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Le remède miracle
Le dialogue comme carte maîtresse du gouvernement face à la grogne sociale
Publié dans L'Expression le 20 - 09 - 2021

Les effets directs de la hausse des prix des matières premières et des intrants agricoles à l'échelle mondiale mettent les nerfs des Algériens à rude épreuve. Couplés à la dévaluation du dinar, que les experts estiment nécessaire pour limiter les pertes en réserves de change, la situation socio-économique révèle une fragilité du pouvoir d'achat des foyers plutôt préoccupante pour les pouvoirs publics. En effet, même si l'inflation que vit le pays trouve son origine, en partie en tout cas, dans le contexte économique international post-Covid-19, il n'en reste pas moins que l'Etat, à travers ses ministères du Commerce et de l'Agriculture, est interpellé pour limiter les conséquences que subissent les familles algériennes, dont les budgets sont de plus en plus serrés. L'ouverture par les Coopératives des céréales et des légumes secs (Ccls) de points de vente dans quelque 44 wilayas du pays est un début de réponse à l'inflation. Mais cet effort, forcément limité dans le temps, ne peut constituer la panacée. Un cran plus haut, le constat d'échec est établi, notamment sur l'autorisation faite aux agriculteurs d'écouler directement leurs productions sur les marchés de détail. La courbe des prix des fruits et légumes n'a pas fléchi. Cependant, la bataille contre la cherté des produits agricoles n'est pas définitivement perdue, en ce sens que le ministère de l'Agriculture explore un autre niveau d'intervention, en négociant avec les producteurs des soutiens à l'achat des intrants agricoles. Mais cette action peut garantir des coûts moindres à la production pour la prochaine saison,cependant,elle ne règle pas pour autant la question des prix dans l'immédiat. Cela pour ce qui concerne le secteur de l'agroalimentaire, qui n'est pas à l'abri d'une autre flambée des prix sur le marché mondial. C'est dire que le gouvernement n'est pas au bout de ses peines. Le phénomène concerne d'autres secteurs et, tous les produits contenant des intrants importés seront certainement impactés. Comme partout ailleurs dans le monde, le consommateur algérien sera touché de plein fouet par la vague inflationniste. Cela est un fait. Il reste le fait que le ressenti dans chaque société est différent, selon le pouvoir d'achat de la population. Le souci n'est pas spécifiquement algérien et chaque pays imagine des solutions. Des hausses générales des salaires pour certains, un élargissement des populations admises au filet social pour d'autres... Bref, les Etats interviennent pour permettre à leurs sociétés respectives, de passer ce cap difficile.
En Algérie, la ligne rouge en matière de seuil de pauvreté peut être vite atteinte, si les pouvoirs publics ne s'engagent pas pour éviter un déclassement social, synonyme d'une crise aux conséquences terribles. Les observateurs de la scène nationale font un constat plutôt difficile, même s'ils accordent à l'Etat une réelle bonne volonté de réduire l'amplitude de l'inflation. C'est dire que les jours et semaines à venir ne seront pas de tout repos pour une administration centrale appelée à jouer les équilibristes entre des dépenses d'investissements publics plus qu'urgentes et des frais sociaux à démultiplier pour rendre les produits de première nécessité à la portée de la classe moyenne. Un véritable dilemme.
La solution est-elle dans la hausse généralisée des salaires, comme le revendiquent les syndicats, dans une politique de ciblage des subventions, comme le préconisent les experts ou tout simplement dans l'engagement d'un réel dialogue social entre l'Exécutif et l'ensemble des corps intermédiaires? Ainsi présentée, l'interrogation peut prêter à sourire au vu de l'état de mobilisation sociale et politique de la société. Mais n'oublions pas que c'est cette même société qui s'est spontanément mobilisée lors de la crise de l'oxygène et les incendies de Kabylie. L'énergie existe, le sens de l'entraide aussi. Il suffit de convaincre les Algériens de la noblesse de pareille mission, de leur présenter un plan d'action social clair et réalisable. L'ambition est inédite, mais il suffirait au gouvernement et aux corps intermédiaires de trouver un terrain d'entente pour imaginer un sursaut national, à même d'associer les bonnes volontés, avec la seule promesse de passer le cap difficile qui s'annonce.


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