Le prix du pétrole algérien a connu une hausse remarquable. Le Sahara Blend, référence du pétrole algérien, valait 95,11 dollars, il y a quarante-huit-heures, selon la dernière cotation du site spécialisé Oil Price. Soit 1,45 dollar de plus que la veille de cette publication. Ce qui le place parmi les pétroles les plus chers au monde. Un niveau qui ressuscite l'espoir de le voir franchir la barre des 100 dollars avant la fin de l'année. Ce qui n'a pas été le cas des deux autres références mondiales, européenne et américaine, du marché de l'or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord coté à Londres, pour livraison en décembre, a cédé 22 cents pour terminer à 92,16 dollars la semaine qui s'est achevée le 20 octobre. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour échéance en novembre a, pour sa part, reculé de 29 cents à 88,08 dollars. Les cours du Brent et du WTI se sont légèrement repliés, vendredi, sur un marché crispé par la montée de l'incertitude, que ce soit au Moyen-Orient, avec la possible invasion de Ghaza, ou aux Etats-Unis, où une crise politique se dessine au Congrès, explique-t-on. Ils avaient pourtant longtemps évolué dans le vert, avant de fléchir en fin de séance. Ce qui avait fait place à des analyses optimistes quant à une nouvelle poussée des prix. «Les marchés continuent de prendre en compte la guerre et les primes géopolitiques, alors que les tambours de la guerre se poursuivent sans relâche, malgré les efforts déployés par les dirigeants mondiaux pour contenir ce conflit», a déclaré Han Tan, analyste chez Exinity. L'entité sioniste annonçant une offensive terrestre sur Ghaza. «Vous voyez maintenant Ghaza de loin, bientôt vous verrez Ghaza de l'intérieur», a déclaré jeudi son ministre de la Défense Yoav Gallant lors d'une inspection des troupes, selon une vidéo postée sur le réseau social X. «C'est l'indication la plus forte à ce jour qu'une invasion terrestre est imminente», affirme Tamas Varga, analyste chez PVM Energy. «Les spéculateurs sont conscients du risque inhérent à la poudrière du Moyen-Orient pour l'approvisionnement mondial en pétrole», assurait de son côté Stephen Innes, analyste chez SPI AM. «Bien qu'Israël ne soit pas un exportateur de pétrole, les acheteurs physiques doivent se couvrir contre le risque d'éventuelles perturbations, qu'il s'agisse de voies de navigations devenues dangereuses pour le transport de brut, ou encore contre le risque, quoique improbable d'une attaque terroriste contre l'Arabie saoudite», ajoutait-il. Un optimisme qui a fini par être douché. Comment l'explique les analystes? «Les opérateurs craignent qu'un évènement survenu durant le week-end ne bouscule les prix», a indiqué, dans une note, Craig Erlam, d'Oanda. L'entité sioniste n'a pas renoncé à une offensive terrestre sur la Bande de Ghaza, après avoir subi, début octobre, l'attaque la plus meurtrière de son histoire. Dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban, l'armée israélienne est aussi déployée en masse, dans l'éventualité de l'ouverture d'un second front, avec le mouvement pro-iranien Hezbollah. Le marché se préoccupe aussi de la situation au Congrès américain. La majorité républicaine y est privée de chef de file depuis le débarquement de Kevin McCarthy, il y a plus de deux semaines, a fait remarquer Mark Waggoner, d'Excel Futures. Il faut savoir que faute de président, la Chambre des représentants est paralysée, alors que se profile, dans moins d'un mois, la date limite pour trouver un accord sur le budget. Sans compromis au 17 novembre, le gouvernement américain serait contraint de suspendre une partie de ses activités, un débrayage appelé «shutdown». Ce qui en principe ne doit pas affecter les prix du pétrole qui restent à la merci d'un embrasement au Moyen-Orient. L'entité sioniste se prépare à une offensive terrestre contre la bande de Ghaza qui serait dévastatrice. Téhéran a mis en garde. La réplique mettrait le feu aux cours de l'or noir. La fermeture du détroit d'Ormuz, notamment amputerait le marché de 17 millions de barils de pétrole par jour. Un détonateur pour faire «flamber» les prix. Autant d'«ingrédients» qui ouvrent le chemin vers un baril à 100 dollars.