La pomme de terre d'El-Oued intéresse déjà quatre pays arabes et quatre pays européens Tout en s'obstinant à ne pas l'ouvrir à l'investissement privé, le gouvernement tente «tant mal que bien» de développer le secteur des transports. Le gouvernement semble déterminé à développer le secteur des transports. En effet, après l'annonce de l'acquisition de 27 nouveaux navires pour couvrir 30% du transport maritime et accompagner les exportateurs algériens, le ministère des Transports vient de mettre l'accent sur le développement du fret aérien en Algérie. Selon le Directeur général de l'Etablissement de gestion des services aéroportuaires (Egsa) pour la région centre, M.Mohamed Ouaâdia, une aérogare de fret, d'une capacité de traitement de 2500 tonnes, sera aménagée dans la wilaya d'El-Oued (sud-est d'Algérie) pour être opérationnelle d'ici l'automne prochain. «La décision a été prise: nous allons réaliser dans l'immédiat une aérogare fret dans la wilaya d'El-Oued pour encourager l'exportation de pomme de terre, et qui sera opérationnelle pour la prochaine récolte, c'est-à-dire en automne», a-t-il déclaré avant d'ajouter que «le bâti qui sera alloué à la nouvelle aérogare existait déjà, mais il nécessite des travaux d'aménagement qui vont durer quatre à cinq mois.» M.Ouaâdia a par la suite rappelé que sur une prévision de production de 7000 tonnes de pomme de terre pour l'hiver dernier (arrière-saison), près de 4800 tonnes de pomme de terre produites dans la wilaya d'El-Oued seront éventuellement exportées vers huit pays. Car, selon la direction locale des services agricoles (DSA), la pomme de terre d'El-Oued intéresse déjà quatre pays arabes (les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Tunisie) et quatre pays européens (la Russie, l'Italie, la France et l'Espagne). Le Directeur général de l'Egsa a, par ailleurs, indiqué que des projets de mise en place d'aérogare dans d'autres régions du pays, notamment dans des wilayas comme Biskra et Adrar, ne sont pas à écarter. L'autre chantier annoncé par Mohamed Ouaâdia porte sur l'extension prochaine de six aéroports, à savoir ceux de Béjaïa, Ghardaïa, Illizi, Djanet, Ouargla et El-Oued non sans souligner que c'est l'Etat qui assurerait les financements nécessaires à cette opération. Au sujet de la nouvelle aérogare à In Guezzam (extrême ouest-est du pays), réceptionnée en 2015, mais restée inopérationnelle à ce jour, il a expliqué sa fermeture par «la situation sécuritaire sur la région frontalière», en précisant que le ministère des Transports «attend que les choses s'améliorent pour pouvoir rentabiliser cet aéroport». Ces chantiers qui se lancent dans plusieurs segments du secteur des transports laissent penser que le gouvernement entend en finir avec le problème du transport qui constitue, à côté de la faiblesse de l'offre exportable algérienne et des entraves bureaucratiques, le troisième plus grand frein à la promotion des exportations. En effet, L'Expression a rapporté, dans une précédente édition, que plus de 97% des marchandises destinées à l'Algérie passent par les compagnies de transport étrangères et que les tarifs du transport en Algérie sont parmi les tarifs les plus élevés au monde et qu'il sont supérieurs de 40% à ceux pratiqués en Tunisie et au Maroc. En créant des aérogares de fret dans la wilaya d'El Oued, dans un premier temps, et dans plusieurs autres wilayas à fort potentiel d'exportation de fruits et légumes, notamment Biskra et Adrar, en faisant l'extension de six aéroports nationaux et, enfin, en renforçant la flotte maritime de la Cnan, le ministère des Transports va sans nul doute faire baisser les tarifs et rendre plus fluide la procédure d'exportation. Néanmoins, compte tenu de la férocité du marché international, de la grande concurrence de certains pays qui possèdent des avantages comparatifs indéniables, comme le Maroc, le Portugal, la Tunisie, l'Egypte, seule l'ouverture du transport, maritime et aérien, à l'investissement privé peut remédier à cette situation car, il ne s'agit pas de régler un problème conjoncturel, mais il est question de s'adapter sans cesse au rythme du marché.