Il y a 63 ans, tombait au champ d'honneur le révolutionnaire Abderrahmane Mira. Hier, ses camarades de combat, les autorités locales et de la wilaya ont tenu à lui rendre hommage, à travers un colloque de deux jours. Outre les conférences animées tout au long de ces deux journées, autour de son parcours dans la ville de Tazmalt, l'heure sera aujourd'hui au recueillement sur le lieu même de sa mort. Une gerbe de fleurs y sera déposée. Connu sous le nom de commandant Mira ou encore de «Tigre de la Soummam», Abderrahmane Mira est tombé au champ d'honneur près du col de Chellata, au nord d'Akbou, le 6 novembre 1959. Né en 1922 à Beni Melikèche, il adhère au Mtld (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) avant de prendre part à la lutte armée. Très rapidement, il se distinguera par des opérations militaires dont le sabotage de la ligne téléphonique Tazmalt-M'chedallah (ex-Maillot), le 2 novembre 1954, l'attaque d'une voiture transportant habituellement deux gendarmes sur la R.N. Beni Melikèche-Tazmalt dans la même semaine et l'embuscade contre un convoi militaire à son douar natal. Il jouera un rôle important lors des préparatifs du congrès de la Soummam. Après celui-ci, il est nommé commandant-adjoint au colonel Mohammedi Saïd, chef de la Wilaya III. En 1957, après quelques mois d'endurance, il se replie à la Wilaya VI avec quelques-uns de ses hommes qui ont survécu aux affrontements. Si El Haouès lui succède. En septembre de la même année, à l'appel de Krim Belkacem, Mira part en Tunisie où il assure la fonction d'inspecteur militaire aux frontières. En février 1959, avec une poignée d'hommes, il contourne la ligne Morrice par le sud tunisien pour revenir dans la wilaya III et y assurer, après sa désignation, par l'état-major de l'Est (Ghardimaou), l'intérim du colonel Amirouche. Le 28 mars 1959, après la mort héroïque du colonel Amirouche au djebel Thamer, Mira, lui succède définitivement après une période d'intérim d'un mois, assurée conjointement avec le colonel Akli Mokrane dit Mohand Oulhadj, le remplaçant désigné par Amirouche avant son départ pour Tunis. Après sept mois à la tête de la wilaya III, le 6 novembre 1959, le colonel Abderrahmane Mira tombe au champ d'honneur dans une embuscade, alors qu'il est en partance pour le conseil de la Wilaya III. Le 1er novembre 1984, l'Algérie indépendante a décoré Abderrahmane Mira, à titre posthume, de la plus haute distinction de la nation: la médaille du Martyr. Le 10 novembre 1986, le ministère des Moudjahidine rectifie son grade de commandant en celui de colonel, car tout commandant de wilaya porte le grade de colonel, suite aux décisions du congrès de la Soummam en 1956. En 2002, il lui est attribué la médaille Athir. Aujourd'hui, son corps demeure introuvable. Une stèle du chahid avait été érigée au centre-ville de Tazmalt et inaugurée en novembre 1991, par le Premier ministre, d'alors, Sid Ahmed Ghozali, lors de la commémoration du 32e anniversaire de sa mort.