Emboîtant le pas à l'ancien président Moncef Marzouki, l'éphémère MAE tunisien dans le gouvernement Ghannouchi de 2011, Ahmed Ounaïes, a attaqué l'Algérie sur une radio privée locale IFM, au motif que la normalisation entre le Maroc et l'Etat sioniste est due à l'intransigeance algérienne sur le dossier du Sahara occidental. De là à pointer du doigt la «responsabilité» de notre pays dans le gel qui affecte l'UMA, il n'y avait qu'un pas, vite franchi par les deux porte-voix du Makhzen dont on se doute qu'ils n'expriment nullement le point de vue de la majorité des Tunisiens! Et pour cause, à l'instar du président Kaïs Saïed, le peuple tunisien frère est fermement attaché à la défense de la cause palestinienne et il ne peut, de ce fait, croire que les retrouvailles maroco-israéliennes visent à assurer les droits des Palestiniens à leur Etat et à leur survie face aux exactions d'une armée d'occupation brutale, comme le prétend, sans rougir, le monarque marocain, conseillé, sans doute, par ses pairs du Golfe. Le fait est que ces deux attaques, aussi vaines qu'irresponsables, aient été largement relayées par les médias marocains indique bien que leur sortie n'est pas sans calcul et sans commanditaire. En outre, ils ont tous deux pris prétexte des tensions engendrées par l'échange d'une reconnaissance américaine de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental contre la normalisation entre celui-ci et l'Etat hébreu pour s'attaquer à la position de l'Algérie qui appelle au respect de la légalité internationale et donc du droit du peuple sahraoui à son autodétermination. «L'Algérie a joué avec le feu et a amené le Maroc à accélérer le processus de normalisation des relations avec Israël ainsi que la scission de la région du Maghreb», a déclaré Ahmed Ounaïes, relayant le même argumentaire de Moncef Marzouki, quelques jours à peine après la sortie pathétique de ce dernier. Pour faire bonne mesure, Ounaïes a cru surenchérir en ajoutant que l'Algérie s'était «retournée contre le Maroc et la Tunisie après la fin de la période coloniale» et «avait annexé des terres de ses voisins». En novembre, Moncef Marzouki, déclarait quant à lui que «le régime algérien a commis un crime envers son peuple, envers l'Union du Maghreb arabe et envers le peuple sahraoui». Et, ce faisant, l'un comme l'autre, pensent avoir dédouané le royaume marocain de sa trahison politique, sans cesse répétée, à la fois envers le peuple sahraoui, le peuple palestinien et les peuples de l'UMA, également. Car Marzouki comme Ounaïes ne représentent strictement rien par rapport au peuple tunisien qui, tout entier, n'est pas dupe de leur prestation commandée et considère l'Algérie comme «une grande soeur protectrice». De même, le peuple algérien situe la qualité des relations et l'importance de la sauvegarde de la sécurité et de la stabilité du peuple frère tunisien au fronton de son action diplomatique régionale et internationale. C'est dire combien les pitreries des saltimbanques de sa majesté ne peuvent, en aucun cas, altérer les liens entre les deux pays. D'ailleurs, le ministre tunisien des affaires étrangères, Othman Jerandi, a aussitôt assuré à l'ambassadeur d'Algérie à Tunis, Azouz Baalal, que son pays entretient d'«excellentes relations» avec l'Algérie et que celles-ci ne peuvent être altérées par «des positions non officielles qui n'engagent en rien la Tunisie». Plus, il a souligné la fierté [de son pays] d'entretenir des relations fraternelles avec l'Algérie». Il faut savoir, cependant, que ce n'est pas la première fois que Marzouki et Ounaïes s'en prennent à l'Algérie, dans l'espoir de défrayer la chronique locale et internationale. Hommes du passé, l'un comme l'autre ont bien du mal à comprendre que la roue de l'Histoire les a définitivement broyés. Mais ces adeptes de la courbette ne peuvent se dérober aux appels des sirènes autocrates.