Signature d'un accord de coopération dans le domaine culturel    Plus de 8,5 milliards de dinars pour la réalisation de deux stations d'épuration des eaux usées    Appel aux agriculteurs à la vigilance contre la propagation du mildiou    Entre crises régionales et stabilité fragile    L'escalade !    Une fausse guerre, un vrai terrorisme d'Etat vertical    TAC-2026 : Plus de 25 pays attendus pour la 26e édition    Farès Ghedjemis rejoint les Verts    Abdelkader Horr honoré samedi    Célébration de la Journée mondiale de l'eau    Un train percute violemment un passant    L'autorité chargée des transports publics urbains et suburbains se voit dotée de 50 nouveaux bus    « Passer de l'exportation de matières premières à une intégration industrielle »    Des journées, des réunions, des navettes, pour aboutir au 19 mars 1962    Favoriser le dialogue des cultures et des civilisations    Les 12 amendements soumis au vote    L'amendement technique de la Constitution est un « ajustement ciblé »    Dans la sérénité    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Boudj, le résistant
BOUDJEMA KARÈCHE ANCIEN DIRECTEUR DE LA CINEMATHÈQUE
Publié dans L'Expression le 07 - 02 - 2006

Bien avant le déferlement de la violence terroriste, la cinémathèque algérienne a été l'un des symboles de la résistance à l'intégrisme.
Karèche résistant? Manifestement oui. L'homme a résisté à la tentative de mise à mort du cinéma en Algérie. «Les politiques n'aiment pas le cinéma, parce qu'il apprend aux jeunes la vraie liberté». L'invité de L'Expression qui, du haut de ces 64 ans, affiche une mine très en forme et surtout une liberté de ton qui confirme largement ces propos sur le rôle libérateur du 7e art.
Boudjema qui, sur trois décennies, visionnait des films comme on prend son petit-déjeuner, sait vite de quoi il parle. Et c'est cette attitude de «véritable homme libre» qui l'a poussé à ne pas courber l'échine, à ne pas prendre son statut de fonctionnaire de l'Etat, au pied de la lettre, Boudj, en réalité, n'était «fonctionnaire» que parce que ce mot était écrit sur sa carte professionnelle et, aussi, parce qu'il percevait un salaire. Et pour cause, rien dans son discours et encore moins dans son parcours, n'indique que l'homme s'est satisfait de la mission qu'on lui a confiée. Non.
Boudj a été de tous les combats pour l'émergence d'un véritable cinéma national. Nageant à contre-courant de la pensée dominante, il a su imposer l'institution qu'il dirige. Il en a fait le centre d'intérêt des cinéastes du monde entier. En un mot, il a résisté. C'est, disons-le, dans l'ordre des choses, si cet homme libre a résisté à l'hydre intégriste qui s'est abattue sur le pays vers la fin des années 80. Là aussi, Boudj a ramé à contre-courant.
Il a défié l'ex-FIS. Lorsqu'on évoque avec lui cette période noire de l'histoire du pays, Karèche ne donne pas l'impression de demander une «médaille de résistant». Non, c'est très naturellement qu'il répond qu'à l'époque, malgré les bombes et les menaces de liquidations physiques, il poursuivait sa mission.
Mais bien avant le déferlement de violence, c'est la cinémathèque algérienne qui a été l'un des symboles de la résistance à l'intégrisme. Notre invité raconte l'épisode de la salle de répertoire de Bordj Bou Arréridj, lorsque fermée par le maire d'obédience islamiste, il a embarqué plusieurs artistes pour aller défendre le 7e art, là où on le malmenait. Il a pris cette initiative, comme on prendrait un taxi pour rendre visite à une jeune fille malmenée par son beau-père. Et là, dans les locaux de l'APC de BBA, il découvre toute la laideur du discours islamiste. Plus de 15 ans après, il en parle comme si c'était un cauchemar. «J'ai compris qu'avec ces gens-là, il n'y avait rien à faire, c'étaient des fous.» Il a bel et bien senti, voire toucher le danger qui guettait le pays. Il savait, au même titre que tous les artistes qui l'accompagnaient dans cette mission de «sauvetage» d'une salle de répertoire de la cinémathèque algérienne, que sa vie ne tenait qu'à une fatwa.
Pourtant de 90 à 99, il est resté à Alger, visionnant quotidiennement un film à 10 heures du matin, fréquentant les alentours de la salle de cinéma du boulevard Larbi Ben M'hidi, bravant donc le danger au quotidien. De cela, Boudj en parle comme un «fonctionnaire». «Ma grande peur était de passer devant une voiture piégée en allant au travail». Cela, tous les Algériens le disaient. Boudj est d'abord algérien.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.