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Un fléau inquiétant : Le suicide en hausse
Publié dans Le Temps d'Algérie le 11130

Le suicide prend des proportions inquiétantes ces dernières années dans la wilaya. Depuis janvier, 12 cas sont déjà enregistrés et plus de 110 tentatives de suicide ont été enregistrées aux urgences de l'hôpital Dr-Hassani de la wilaya. Selon ces mêmes services, le bilan des trois derniers trimestres relève que les tentatives de suicide chez les femmes sont plus élevées comparativement aux hommes.
Ainsi, le nombre de suicides a atteint quelque 50 cas durant le deuxième trimestre, contre 12 cas seulement chez les sujets masculins.
Les moyens pour passer à l'acte sont généralement les médicaments, les produits chimiques et caustiques. S'il est avéré que le suicide est un acte rare par rapport aux tentatives, certains ont pu néanmoins mettre fin à leur vie soit par pendaison, suicide le plus répandu chez les hommes, ou à travers la consommation de produits caustiques chez les femmes. Le suicide est défini comme un acte délibéré de mettre fin à sa propre vie, alors que la tentative de suicide est un acte intentionnel posé par une personne dans le but de se suicider mais qui n'aboutit pas toujours à la mort.
Selon le Pr Boublenza, chef de service de médecine légale du CHU Dr-Hassani a reçu 12 cas de tentatives de suicide de différentes catégories d'âge.
La mission de ce service a aussi un souci judiciaire, et le plus important pour l'équipe des médecins spécialistes est de déterminer les moyens utilisés par le suicidé et remettre un rapport détaillé à la justice pour compléter l'enquête entamée par les services de sécurité (police ou gendarmerie nationale). Selon le Pr Boublenza, les suicidaires revendiquent toujours quelque chose. «Il y a derrière ce geste une compréhension sociale, psychiatrique, psychologique, biologique et génétique. Des enzymes du cerveau jouent un effet sur l'homme et le poussent au passage à l'acte. En l'acte lui-même, il y a des phases. Puis on entre dans une frénésie où on ne ressent plus rien. On passe à l'acte pour se faire entendre. La tentative est assimilée à une automutilation pour porter préjudice à une autre personne, pour l'accuser».
Urgences médicales, premier service des admissions
Les urgences médicales sont la première étape de la prise en charge des suicidaires évacués pour les sauver d'une mort certaine. La plupart des cas admis sont des sujets qui ingurgitent des produits caustiques, ce qui nécessite parfois une chirurgie immédiate. La prise en charge psychologique est la seconde étape, qui doit systématiquement suivre celle des premiers secours administrés au patient. L'écoute du psychologue est la thérapie qui doit diagnostiquer le cas des suicidaires pour comprendre leurs raisons et aussi le but de leur geste. L'acte de la tentative de suicide exprime plutôt un appel au secours, selon les psychologues. Un appel que l'entourage ne comprend généralement pas. Les suicidaires sont généralement des personnes déprimées. Se donner la mort est pour eux la seule solution pour mettre un terme à leur souffrance.
Selon les psychologues, les cas admis sont souvent dans un état d'anxiété très avancée. A sa sortie, le problème psychique n'est pas pour autant résolu. Un suivi psychologique est nécessaire, pour éviter aux patients de recommencer. Malheureusement, le suivi psychologique n'est pas assuré et le patient n'est pas l'abri. Il est livré à lui-même. Certains cas sont capables de revivre ce cauchemar plus d'une fois, et ils finissent en général par réussir leur acte. Les spécialistes mettent en exergue l'importance des services sociaux qui doivent être un intermédiaire avec le milieu familier pour prendre en charge les cas urgents et leur assurer un soutien psychologique efficace, et la guérison des cas compliqués pour les aider à faire face à leurs problèmes.
Le service social, indispensable dans les hôpitaux
Pour le Dr Meziane, docteur en psychiatrie au niveau du service de psychiatrie au CHU, le suicide est un problème de société avant d'être un problème psychiatrique. L'entourage familial, les problèmes de société comme la pauvreté, le divorce, le chômage, l'instabilité sociale de l'individu, tout cela peut inciter la personne à avoir l'envie d'en finir. L'acte se développe donc selon les conditions sociales. En second lieu, le suicide peut être un problème psychiatrique que les spécialistes peuvent diagnostiquer rapidement. «Des cas généralement connus et répétés comme la dépression, la schizophrénie, les troubles de l'humeur, de la personnalité sont directement des réponses sur le comportement de l'individu», a-t-elle expliqué, ajoutant que de nos jours, les difficultés sociales sont devenues un facteur majeur chez les individus qui tentent de mettre fin à leur vie.
C'est le constat de spécialistes qui font face beaucoup plus aux cas non psychiatriques. Des jeunes dans la vingtaine qui souffrent des difficultés existentielles et qui se réfugient dans le monde de la drogue. Un fléau social qui ruine cette frange de la société, puisqu'il aggrave encore plus leur situation et facilite le passage à l'acte. «Quand il s'agit d'un état grave, il est admis aux urgences. Une fois sa vie sauve, un diagnostic sur son état est fait avant de l'orienter vers le service de psychiatrie s'il porte des signes psychiatriques, ou vers nos services pour une prise en charge systématique».
Sensibilisation et maisons de jeunes
Les cas des récidivistes sont traités par des spécialistes du fait que leurs conditions sociales restent les mêmes. Généralement après la première tentative, ils réussissent leur acte puisque l'idée suicidaire est toujours présente. Parmi les cas les plus fréquents, ceux des jeunes déprimés qui souffrent du manque d'affection. On relève aussi les femmes victimes de violence dans leur milieu familial et conjugal surtout, des cas fréquents ces derniers temps. Les campagnes de sensibilisation dans les maisons de jeunes sont très importantes. Tous les spécialistes sont pour le suivi psychologique des cas sensibles. Le plus urgent est de réserver un espace de prévention contre le suicide et de détourner l'idée suicidaire en brisant l'isolement des personnes en détresse par l'écoute.


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