Le Conseil de sécurité de l'ONU tenait une réunion, hier, par visioconférence pour examiner les récents développements sur la scène libyenne et notamment la nomination très attendue d'un nouvel émissaire en remplacement de Ghassan Salamé démissionnaire. Le secrétaire général Antonio Guterres a, en effet, soumis une proposition en ce sens et il semble que le consensus soit acquis en faveur du bulgare Nicholay Mladenov. Se reférant à des sources diplomatiques, l'agence Reuters croit savoir que Guterres a proposé plusieurs candidats au poste de nouvel émissaire pour la Libye ainsi que pour le Moyen-Orient et elle affirme que le choix devrait intervenir dans la soirée, auquel cas l'annonce officielle interviendrait aussitôt, après de nombreux mois d'attente et de consultations sans résultat. On se souvient que l'Union africaine avait tenté d'imposer son propre candidat, Ramtane Lamamra, avant de se résigner à accepter celle de Nicholay Mladenov, les Etats-Unis ayant rejeté la proposition africaine à la demande de leurs «alliés» émiratis, entre autres. L'Afrique du Sud qui préside l'instance pour le mois de décembre avait fait état du blocage des candidatures africaines en la personne de Ramtane Lamamra et de la Ghanéenne Hanna Serwaa Tetteh par certains membres du Conseil de sécurité. C'est donc l'ancien émissaire pour le Moyen-Orient, Nicholay Mladenov qui semble parti pour atterrir en Libye où il aura la tâche particulièrement facilitée par l'immense travail que la cheffe par intérim de la Minurso, l'américaine Stephanie Williams, a effectué depuis plusieurs mois, faisant évoluer de façon remarquable le processus du dialogue politique pour parvenir à une sortie de crise définitive. Et c'est Mladenov qui va succéder à Ghassan Salamé. S'agissant du conflit israélo-palestinien, Antonio Guterres a proposé l'ancien diplomate norvégien Thor Wennesland en remplacement de Nicholay Mladenov qui occupait cette fonction depuis 2015. En, principe, il ne devrait y avoir aucune objection de la part des cinq membres permanents et des dix autres non permanents du Conseil de sécurité, des discussions préliminaires ayant jeté les bases d'un accord consensuel autour de ces deux propositions de Guterres. Il convient de souligner que les Etats-Unis ont proposé de séparer les missions en deux, un émissaire se voyant confier la médiation diplomatique et un autre étant chargé de la Minurso. Finalement, il n'en sera rien et le successeur de Ghassan Salamé, démissionnaire en mars 2019, officiellement pour raison de santé, aura bien une double casquette. Il était temps car l'ONU a éprouvé de sérieuses difficultés pour aboutir à un choix acceptable pour toutes les parties. Toujours dans le cadre de cette réunion, la représentante spéciale par intérim et chef de la Manul, Stephanie Williams, a exposé aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU les progrès enregistrés au plan du suivi de la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu en Libye, sous les auspices de l'ONU. Reste la désignation d'un nouvel émissaire au Sahara occidental, après la démission en mai 2019 de l'ancien président allemand Horst Kohler, outré par le comportement du Maroc. Un poste dont l'urgence et l'importance sont devenus cruciaux, depuis l'agression du Maroc contre les civils sahraouis à El Guerguerat et ses atteintes flagrantes à l'accord de cessez-le-feu conclu en 1991, l'Union africaine et un grand nombre de pays membres de l'ONU appelant au respect du droit international et à la mise en oeuvre des résolutions de l'ONU sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination toujours attendu par le peuple sahraoui.