A l'appel du bureau de wilaya du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation (Cnapeste), des centaines d'enseignants tous cycles confondus ont battu le pavé hier, dans la ville de Tizi Ouzou, pour réitérer leur principale revendication, à savoir le départ de deux responsables exerçant au sein de la direction locale de l'éducation. Sous le slogan «la dignité de l'enseignant, une ligne rouge», les enseignants affiliés au Cnapeste, en grève illimitée depuis un mois, ont entamé leur imposante marche depuis la direction locale de l'éducation jusqu'au siège de la wilaya distant d'environ deux kilomètres, en brandissant des banderoles et des slogans pour dénoncer une agression dont aurait été victime une enseignante stagiaire de la ville de Tizi Ouzou le mois d'octobre dernier, de la part d'une policière dans les bureaux de l'académie et surtout réclamer le départ de deux responsables exerçant à la DE, à savoir le responsable du personnel et celui du contentieux, qui seraient selon le même syndicat «complices» dans l'acte d'agression commis sur la jeune enseignante. Un acte que le bureau du Cnapeste de Tizi Ouzou n'a pas cessé de dénoncer à travers d'abord la tenue d'un rassemblement devant le siège de l'académie à la fin du mois d'octobre dernier, suivi d'un autre trois semaines plus tard devant la wilaya, tout en appelant à une grève illimitée depuis le 20 novembre. Une grève qui a paralysé de nombreux établissements au niveau de la wilaya au grand dam de milliers d'élèves, privés de cours depuis un mois, dans plusieurs matières à travers différents établissements de la wilaya. En dépit d'un verdict rendu le 11 décembre dernier par le tribunal administratif de Tizi Ouzou jugeant cette grève illégale, à la suite d'un procès intenté au Cnapeste par la direction de wilaya de l'éducation et les multiples appels et manifestations de rues de parents d'élèves dont la dernière en date était le rassemblement tenu dimanche dernier devant le siège de la wilaya, pour réclamer la fin du mouvement, le syndicat a maintenu son mot d'ordre de grève. Pour le Cnapeste qui qualifie le procès intenté par la DE et le vérdict rendu par le tribunal administratif de Tizi Ouzou d'une «autre injustice qui s'ajoute à toutes ces maladresses, manœuvres et calomnies qui (les) ont révoltés tout au long de cette affaire», le mouvement de grève enclenché depuis le 20 novembre dernier se poursuivra jusqu'à la satisfaction de leur revendication à savoir le départ des deux responsables de l'académie, accusés de complicité dans l'affaire de l'agression d'une enseignante stagiaire par une policière dans les bureaux de la DE. Une affaire qui a suscité une grande polémique et qui avait poussé la direction de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou, à rendre public un communiqué le 31 octobre au lendemain d'un sit-in du Cnapeste devant le siège de la DE, pour démentir toute sorte d'agression sur l'enseignante en question par une policière de la sûreté de Tizi Ouzou, suite à un différent qui a éclaté dans les bureaux de la DE entre l'enseignante et des responsables de l'administration. «La policière de faction s'est déplacée sur les lieux du différend et est intervenue en appelant l'enseignante au calme avec professionnalisme, en présence de témoins ; finalement, les choses sont rentrées dans l'ordre», écrit la sûreté de wilaya dans un communiqué transmis à la presse.