Les courants de pens�e et de pouvoir affili�s au socialisme, � l�altermondialisme, voire tout simplement � l�humanisme, traversent les moments les plus critiques de leur histoire. Et ce n�est pas la survie de la Chine populaire ou les nouveaux espaces conquis en Am�rique latine qui d�mentiront leur passage � vide. Dans l�ensemble, ils ont c�d� � la tentation de caresser les choses dans le sens du poil, de laisser venir, de capituler ou de �s�adapter�. En for�ant un peu le trait et en greffant le vieux clivage gauche-droite sur la r�alit� am�ricaine, ils ont couvert la capitulation comme l�avait fait Bill Clinton en 1992 avec son mot d�ordre de campagne : �C�est l��conomie, idiot !� [�It�s the economy, stupid !�).
Le New Labour, de Tony Blair, est toujours dans la m�me voie. Comme les n�olib�raux, ils caressent encore l�id�e que l��mergence d�une �conomie, dite sociale, de march� mondial � un syst�me de production et de consommation � l��chelle plan�taire, abolissant toutes les fronti�res nationales et culturelles - ferait na�tre plus de richesses, permettrait � l�humanit� de surmonter les discordes du pass� et ferait reculer les forces du nationalisme et de la religion. C�est la raison pour laquelle ils ont baiss� la garde et m�me, politiquement et moralement, accompagn� le processus. L�autre camp est donc plus lucide. En tout cas plus pragmatique. Il a compris que les march�s sont loin d��tre naturels mais qu�ils doivent �tre cr��s. Les n�olib�raux ont invent� leur propre monde de valeurs qui ne sont pas inn�s � l�homme. Tout a commenc� � la fin des ann�es 1960, lorsqu�ils ont lanc� des id�es aussi �folles� � pour leur temps � que les privatisations dans un contexte hautement d�favorable de d�colonisation et de socialisme triomphant. Ils n�avaient pas pour autant baiss� les bras, allant, autour de nous, jusqu�� donner la C�te d�Ivoire, le S�n�gal, le Gabon ou le Togo en exemple. �Quel culot !�, peut-on penser aujourd�hui lorsqu�on voit o� en sont aujourd�hui ces vitrines locales du capitalisme n�o-colonial. En r�alit�, les n�o-lib�raux n�avaient pas besoin d�avoir raison. Ils devaient tout simplement gagner. Et ils l�ont fait. En dix ans, ils se sont install�s dans le champ politique jusqu�� prendre le pouvoir d�abord dans le monde anglo-saxon, aux Etats-Unis et au Royaume- Uni, puis ailleurs. Ils avaient besoin de faire adh�rer la population au march�, et ils y sont parvenus, allant jusqu�� changer les mentalit�s au moyen d�institutions qui pla�aient la concurrence avant la coop�ration, la comp�tition avant la solidarit�, l�argent avant le sentiment. C�est dans la mondialisation que les n�olib�raux ont trouv� leur meilleur alli� car elle a sign� la reddition id�ologique des courants de progr�s. A l�oppos�, et � l�instar de Marx et d�Engels qui en parlaient d�j� en 1848, de larges courants de gauche per�oivent encore la mondialisation comme le stade le plus �lev� du progr�s humain. On retrouve cette filiation marxiste de la mondialisation n�o-lib�rale partout, y compris dans les �crits de Thomas Friedman, missionnaire passionn� de cette foi n�olib�rale, qui vient de publier The World is Flat : A Brief History of the Twenty- First Century. (Le monde est plat : br�ve histoire du XXIe si�cle)]. Comme Marx, Friedman soutient que, parce qu�elle est synonyme d�un seul et unique syst�me �conomique, la mondialisation sonne le glas de la guerre, de la tyrannie et de la pauvret�. La question, � combien g�nante, mais fort actuelle, de savoir si les n�olib�raux ne font que reprendre les arguments les plus faibles de la pens�e de Marx, notamment sa tendance syst�matique � sous-estimer les mouvements nationalistes et religieux et une vision unidirectionnelle de l�Histoire, n�est-elle pas au c�ur de l�impasse actuelle et de l��chec de l�ancienne gauche ? La double rupture que sugg�re cette lecture ne viendrait-elle pas de la dissociation essentielle entre : - d�une part, l�id�e selon laquelle nous vivons une p�riode d�innovation technologique rapide et soutenue qui a pour effet de relier plus largement et plus vite qu�auparavant les �v�nements et les activit�s d�un bout � l�autre de la plan�te � une id�e au demeurant g�n�reuse et fort acceptable; - et d�autre part, l�id�e selon laquelle ce processus d�boucherait n�cessairement sur un seul et m�me syst�me �conomique valable pour le monde entier � ce qui n�est pas du tout �vident. Suivre Marx � la lettre, c�est confondre les deux d�veloppements et terminer dans les bras des n�o-lib�raux. Globalement l�histoire de la pens�e �conomique fait reposer la d�fense du libre�change sur la base d�un mod�le th�orique de base devenu secondaire, celui des avantages comparatifs, et compl�t� depuis un peu plus de trente ans par les nouvelles th�ories du commerce international qui ont int�gr� les effets de taille des pays et de la concurrence imparfaite. Le courant �conomique dominant d�veloppe une r�pulsion certaine � l�endroit du protectionnisme et il le fait sur la base d'arguments pragmatiques et empiriques av�r�s d�une science qui est encore loin d��tre exacte : le protectionnisme permet � certains groupes gravitant autour du Centre de s'enrichir au d�triment des consommateurs, il freine l'innovation, les gains de productivit� et donc la croissance. Cette logique, apparemment implacable, fait le lit des n�olib�raux qui interpr�tent la mondialisation comme un ph�nom�ne motiv� par la recherche de gains de productivit�, et le nationalisme est � leur sens une sorte d�arri�ration culturelle qui sert surtout � ralentir ce processus. Pourtant, le nationalisme a favoris� la croissance rapide du capitalisme au XIXe si�cle et au d�but du XXe, et il joue le m�me r�le en Chine et en Inde aujourd�hui. Le d�collage �conomique du Royaume-Uni, tout comme celui des Etats-Unis, a eu lieu dans un climat de nationalisme farouche ; il en est de m�me pour le d�veloppement du Japon � l��re Meiji. Aujourd�hui encore, la r�sistance nationaliste � la mondialisation domine davantage dans les pays avanc�s tels que la France, les Pays-Bas et les Etats- Unis. Friedman lui-m�me s�inqui�te de l�impact des d�localisations sur l�emploi aux Etats-Unis, et l�administration Bush se montre de plus en plus protectionniste dans sa politique commerciale, qu�il s�agisse des produits agricoles ou de ses �changes avec la Chine. Le protectionnisme europ�en politiquement fond� sur la volont� affich�e de contrer contre les pays � bas salaires ne tient pourtant pas la route : l'emploi en France, par exemple, n�est qu�accessoirement tributaire des importations des �conomies � bas salaires (qui ne repr�sentent qu'un peu plus de 10 % de ses importations) et la concurrence de ces pays sur l'emploi (m�me industriel, le plus affect�) reste mineur, tandis que l�av�nement du ch�mage de masse en France est bien ant�rieur � l'int�gration de ces pays dans l'�conomie mondiale. Ainsi donc, mondialisation et protectionnisme sont les deux faces d�une m�me m�daille que les anciennes puissances exhibent en fonction de leurs int�r�ts du moment. Les doubles discours et pratiques qui les accompagnent reconduisent les m�mes ing�rences et les m�mes dominations suivant la r�gle de �deux poids deux mesures�. Combien de temps survivra encore cette hypocrisie ? Y a-t-il une alternative � ce �march� de dupes� ? La r�ponse est peut-�tre au bout du chemin qu�emprunte, depuis le 17 juin 2006, Compass, un �groupe britannique de pression de la gauche d�mocratique�, dont le but est de r�fl�chir � un programme de renouveau du travaillisme incarnant, pour reprendre ses animateurs, �la notion de r�alisme utopique �, � partir d�une nouvelle utopie, non pas celle des march�s mais la n�tre. L�id�e centrale est que la soci�t� passe avant l��conomie, qu�un monde meilleur ne peut pas se fonder sur le n�olib�ralisme et que les march�s doivent �tre r�glement�s.

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