Les plages d'Oran sont totalement sales dès que les aoûtiens dressent leurs bivouacs. C'est la haute saison dans toutes ses tournures. Le flux des estivants est de plus en plus important marquant la deuxième capitale du pays. En général,, celle-ci n'est pas totalement propre tel que cela a été promis par les pouvoirs publics bien avant le coup d'envoi de la saison estivale. Toutes les formes de saletés jonchent un peu partout les coins, recoins et groupements d'habitat de la capitale des Deux Lions, Oran la Radieuse. Dans le chef-lieu de la wilaya d'Oran, 3000 tonnes des différents déchets sont relevés chaque jour par les agents municipaux en charge de la lourde tâche du nettoiement de la ville envahie par les saletés. Il s'agit là de l'unique et seul point noir qui continue à peiner les responsables locaux endossant une telle responsabilité aux estivants manquant cruellement de civisme. La station balnéaire d'Aïn El Turck ainsi que les localités environnantes donnent une image hideuse, leurs sables fins sont envahis par toutes formes de canettes allant de la plus simple jusqu'à celles de bière et du vin ainsi que des débris de toutes sortes de bouteilles fabriquées de matières hautement dangereuses comme le verre et des boîtes métalliques destinées à la conservation des aliments et repas froids. A qui la faute? Des estivants ou encore des résidents locaux ne tardent souvent pas à trouver ce qui leur semble être une bonne réponse en imputant une telle situation aux responsables concernés les accusant de tous les maux comme la léthargie, le laxisme et la passivité. Pourtant, à l'approche de l'été, les autorités avaient annoncé avoir mené des opérations de nettoyage sur l'ensemble des plages d'Oran, de l'est à l'ouest. Une telle tâche était et est assurée par les municipalités bénéficiant d'importants budgets mobilisés dans le cadre des préparatifs pour la saison estivale. Sur le terrain, une autre réalité saute aux yeux. Force est de constater que ces opérations ont abouti à l'échec dès que les premiers estivants ont fourré leurs pieds dans les plages. Les sables de celles-ci se sont transformés en de véritables réceptacles «pollués» par toutes sortes de déchets dès l'arrivée en nombre des juillettistes, ils ont totalement été salis dès que les aoûtiens ont dressé leurs bivouacs. Fini donc le bon vieux temps où le poisson était humé de loin, notamment dans les somptueux restaurants d'Ain El Turck et de Bousfer-plage. Dans ces deux rivages ainsi que celui des Andalouses, le spectacle est non moins désolant tant que les décharges publiques rasent les murs dégageant des odeurs faisant fuir les plus insensibles. Idem au niveau du plan esthétique et design, les communes situées sur le littoral oranais ont perdu leur charme des belles années d'antan. A ces décharges sauvages s'ajoutent les routes abîmées longeant le littoral tandis que l'architecture type des habitations construites aux abords de la mer n'est pas du tout respectée et les constructions sont inachevées. A Bousfer-plage, un estivant ivre sort d'un bar-restaurant et se met tout de go à se lancer dans d'acerbes diatribes en faisant un constat des plus véhéments sur l'état actuel auquel est voué le tourisme algérien. «Toute cette situation désolante est voulue» dira-t-il expliquant qu'«on traque les touristes nationaux et étrangers en leur imposant des tarifs exorbitants pour des prestations des plus dérisoires.» Une telle conclusion est de visu perceptible à Bousfer-plage tant que ses routes ne sont pas réhabilitées alors que ses discothèques d'antan sont frappées d'interdiction d'ouverture. «Le touriste paie gros pour se prélasser et ne vient pas pour inhaler les senteurs pestilentielles se répandant un peu partout» a-t-il ajouté avant de conclure en préconisant qu'il suffit de «copier le modèle de la gestion tunisienne du tourisme de masse et en l'appliquant localement».