Accord commercial Union européenne-Maroc : Le Front Polisario saisira de nouveau la justice    Blida en bref    24 heures    Présidence tournante en Union européenne: La Roumanie veut une Europe de cohésion    Isolation thermique des bâtiments: La solution «Airium» de LafargeHolcim validée    L'opposition piégée ?    EN - En prévision de la CAN-2019: Belmadi dégrossit la liste élargie de 45 joueurs    MC Oran - Réunion demain avec Hyproc: Est-ce la fin du suspense ?    JS Kabylie 21: L'équilibre enfin retrouvé    Fin du suspense mais un emballement politique relatif    Extension du port de Skikda: Sonatrach signe un contrat avec les Chinois    Un taux de plus de 56% selon l'Intersyndicale: Suivi mitigé de la grève dans l'Education    Un phénomène inquiétant selon le conseil de l'ordre: L'exode des médecins algériens vers l'étranger s'accélère    Notre photographe Benhalima porté disparu en mer    Le rêve et la chaloupe    Guerre commerciale : Les USA veulent des contrôles réguliers du commerce chinois    Forum économique de Davos : Messahel représente le président de la République    Journal officiel : La date du 18 janvier décrétée Journée nationale de la commune    L'économie administrée est en échec    Coupe d'Algérie (8es de finale) : ESS-USMA et NAHD-MCA éclipsent tout    Le TP Mazembe se souviendra du pont suspendu de Constantine    Qualification méritée pour les «Sang et Or»    Victoire de Ouarghi de l'OFAC    Italie: Déception et colère après la sanction maintenue contre Koulibaly    Bourses : Wall Street se réjouit de la montée en flèche des actions des compagnies américaines    Transfert des eaux de Beni-Ounif vers cinq communes (Bechar) : Le projet hydraulique sera réceptionné et mis en service en avril prochain    Ouverture des travaux des Assises nationales du tourisme à Alger : Tout pour valoriser l'image de l'Algérie    Nomination des magistrats et prérogatives pour la HIISE    Renault : Une semaine décisive pour l'après-Ghosn    En attendant les 1ères Assises nationales sur l'économie circulaire : Le volume des déchets en Algérie peut créer 100 000 postes d'emploi    Madagascar : Andry Rajoelina s'engage à rattraper dans cinq ans le retard du développement du pays    Film Juba II : Faire connaitre l'Histoire profonde de l'Algérie    Cinq partis politiques et six personnalités procèdent au retrait des formulaires de candidature    Bedoui lance le débat    Raids aériens massifs de la Coalition arabe contre les Houthis    Y a-t-il un lien avec l'affaire el-Bouchi ?    Un instituteur devant la justice à Sétif    GMI livre 50 bus scolaires Au profitdes collectivités locales    «L'Algérie signifie clairement qu'elle se construit dans la démocratie»    Les chrétiens sont "très persécutés" en Algérie    Un assortiment de poèmes déclamés en ouverture de la manifestation    ACCORD MAROC-UE: Le Polisario saisira de nouveau la justice européenne    La démarche prudente de Ali Benflis    L'épopée d'un roi bâtisseur    Plusieurs réserves levées    Création prochaine d'un orchestre amazigh    Fatima Rachedi lauréate du concours national    "Nous avons d'autres hémorragies, comme la fuite des cerveaux"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Béjaïa n'a pas oublié
EVENEMENTS DU 19 MAI 1981
Publié dans L'Expression le 20 - 05 - 2018


Une vue de Yemma Gouraya
Il y a 37 ans, jour pour jour, des lycéens de Béjaïa sortaient dans la rue pour revendiquer tamazighth, la démocratie et la liberté d'expression et surtout s'opposer au détournement du projet d'université de Béjaïa qui allait se concrétiser en catimini.
Un peu plus d'un an après les événements du 20 avril 1980, Béjaïa inscrit toute seule cette fois-ci une autre date dans les annales de l'histoire des luttes démocratiques et identitaires de la région de Kabylie. «Le 19 mai 1981 est une journée qui appartient au domaine des luttes populaires pour les libertés, contre l'oppression et la négation», indiquait dans une contribution sur le site d'information locale Béjaïa-news, l'un des détenus de ces événements, en l'occurrence Mokrane Aggoune, estimant que la mise sous éclairage est salutaire à plus d'un titre, car ces événements sont aussi décisifs que ceux d'avril 80 de Tizi Ouzou».
Les mouvements d'avril 80 et de mai 81sont le socle du printemps berbère au point de lui faire dire que «notre printemps a duré une année; du 20 avril 1980 à Tizi Ouzou au 19 mai 1981 à Béjaïa». Plusieurs centaines de lycéens sont sortis ce jour-là dans la rue. Ils étaient venus de toutes les régions qui comptaient à l'époque des lycées? Les lycéens d'Akbou et Sidi Aïch se sont joints à ceux de la ville de Béjaïa pour marcher et défier le pouvoir du parti unique avec des revendications plurielles qui vont toutes dans le sens de l'intérêt collectif.
La douleur et la colère nées des événements d'avril 1980 à Tizi Ouzou étaient encore là à travers l'exigence de la «libération inconditionnelle des détenus de Berrouaghia de 1980», leurs frères, ceux qui, lors de l'interdiction de la conférence de feu Mouloud Mammeri à l'université de Tizi Ouzou ont été interpellés et emprisonnés. Il va de soi pour «la reconnaissance de l'arabe algérien et de tamazight», «la prise en compte du rapport du séminaire de Yakouren dans la définition de la politique culturelle».
Les lycéens de Béjaïa entendaient s'élever également contre le détournement du projet d'une université à Béjaïa, qui allait se traduire concrètement n'eut été cette mobilisation qui confirme la grande marche de la lutte pour la démocratie, la liberté et l'identité, entamée à Tizi Ouzou un an plus tôt.
En dépit d'un important dispositif policier, les lycéens de Béjaïa, épaulés par quelques enseignants, des travailleurs, des chômeurs, des étudiants, ont marché. «Nous avons utilisé nos draps de l'internat pour confectionner des banderoles, nous avons utilisé les moyens de l'Unja pour imprimer des tracts. Nous avons disposé de moyens plus que limités, mais d'une volonté inébranlable pour donner de l'épaisseur et de la voix au cri en vogue alors «IMA...ZI...GHEN», raconte Mokrane Aggoune.
L'intervention des forces de l'ordre donnera lieu aux barricades, puis aux émeutes qui s'étaleront la nuit-même pour toucher d'autres régions, dont, notamment la vallée de la Soummam.
A Seddouk, les jeunes occupaient la mosquée usant du mégaphone pour appeler la population à la rescousse. A Sidi Aïch la kasma FLN est réduite en ruines en quelques secondes, les mêmes scènes étaient observées à Akbou, El-Kseur, Amizour,... la suite verra des arrestations arbitraires puis des condamnations à de lourdes peines dans des procès expéditifs. 53 détenus ont été dénombrés et mis en prison; certains ne sont plus de ce monde ou ont quitté le pays, d'autres sont encore là à le construire et à continuer la lutte, celle née d'un combat sincère loin des calculs partisans ou individuels, comme il est de règle aujourd'hui au point de discréditer et de dénaturer toute idée de mobilisation.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.