L'année scolaire achève un deuxième trimestre sur fond de résultats mitigés, notamment pour les classes d'examen, dans le palier secondaire. En effet, le taux d'absentéisme a atteint des records jamais égalés, selon des échos qui nous sont parvenus de parents d'élèves. En grande majorité, les classes de terminale sont boudées par les élèves en phase d'examen du baccalauréat. D'abord, l'absentéisme des enseignants dans certaines filières, plus ou moins importantes, qui sera suivi de celui des élèves. Au bout du compte, le deuxième trimestre aura été fatal pour ces élèves «inconscients» des répercussions d'un tel abandon des classes d'études, à quelque temps des dates fatidiques des grands examens. Autres temps, autres moeurs. Pour la plupart des administrations et enseignants des lycées concernés, l'affaire ne mérite pas une aussi grande inquiétude. On se contente de reporter le nombre d'heures d'absence sur les bulletins, sans plus. Il fût un temps où un simple retard méritait la convocation du père ou du tuteur légal de l'élève fautif. Au bout de trois retards non justifiés, l'élève est exclu du cycle scolaire et de l'examen, jusqu'à l'intervention des parents. Aujourd'hui, une telle situation de laisser-aller semble faire le bonheur des uns et des autres, au vu et au su de tous. Une situation qui arrange les enseignants, mais aussi les directeurs de lycée qui n'auront pas à subir, entre autres, les écarts et les débordements de conduite des élèves de terminale. Pour certains enseignants, la situation est on ne peut plus bénéfique, puisqu'ils n'auront pas à supporter la surcharge des classes et tous les tracas qui vont avec. Certains enseignants ravis à l'extrême, sont même parvenus à trouver des astuces pour ne plus assurer les cours nécessaires à ces jeunes terminalistes. Face à ce postulat devenu, de plus en plus, persistant ces dernières années, en ce sens que «les cours et les évaluations ne seront pas comptabilisés lors des examens du bac», les enseignants et l'administration ne proposent rien. Pour leur part, les syndicats des enseignants généralement très bruyants sur d'autres questions, n'ont jamais abordé cette problématique, pourtant, sensible et d'importance cruciale pour l'avenir de l'école algérienne. Sans compter la qualité de l'enseignement et le niveau d'apprentissage des élèves censés disposer d'une formation idéale et normalisée. Comme chaque affaire de ce genre est le prélude à des systèmes hors circuits, on apprend que de plus en plus d'enseignants, ceux-là même censés dispenser les cours aux lycées, proposent des cours de soutien dans différents lieux. Les parents, eux aussi, mis devant le fait accompli, prodiguent les cours de soutien à leurs enfants, à travers différentes options. Des cours qui ne pourront jamais égaler ou remplacer les cours réglementaires dispensés dans l'enceinte des établissements scolaire, qu'ils soient publics ou privés. De plus, ce ne sont pas tous les parents d'élèves qui pourront payer des frais supplémentaires pour les études de leurs enfants, en phase d'examens nationaux. De telles situations contrastent avec les déclarations et le satisfecit du ministre de l'Education nationale, qui a fait état de résultats probants au niveau des différents paliers scolaires. Il y va de la responsabilité du ministre de l'Education nationale de rétablir cette situation et de proposer une stratégie imparable pour pallier cette défaillance dangereuse.