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Omar le candidat
Point Net
Publié dans Le Temps d'Algérie le 09 - 02 - 2014

Dans la vie de tous les jours, personne n'a jamais fait attention à lui. Normal, il ne fait rien pour se faire remarquer. Omar est un homme… normal. A bientôt soixante ans, il fait partie de ces nombreux quidams qui n'ont pas grand-chose à dire, rien de spécial à faire et rien d'extraordinaire à montrer. Petit fonctionnaire incolore, inodore, indolore, il aurait pu continuer à mener une existence sans risque et sans panache. Rien ne lui est jamais arrivé. Ni promotion ni déclassement ni prospérité ni misère. Dans sa vie, il n'y pas des hauts et des bas. En poussant la caricature à son paroxysme, quelqu'un a dit que dans sa vie, il n'y a même pas de plat ! Dans son quartier, personne ne sait d'où il vient, pour la simple et bonne raison que personne ne s'est posé la question.
Il est là et c'est tout, Omar. On sait qu'il travaille, il ne fait que ça. Sinon, il va au marché ou il est à la maison. Il a toujours travaillé mais on ne sait pas depuis quand, ça n'intéresse personne. Il est fonctionnaire dans une administration publique mais personne ne sait laquelle. Il n'a jamais rendu service à quelqu'un mais personne ne s'en plaint, puisque personne ne lui a jamais demandé quoi que ce soit. Omar ne fait pas de bien et il ne fait pas de mal.
Il ne fait rien, il travaille et va au marché quand il n'est pas à la maison. Dans une autre vie, réelle ou fantasmagorique, Omar aurait une autre… vie. Il ferait plein de choses intéressantes qu'il cache bien à son entourage, aurait de vraies passions et d'autres biens qui font que sa morne existence apparente serait en fait remplies de bonheurs inaccessibles à ceux qui, par un malheureux hasard de l'histoire et de la géographie réunies, partagent son espace vital déclaré.
Il paraît qu'il est beaucoup plus intelligent qu'il ne paraît et son statut de sombre scribouillard est le fait d'une insupportable injustice qu'il couve comme une maladie dont il ne veut pas partager la douleur. Omar disparaît plusieurs fois par an. Il est «en mission» ou en vacances mais il n'y a pas grand-monde pour s'en préoccuper. Sauf pour le petit cercle très fermé qui prend en charge la vie cachée d'Omar. Ils ne sont pas nombreux mais ils ont l'imagination débordante. Ça peut aller du délire au cocasse, de l'invraisemblable au terre-à-terre.
Il paraît qu'Omar est un grand voyageur, ce qui explique ses absences mystérieuses et répétées. On raconte que toutes ses économies vont à des pérégrinations savantes à travers le monde. Il se dit aussi d'Omar que sa vie de modeste fonctionnaire sans attrait et sans prétention est destinée à masquer une autre vie, beaucoup plus passionnante, beaucoup plus aisée, beaucoup plus valorisante. Il aurait une mission secrète, il serait introduit dans les cercles fermés de la pensée, du pouvoir et des affaires. Omar ne sait pas ce qu'on dit de lui, sinon il deviendrait quelqu'un d'autre.
Bien sûr, Omar n'a ni une autre vie ni d'autres passions, ni d'autres biens. Il n'est introduit nulle part et depuis quelques semaines, il veut que ça change. Et quand il a appelé quelques- uns parmi ses voisins pour les inviter à un café, tout le monde est tombé des nues. Ils étaient surpris mais ils s'y sont quand même précipités, surtout par curiosité.
C'est tout de même un événement qu'Omar invite à un café. Et quand il leur a dit pourquoi il les a réunis, paradoxalement, ils étaient moins surpris. Ils «savaient» bien qu'il leur a toujours caché quelque chose. Omar les a informés qu'il avait l'intention de se présenter à l'élection présidentielle ! Depuis, ça parle de lui dans le quartier. On l'appelle «Omar le candidat» et ça suffit déjà à son bonheur.
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