Plusieurs dizaines de milliers de Britanniques risquent de se retrouver à la rue, après l'annonce de coupes drastiques dans le budget du logement social. La réforme suscite des remous jusque dans les rangs de la majorité. Le maire conservateur de la capitale, Boris Johnson, promet d'éviter que les Londoniens les plus pauvres soient chassés du centre-ville. «Boris», comme tout le monde l'appelle à Londres, s'est fait une spécialité des déclarations tonitruantes, qui font souvent sourire ses soutiens comme ses détracteurs. Mais sa dernière sortie a été très peu appréciée à Downing Street, la résidence du Premier ministre, désormais occupée par son ami de vingt ans, David Cameron, qu'il a rencontré sur les bancs d'Oxford. Depuis huit jours, le gouvernement se démène pour convaincre que son plan de rigueur est «juste et équilibré». La pilule, quoique très amère (91 milliards d'euros d'économies, 500 000 emplois publics supprimés), semble plutôt bien passer : pas de fronde sociale en vue et sondages en hausse pour la coalition conservateurs-libéraux-démocrates, au pouvoir depuis bientôt six mois. Et voilà que ce bel exercice de communication est mis à mal, qui plus est par un fidèle allié ! Boris Johnson, en dénonçant le risque d'«épuration sociale» que pourrait provoquer, à Londres, la baisse des allocations logement, a lancé l'attaque la plus dévastatrice, à ce jour, contre les projets gouvernementaux. Le gouvernement a aussitôt mis en place un pare-feu pour tenter de limiter les dégâts, en dénonçant les «propos incendiaires» et «irresponsables» du maire de Londres.